Deux ans de retard pour l’EPR de Flamanville

Alors qu’EDF et Areva se déchirent sur leurs contrats en amont et en aval du combustible nucléaire, le chantier du réacteur EPR à Flamanville a au moins deux ans de retard par rapport à la date de mise en service prévue en 2012.

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Décembre 2008. EDF ne cesse de répéter que la mise en service de l'EPR de Flamanville doit intervenir en 2012. Novembre 2009, l’électricien admet que le chantier déborde quelque peu son calendrier, en distinguant pour la première fois la date de mise en service du site (2012) et celle de la commercialisation de l’électricité (2013). Finalement, ce sera plutôt 2014, indique mardi Le Figaro. L'affaire est corsée pour EDF. L'énergéticien n'a plus guère l'habitude de gérer de tels chantiers. Et ici, tout est neuf : il s'agit de la tête de série d'une nouvelle génération. Le chantier souffre à la fois de la difficulté à fixer un véritable échéancier pour un prototype, du manque d'expérience des ingénieurs, dont les bâtisseurs de centrales sont partis à la retraite, et des demandes accrues de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Reste que le retard de deux ans n’est pas le scénario le plus pessimiste. Il porterait le délai de construction de l’EPR de 54 mois à 78 mois. Or la moyenne des délais de construction du parc EDF est de 80 mois environ, remarque le blog spécialisé dans l’énergie « 4 e dans le même panier ». Et encore, la moyenne de construction les tranches de type N4 (les plus récentes d'EDF qui correspondent aux centrales de Chooz et Civaux) fut de 153 mois.

Pour sa part, Areva, plus avancé sur son chantier en Finlande, entrevoit de manière encore plus lucide les retard et surcoûts qui l’attendent. 5,3 milliards d’euros contre un prix initial de 3 milliards lors du lancement du projet en 2005, et une mise en service à l’horizon 2012 contre 2009 prévu initialement. Là aussi, la filière ne sort pas grandie de la guerre fratricide entre Areva et EDF. «Areva ne communique aucun retour d'expérience de son chantier finlandais à celui d'EDF à Flamanville» déplorait ainsi en décembre 2008 Yannick Rousselet de Greenpeace interrogé par l’Usine Nouvelle.com, «alors qu'on voit bien qu'il ont les mêmes problèmes».

L'échec de l’EPR face à l’APR1400 du coréen Kepco, en ratant l'appel d'offre de 20,4 milliards de dollars pour la construction de quatre centrales nucléaires aux Emirats arabes unis, a ravivé les tensions entre Areva et EDF. Les deux groupes se déchirent sur le renouvellement de leurs contrats arrivés à échéance, concernant le retraitement des combustibles usés à La Hague, ou l’enrichissement du combustible en amont au Tricastin. Leurs patrons sont convoqués à Matignon cet après-midi pour recadrage.


Lire aussi :
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