Quotidien des Usines

Deux candidats à la reprise de Manuest

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Initialement fixée au 30 septembre, la date d’ouverture du plan de sauvegarde de l’emploi, annoncé il y a quatre mois portant sur la suppression de 248 des 382 emplois de la société Manuest à Châtenois (Vosges), a été, au terme d’un conflit qui aura duré une semaine, reportée à fin novembre. D’ici à cette date, la direction du fonds d’investissement Arcapita, actionnaire majoritaire, s’est engagée à étudier les offres de reprise du site, spécialisé dans la fabrication de cuisines montées, vendues sous la marque Vogica au travers un réseau de 48 magasins, et en kit, distribuées dans les grandes surfaces spécialisées, principalement à l’enseigne Castorama.


« Nous abandonnons la fabrication de cuisines montées - vendues sous la marque Vogica au travers notre réseau de 48 magasins - que nous avons identifiée comme étant la principale source de nos difficultés, en raison notamment d'un manque de compétitivité. A cela s'ajoute les effets de la crise immobilière et à la récession des prêts à la consommation. Nous sommes en contact avec divers fabricants européens auprès desquels nous comptons « out-sourcer » ces productions », expliquait Patrick Puy, directeur général, qui soulignait qu'en revanche la fabrication d'éléments de cuisines en kit, segment en progression, sera maintenue sur le site. Ces cuisines à monter soi-même sont distribuées dans les grandes surfaces spécialisées, notamment dans les enseignes du groupe Kingfisher.


« Nous sommes confrontés à un effet ciseau, qui conduit à des difficultés de trésorerie. Ainsi, la crise de l'immobilier auquel le marché de la cuisine est très lié, génère, depuis l'automne dernier, une baisse des ventes de plus de 15 %, avec des pics à 40 %. Alors que notre compétitivité est insuffisante, nous sommes par ailleurs concurrencés par les produits d'importation », poursuivait Patrick Puy. Manuest a enregistré en 2008 un chiffre d'affaires de 83,8 millions d'euros et des pertes de plus de 6,9 millions d'euros s'ajoutant aux 3,45 millions d'euros constatés en 2007. « Seul un accord entre l'actionnaire, les banques et l'Etat a permis, début mai, d'éviter le dépôt de bilan », insistait le directeur général.

Inquiets, à l’annonce du plan de restructuration, les salariés avaient mandaté le cabinet Secafi-Alpha, afin qu'il réalise un audit leur permettant de présenter des contre-propositions. « Nous avions initialement prévu de démontrer que le site est viable avec 300 salariés, et prévu de créer une coopérative ouvrière », rappelle Manuel Macedo, délégué FO et porte-parole de l’intersyndicale.

Le contre projet des salariés a séduit deux candidats à la reprise qui souhaitent présenter leurs offre, garantissant le maintien de 300 emplois, à l’actionnaire qui devrait y donner suite d’ici à deux à trois semaines. Le premier dossier émane d’un industriel italien, Mauro Bisci, qui dirige par ailleurs la société Formopan à Blancy (Saône-et-Loire), spécialisée dans la fabrication de plans de travail pour cuisines. «Cette entreprise est un des partenaires de Castorama qu’elle approvisionne en plans de travail. Elle nous connaît donc bien », souligne le représentant syndical.

Le groupe familial haut-saônois Parisot, fabricant de meubles, est à l’origine du deuxième plan, et par ailleurs, au travers d’une de ses filiales, il pourrait présenter un troisième projet qui conforterait Arcapita dans sa volonté d’out-sourcer la production de cuisines montées.

Manuest est contrôlée à 30 % par Castorama Partenariat, les 70 % restants étant détenus par VGC SAS. Cette dernière entrant dans les investissements contrôlés par le fonds Arcapita, filiale d'Arcapita Bank basée à Bahreïn.

VGC emploie au total 1 300 salariés et a enregistré en 2008 un chiffre d'affaires de 170 millions d'euros, mais un résultat négatif de plus de 10 millions d'euros.
Créé en 1959, Vogica avait déposé son bilan en 1991. Elle avait été placée en redressement judiciaire avant d'être reprise deux ans plus tard par Patrick Lasry, accompagné par les fonds Chequers Capital et Forde Holding. Vogica avait repris aussi la société Manuest, une ancienne coopérative ouvrière de production, créée en 1970 et en liquidation. En 2004, à l'occasion de la sortie de Chequers Capital, le fonds d'investissement Arcapita, filiale d'Arcapita Bank basée à Bahreïn, a pris 85 % du capital de VGC. Le groupe Castorama, partenaire des nouveaux repreneurs, s'était associé à cette deuxième opération, intéressé par la distribution au sein de son réseau de cuisines en kit, qui représentent actuellement 45 % de l'activité du cuisiniste.

De notre correspondant en Lorraine, Pascal Ambrosi

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