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Détroit en faillite, dernière étape du long déclin de "Motor city"

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Avec une dette estimée à 18,5 milliards de dollars (14 milliards d'euros), Détroit devient la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite. Berceau florissant de l'industrie automobile,"Motown" ou encore "Motor City", surnom de la principale ville du Michigan, subit un profond déclin depuis les années 50.

Détroit en faillite, dernière étape du long déclin de Motor city © Albert Duce - Wikimedia Commons

Détroit a officiellement demandé jeudi 18 juillet à être placée sous "Chapter 9", la loi encadrant les faillites des municipalités aux Etats-Unis. La ville du Michigan avait déjà annoncé le mois dernier qu'elle se verrait contrainte de faire défaut sur une partie de sa dette colossale estimée à 18,5 milliards de dollars (14 milliards d'euros).

"La mise en faillite est l'unique solution qui permettra à Détroit de redevenir stable et viable", a déclaré le gouverneur de l'Etat du Michigan Rick Snyder, qui a donné son accord à la demande de placement sous protection fédérale formulée par la municipalité.

Le long déclin de l'industrie automobile à Détroit

Berceau de l'industrie automobile - c'est dans l'usine Ford de Highland Park que le travail à la chaîne fait son apparition au début du XXe siècle - Détroit devient ainsi la plus grande ville de l'histoire des Etats-Unis à se déclarer en faillite. Le symbole d'une longue descente aux enfers, entamée dans les années 50, époque à laquelle les entreprises entament leur exode vers des régions plus dynamiques et où le taux de chômage atteint déjà les 10%

L'usine abandonnée de Packard (photo d'illustration de l'article), marque automobile de luxe qui met un terme à toute production dans le Michigan en 1956, représente un des tristes vestiges du glorieux passé de "Motor City", dont la population est passée de 1,8 million d'habitants en 1950 à moins de 700 000 en 2013. Ce déclin démographique et économique a provoqué un effondrement des recettes fiscales, ce qui a inexorablement conduit la ville à une dégradation des services publics et à la situation de faillite qu'elle connaît aujourd'hui.

Un nouveau départ ?

General Motors (GM) - dont le siège social est toujours situé à Détroit à l'instar des autres membres du "Big Three", Ford et Chrysler - a indiqué dans un communiqué publié dans les colonnes du Wall Street Journal qu'il n'anticipait pas de conséquences sur son activité et espère que cette mauvaise nouvelle peut aussi représenter d'un nouveau départ sur des bases saines pour la ville.

Sauvé de la banqueroute en 2008 par l'Etat fédéral, GM a depuis repris des couleurs. En 2012, le groupe a ainsi nettement profité de la reprise du marché américain. GM avait ainsi annoncé qu'il prévoyait d'ouvrir une deuxième chaîne de production mi-2013 dans son usine de Detroit-Hamtramck, qui emploie 1 600 personnes.

Son destin définitivement lié à celui de l'industrie automobile, Détroit, qui a pris le nom français de la rivière qui la traverse, va donc essayer de suivre cette voie. Principal défi que n'a jamais réussi à relever la ville : s'adapter au changement en prenant (enfin) le virage de la désindustrialisation qui a frappé sa région et l'ensemble des Etats-Unis.

 

Pour aller plus loin :

L'usine Packard de Détroit avant/après, une comparaison photo et interactive proposée par le site du Detroit Free Press

Le diaporama du Wall Street Journal "An American City"

Julien Bonnet

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