Dette grecque et taxe financière au menu de l'Ecofin

par Julien Toyer

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Dette grecque et taxe financière au menu de l'Ecofin

BRUXELLES (Reuters) - Le dossier de la dette grecque s'invitera à nouveau cette semaine à la table des discussions des ministres des Finances de la zone euro et de l'UE, alors que le mécanisme d'aide à la Grèce annoncé dimanche n'a pas totalement ramené le calme sur les marchés et que des doutes subsistent sur son déclenchement.

Réunis vendredi et samedi à Madrid pour une réunion informelle semestrielle, les ministres se pencheront également sur une réforme de la gouvernance économique européenne et évoqueront la création d'une taxe financière.

"Nous allons bien entendu discuter du dossier grec. Il sera notamment intéressant de faire le point sur les contacts de ces derniers jours entre la Commission européenne, la BCE et le FMI", explique un diplomate de haut rang participant aux débats entre ministres en Espagne.

"Aucune décision n'est attendue. Côté européen, c'est le jour J que nous verrons si un sommet est nécessaire. Côté FMI, ce sera au conseil d'administration du fonds de prendre une décision sur la base de leur évaluation interne", dit-il.

La Banque centrale européenne, l'exécutif communautaire et le Fonds monétaire international ont tenu lundi une première réunion afin d'évoquer les modalités pratiques selon lesquelles ils viendraient en aide à la Grèce, malmenée sur les marchés en raison de sa dette abyssale.

La veille, après plusieurs semaines de négociations, les pays de la zone euro avaient annoncé s'être entendus sur les contours d'un programme triennal de prêts bilatéraux à la Grèce, qui serait mis en oeuvre si celle-ci en faisait la demande.

Les marchés ont initialement bien réagi à ce plan mais les questions restant en suspens, notamment le processus et le rythme selon lequel le dispositif serait déclenché en Allemagne, ont freiné la détente espérée.

Reflet de ces tensions persistantes, l'écart de rendement entre les emprunts grecs à 10 ans et leur équivalent allemand, qui sert d'étalon dans la zone euro, reste proche de 400 points de base.

Ceci signifie qu'Athènes devrait actuellement emprunter à plus de 7% pour se refinancer sur les marchés financiers.

La Grèce n'aura cependant pas à solliciter ces marchés d'ici début mai et il est donc peu probable que le gouvernement grec demande l'activation du mécanisme d'ici-là.

TAXE FINANCIÈRE

Afin de tirer les leçons de l'épisode grec, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a déclaré que le pacte de stabilité et de croissance devrait être réformé dans les prochains mois, dans un sens plus contraignant.

Il propose notamment que les sanctions aient un caractère plus automatique, que la surveillance soit élargie aux déséquilibres macroéconomiques et qu'un mécanisme de résolution des crises soit mis en place. (voir )

Dans le même registre, son homologue du Marché intérieur, Michel Barnier, présentera aux ministres les pistes envisagées pour créer une taxe sur les transactions financières qui puisse être mise en oeuvre au niveau européen.

La plupart des Etats membres de l'UE sont favorables à la création d'une telle taxe mais ils divergent sur la forme qu'elle devrait prendre.

Certains pays considèrent qu'un tel prélèvement sur les banques, et de manière plus générale sur l'ensemble du système financier, devrait permettre de réduire les déficits publics, fortement creusés sous l'effet de la crise.

D'autres estiment qu'il serait préférable de constituer un fonds paneuropéen afin de prévenir l'éclatement de crises futures ou d'en atténuer les effets.

Un désaccord existe également sur qui doit être mis à contribution et à quel hauteur.

"Il y a beaucoup de points de vue différents. Des pays arrivent avec différents instruments en tête. Cela est un peu chaotique", explique un diplomate européen.

"Fait-on payer tout le monde alors que seules certains ont eu recours aux deniers publics ?", s'interroge-t-il.

Les Européens espèrent notamment se mettre d'accord sur une série de principes sur cette taxe avant de se rendre fin avril aux réunions du G20 et du FMI au Canada et aux Etats-Unis, où ces questions doivent également être posées.

Edité par Marc Angrand

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