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L'Usine Auto

Qui a précipité le départ du directeur général de Nissan ?

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Publié le , mis à jour le 13/09/2019 À 06H53

Peu de temps après avoir révélé être bénéficiaire d'une rétribution indue, le directeur général de Nissan a été poussé à la démission le 9 septembre. Selon Reuters, deux administratrices indépendantes ont influencé cette décision.

Qui a précipité le départ du directeur général de Nissan ?
Hiroto Saikawa doit démissionner de son poste de directeur général de Nissan le 16 septembre. /Photo d'archives/REUTERS/Phil Noble
© PHIL NOBLE

Hiroto Saikawa doit démissionner de son poste de directeur général de Nissan le 16 septembre. Son sort a été scellé par les interventions de deux administratrices indépendantes qui ont convaincu le conseil de s'épargner une nouvelle crise après le scandale lié à Carlos Ghosn, a appris Reuters de deux sources.

Les deux seules femmes du conseil d'administration de Nissan

Ces deux administratrices, Jenifer Rogers et Keiko Ihara, membres des comités de gouvernance créés à la suite de l'arrestation de l'ancien président Carlos Ghosn, ont plaidé en faveur du départ d'Hiroto Saikawa lors d'une réunion du conseil qui s'est tenue pendant plusieurs heures lundi 9 septembre au siège de Nissan, ont précisé les sources.

Jenifer Rogers, une avocate américaine, et Keiko Ihara, une pilote japonaise de course automobile, ont également oeuvré au remplacement à titre provisoire de Hiroto Saikawa par Yasuhiro Yamauchi, ont ajouté les sources. L'administratrice américaine a été la première à défendre vigoureusement ce point de vue, avant d'emporter l'adhésion des autres membres, a dit une source de l'alliance.

La position prise par Jenifer Rogers et Keiko Ihara, les deux seules femmes du conseil d'administration de Nissan, est un exemple rare d'influence d'administrateurs extérieurs et qui plus est de femmes au sein d'un conseil d'administration d'une entreprise japonaise. "Pour améliorer les relations de Nissan avec ses concessionnaires, fournisseurs et clients, Rogers a fait valoir que Saikawa devait partir", a déclaré l'une des sources.

Renault inquiet des incertitudes pour l'alliance

Nissan s'est abstenu de tout commentaire. Nissan a déclaré lundi 9 septembre qu'Hiroto Saikawa avait bénéficié de primes indues de 440 000 dollars (399 818 euros) et ce dernier a promis de rembourser cette somme.

Jean-Dominique Senard, le président de Renault, principal partenaire de Nissan, n'a pas réclamé le départ de Hiroto Saikawa mais a approuvé la proposition, selon cette source. Chez Renault, on s'inquiétait que le départ de Saikawa n'interrompe les discussions en cours sur une refonte de l'alliance et ne créé davantage d'incertitudes, selon des sources au sein du groupe au losange.

Le groupe au losange souhaite un renforcement de cette alliance, tandis que les dirigeants japonais ont jusqu'ici estimé que celle-ci était déséquilibrée. Le futur directeur général de Nissan pourrait donc choisir un approfondissement du partenariat ou une plus grande indépendance.

Makoto Uchida, particulièrement apprécié chez Renault

Tout de même, le constructeur automobile français tente de peser dans la nomination du successeur d'Hiroto Saikawa. Makoto Uchida, le président du comité de direction de Nissan en Chine, et Jun Seki, chargé de superviser le redressement du constructeur japonais, font figure de favoris, a appris Reuters de quatre sources proches du dossier.

Les discussions sur cette nomination sont toujours en cours et rien n'a encore été décidé, ont toutefois précisé les sources. Il est également possible qu'un autre candidat soit finalement choisi, en l'occurrence Yasuhiro Yamauchi, qui remplace à titre provisoire Hiroto Saikawa.

Makoto Uchida, qui s'occupait auparavant des achats pour le compte de l'alliance, est particulièrement apprécié chez Renault, tandis que dans le camp Nissan, le préférence va vers Jun Seki, ont déclaré deux sources. "Renault est plus proche d'Uchida", a dit une source au sein de Nissan. "Le camp Renault pense qu'Uchida est plus facile à contrôler que Seki".

D'autres membres du conseil d'administration soutiennent Jun Seki, en partie pour des raisons politiques, mais aussi en raison de son expérience dans le secteur, jugée plus large, ont dit les sources. Jun Seki a supervisé auparavant le développement des activités de Nissan en Chine, désormais premier marché du groupe. "Seki est beaucoup plus avenant et apprécié au sein de Nissan et a la confiance de ses pairs et de ses subordonnés", a déclaré la source au sein de Nissan.

Le comité de nomination, créé en juin pour trouver un successeur au directeur général de Nissan, est composé de six membres extérieurs, dont le président de Renault, Jean-Dominique Senard. Il a établi une liste d'une dizaine de candidats potentiels, selon une source proche des délibérations. La décision finale reviendra au conseil d'administration.

Avec Reuters (avec Linda Sieg à Tokyo; Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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