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Désindustrialisation de la France : un décrochage annoncé

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Tribune Plusieurs études ont déjà souligné la désindustrialisation de la France et l'élection présidentielle a  particulièrement mis en relief cette situation inquiétante. Aujourd'hui, le redressement productif est au centre de l'action du gouvernement. Et pour Yves Poinsot, directeur général d'Atradius Credit Insurance en France, la solution passe par un soutien appuyé des PME-PMI.

En 30 ans, notre industrie a perdu 36% de ses effectifs, soit près de 2 millions d'emplois, son poids dans notre PIB ayant reculé de 10 points sur cette même période . La crise a par ailleurs amplifié le phénomène, puisque 900 sites ont fermé leurs portes ces trois dernières années, causant la perte de 100 000 emplois .

Le développement d'une économie dépend pour une très grande part de son industrie, qui a un effet d'entraînement sur les autres secteurs. La désindustrialisation de la France est donc une menace pour notre croissance future. Pourtant, il y a en France de véritables "pépites".

La France mérite un grand projet industriel

Nos politiques semblent découvrir et déplorer la désindustrialisation de notre pays. Mais pourquoi a-t-on, depuis plus de 30 ans, préféré une politique de la consommation à une politique de l'offre ? Pourquoi n'a-t-on pas davantage soutenu les PME-PMI ?

La désindustrialisation de la France n'est pas une surprise. Il suffit de regarder l’évolution du nombre de défaillances ces dernières années, avec notamment 59 614 dépôts en 2011. Le constat est amer. Des filières entières ont presque disparu. Par exemple, la mécanique, le textile-habillement, passé de 1 649 entreprises en 1990 à 649 en 2010, l'ameublement, passé de 1 351 à 860 entreprises sur la même période, et la construction, premier employeur de France, où le taux d’impayés est le plus élevé. La France a non seulement perdu de nombreux fleurons industriels mais elle a pris un retard qu'elle aura des difficultés à rattraper.

Notre démographie, notre productivité élevée et la « signature française », parmi les plus crédibles du monde, sont les atouts qui nous permettront de stopper cette fuite en avant. Selon Elie Cohen, il faut miser sur la qualité de nos infrastructures et de notre capital humain, la solidité de nos institutions et notre qualité de vie.

La France mérite un grand projet industriel, soutenu par une aide au développement des PME et des entreprises de pointe. Cela pourrait briser le cercle vicieux que nous subissons depuis le premier choc pétrolier avec des entreprises dont la taille inférieure à celle de nos voisins allemands, les cantonne souvent au marché intérieur. Certes, la France doit continuer de développer son secteur tertiaire, mais cela doit s’accompagner de filières industrielles solides, qui créent des emplois et du pouvoir d’achat, et sont capables de s’adapter aux mutations du marché mondial.

De véritables pépites

Nos PME-PMI sont au nombre d'environ 131 000, qui emploient 3,5 millions de personnes. Et il est frappant de constater que l’exemple nous est donné par certaines d'entre elles, de véritables « pépites ». Ces entreprises qui s'en sortent, y compris dans les secteurs les plus sinistrés, ont toutes en commun leur souplesse et leur adaptabilité à l’accélération des cycles de ces dernières années. Elles ont su exploiter des capacités de réaction étonnantes, qui ont séduit leurs partenaires, en particulier financiers. Même au plus fort de la crise.

Les entreprises du CAC 40 ne sont pas les seules à tirer la croissance. La France reste bien positionnée sur les secteurs d'avenir. L'énergie française dispose de références d'envergure internationale et fait graviter autour d'elle de nombreuses PME-PMI sous-traitantes. Notre industrie aéronautique, qu'elle soit civile ou militaire, réalise 70% de son chiffre d'affaires à l'étranger et entraîne, de la même façon, une multitude de PME-PMI hexagonales. Un secteur où les effectifs ont augmenté de 50%, grâce à un effort d'innovation considérable. Quant au luxe français, il rayonne plus que jamais, réalisant 84% de ses ventes à l'export. Avec un chiffre d'affaires de 160 milliards d'euros, notre industrie agro-alimentaire est, elle aussi, créatrice de richesses et d'emplois.

De bons résultats à mettre également sur le compte d'une certaine culture du « bon vivre » et aussi de l'impossibilité de délocaliser. L'industrie du tourisme pourrait d'ailleurs faire l'objet d'un projet ambitieux. La France reçoit 60 millions de touristes chaque année. Un formidable potentiel à exploiter qui s’ajoute aux gisements d’emplois des énergies nouvelles encore peu développées. Ces secteurs font l'exception française et demeureront, quoi qu'il arrive, des valeurs sûres sur lesquelles nous devons encore plus miser.

Par Yves Poinsot, Directeur Général d'Atradius Credit Insurance en France

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