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Deux associations tancent à nouveau Total pour ses projets pétroliers en Ouganda et en Tanzanie

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Publié le , mis à jour le 21/10/2020 À 06H57

Les Amis de la Terre et Survie ont publié un rapport critique le 20 octobre sur les projets pétroliers de Total en Ouganda et en Tanzanie. Les deux associations estiment que les activités du groupe provoquent de nombreuses violations des droits des communautés locales. Des faits démentis par Total.

Deux associations tancent à nouveau Total pour ses projets pétroliers en Ouganda et en Tanzanie
Total utilise des drones pour ses travaux de cartographie en Ouganda.
© Total Ouganda

Les associations françaises Amis de la Terre France et Survie ont publié un nouveau rapport mardi 20 octobre sur les deux projets pétroliers menés par Total en Ouganda et en Tanzanie (Afrique de l'Est). Selon les organisations, ces chantiers entraîneraient des violations des droits de plus de 100 000 personnes.

Total détient une participation dans le gisement du lac Albert en Ouganda qui doit produire environ 230 000 barils de pétrole par jour en pleine capacité. Le groupe français participe également au projet d'oléoduc est-africain Eacop de 1 443 kilomètres de long et qui doit permettre de transporter le pétrole brut vers la Tanzanie.

Une audience prévue le 28 octobre

Les Amis de la Terre et Survie avaient porté l'affaire devant la justice en 2019 mais le tribunal de grande instance de Nanterre s'était déclaré incompétent pour la juger en janvier 2020. Une audience en appel est prévue le 28 octobre.

"La problématique d'accaparement des terres est au centre des violations subies par les communautés affectées", décrivent les deux associations. Selon elles, ces violations portent à la fois sur le droit de propriété mais également sur les droits à un niveau de vie suffisant, à l'alimentation, à l'éducation, à la santé, à un logement décent, à la vie et à la sûreté, à la liberté d'expression et à un consentement libre, préalable et informé. Le rapport repose notamment sur une enquête de terrain réalisée en juin et septembre "dans différents districts impactés en Ouganda".

Dans le cadre de leur action en justice, aux côtés de quatre associations ougandaises, Les Amis de la Terre et Survie tentent de faire appliquer la loi française sur le devoir de vigilance. Celle-ci oblige légalement les maisons-mères des multinationales établies en France à prévenir les violations des droits humains et les dommages environnementaux liés à leurs activités dans le monde entier.

"La situation s'est aggravée en Ouganda"

"Un an tout juste après [l'assignation] en justice, et malgré nos alertes appelant à prendre des mesures urgentes pour faire cesser les violations et éviter qu'elles ne se reproduisent à plus grande échelle, la situation s'est aggravée en Ouganda", peut-on lire dans le rapport. "Il y a plus que jamais urgence à agir. Ce sont maintenant plusieurs dizaines de milliers de personnes qui sont impactées et qui ont commencé à perdre leurs moyens de subsistance avant même de percevoir la moindre compensation", ajoutent les deux associations.

Les deux associations évoquent des "déplacements massifs de population" liés à ces deux projets. Elles reprochent notamment au groupe pétrolier d'imposer des restrictions aux communautés "dans l'usage de leurs terres agricoles, dont elles dépendent pour survivre, et ce bien avant d'avoir reçu leurs compensations".

Total récuse les accusations

Dans un communiqué publié mardi 20 octobre au soir, Total déclare que le projet Tilenga en Ouganda a été conçu "avec le souci primordial de minimiser et d’atténuer les impacts sur les communautés locales". "Aucune personne n’a eu à quitter sa terre avant de recevoir une compensation appropriée pour les terres comme pour les cultures", ajoute le groupe. Il précise discuter avec les autorités ougandaises d’un "système de paiement intérimaire pour prendre en compte le temps écoulé entre les évaluations et le versement effectif des indemnisations avant le transfert de possession des terrains concernés".

Total "récuse à nouveau les accusations d’atteintes aux droits humains et réaffirme qu’il ne tolère ni ne contribue à aucune agression, menace physique ou juridique, contre ceux qui exercent leur droit à la liberté d’expression, à manifester et se réunir pacifiquement, y compris lorsqu’ils agissent en tant que défenseurs des droits humains".

Avec Reuters (Benjamin Mallet, édité par Henri-Pierre André)

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