DESIGN TO COST Pour des achats plus responsables et performants

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Publi-rédactionnel Les acheteurs sont les plus à même d’appliquer des stratégies responsables en sélectionnant des fournisseurs respectueux de l’environnement, en limitant la consommation d’énergie et de matière première lors de la conception et de la production des produits et en conduisant leurs entreprises vers une démarche RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). 

DESIGN TO COST Pour des achats plus responsables et performants

En s’appuyant sur la conception à coût objectif ou Design To Cost, les directions achats renforcent leurs fonctions d’éléments moteurs des entreprises pour répondre aux attentes sociétales actuelles et aux défis environnementaux qui se présentent. Le Design to Cost et le Redesign To Cost (RTC) visent à optimiser l’ensemble des coûts de la conception du produit à sa fabrication jusqu’à sa mise sur le marché en considérant les attentes clients en termes de fonctionnalité et de qualité. Cette démarche collaborative initiée par les acheteurs, experts dans le calcul des coûts, réunit les fournisseurs, les équipes de R&D et la production. Le Design to Cost permet des gains de compétitivité induits par des baisses de coûts qui peuvent aller de 20 à 30 %.
Cette méthode de travail collaboratif, impulsée dans les années 1950, offre, en outre, de nombreux autres avantages. Elle permet notamment de décloisonner les différents services. Elle transforme la culture d’entreprise et accroît la capacité des collaborateurs à innover et à créer en appréhendant mieux la satisfaction clients.
 
Le DESIGN TO COST permet de faire les bons choix environnementaux
 
Aujourd’hui, plus que jamais, le DESIGN TO COST offre aux entreprises les moyens de réduire leur empreinte écologique et de répondre aux attentes des consommateurs. « Le Design to Cost va optimiser la structure économique, accroître la performance et la qualité perçues par le client. Le Design To Cost, c’est faire mieux, plus économique, plus simple et plus durable. Le DTC s’inscrit dans le développement durable. Il permet de faire les bons choix environnementaux tout en renforçant la compétitivité de l’entreprise » confirme Olivier Brongniard le Pdg du cabinet conseil Cost House.
 
Cependant, avant de démarrer une démarche de Design to Cost, les entreprises doivent au préalable s’appuyer sur un cabinet conseil qui leur permettra d’introduire une méthodologie et de mettre en place un cadre établissant les règles à respecter. « Notre objectif est de stimuler l’apparition d’innovations de la part du fournisseur pour créer des différenciations sur les produits. Cette collaboration entre entreprise et fournisseur est réalisée dans un cadre bien maîtrisé avec des enjeux partagés. Notre valeur ajoutée est de créer ce cadre collaboratif et juridique qui va permettre de travailler des innovations en commun » précise Bertrand Lalanne, vice-président du cabinet Créargie, qui aide les grands groupes à concevoir des solutions innovantes.
 
Parmi les cas d’école les plus parlants figure notamment celui du tramway de Bruxelles où une approche de RTC a permis de réaliser une économie globale de 98 K€ sur les 140 K€ euros initialement prévus sur la base des équipements de climatisation fournis pour le tramway de Barcelone. En prenant en compte les différences de température extérieures entre les 2 villes et en anticipant les impératifs clients, le RTC a non seulement permis de baisser drastiquement les coûts mais également de réduire l’impact écologique du tramway belge en réduisant sa consommation d’énergie et son bilan carbone. « Le Redesign-To-Cost est un des leviers de productivité les plus efficaces. Agir sur le coût des produits, des services associés ou, plus largement, des projets industriels, permet en effet de cibler 70 % des coûts d’une entreprise industrielle. Nous avons mené plus de 300 projets de RTC, avec des gains de 10 % à 20 % sur les coûts de production. Le payback est excellent : le coût de notre mission s’amortit le plus souvent en quelques semaines » annonce de son côté le cabinet Avencore. 
 
Ainsi, le CEA a récemment utilisé le RTC pour adapter ses procédés de fabrication de batteries terrestres au spatial afin de répondre dans des délais très courts à un marché pour Airbus. « La conception et le développement sont pilotés par un objectif de coût et de simplification de la fabrication, ce qui nécessite d’innover. Le superflu est supprimé tout en respectant le niveau nécessaire à la spatialisation » indique Florence Fusalba chef de projet. Le CEA a adapté au spatial les étapes critiques d’assemblage de la batterie. « En vingt-quatre mois nous étions capables de spatialiser, ce qui est une révolution sachant que dans le spatial, les cycles sont plus longs », conclut la responsable.
 
Le DESIGN TO COST pour répondre aux nouvelles réglementations et exigences RSE
 
Implémenter des démarches de Design to Cost ou de RTC va ainsi permettre aux entreprises non seulement d’accroître leurs performances mais aussi de les accompagner vers la mise en place de modes de production plus vertueux. Cela va également les aider à répondre aux nouvelles attentes des législateurs. Après l’entrée en vigueur en décembre 2016 de la loi Sapin 2 sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique, une nouvelle loi baptisée PACTE (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises) est en effet entrée en application depuis le printemps dernier pour renforcer le rôle sociétal des entreprises. 
 
PACTE encourage les entreprises à participer activement aux enjeux sociétaux et environnementaux et à intégrer dans leur stratégie la notion d’intérêt général. Dans l’article 1833 du code civil relatif à la constitution des sociétés, les législateurs ont rajouté un alinéa spécifiant que « la société est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ». Ils étendent ainsi le rôle des entreprises au-delà des seuls intérêts de leurs dirigeants. Pour renforcer cette mission sociétale, l’article 1835 du Code civil et social a également été modifié permettant aux associés d’inscrire la raison d’être de l’entreprise dans ses statuts afin notamment de « repenser la place des entreprises dans la société ». Enfin, la nouvelle loi prévoit la création de sociétés à mission, c’est-à-dire des structures commerciales s’engageant sur un ou plusieurs objectifs « sociaux et environnementaux ». Ces dernières pourront bénéficier d’avantages fiscaux ou être éligibles à certains financements.
 
Même si pour certaines, ces lois peuvent paraître contraignantes, il s’avère que, loin de les pénaliser, les entreprises qui s’engagent dans une démarche RSE renforcent leur performance économique.
 
L’étude de 2016 sur la RSE et la performance économique, du commissariat général à la Stratégie et à la Prospective (CGSP), plus connu sous le nom de France Stratégie confirme ce point : « la RSE est significativement corrélée avec la performance économique des entreprises. La supériorité du gain économique imputable à la dimension « ressources humaines » peut s’expliquer par une meilleure valorisation du capital humain et organisationnel de l’entreprise : fondées sur le renforcement continu des compétences et sur le développement de dispositifs managériaux collaboratifs, les pratiques RSE favorisent ici l’innovation organisationnelle, améliorent le climat social et l’efficience du capital humain spécifique, avec des effets positifs renforcés sur la performance de l’entreprise ».
 
Les entreprises françaises au troisième rang mondial de la RSE
 
Les entreprises françaises ont d’ailleurs bien pris conscience des enjeux de la RSE puisqu’elles se hissent désormais à la troisième place du podium mondial en la matière. La 3e édition de l’étude intitulée « Comparatif de la performance RSE des entreprises françaises avec celle des pays de l’OCDE et des BRICS », rendue publique au printemps dernier par le Médiateur des entreprises (un organisme dépendant du ministère de l’Économie et des Finances) et EcoVadis, confirme l’avantage compétitif des entreprises françaises sur la scène mondiale. La performance du système de management de la RSE des entreprises est évaluée par EcoVadis selon 21 critères adaptés à chaque entreprise en fonction de son secteur d’activité, de sa taille et de sa localisation géographique. Elle réunit quatre thèmes qui englobent l’environnement (impacts liés aux procédés de production ainsi qu’à l’usage du produit et à sa fin de vie), le social & droits de l’homme (impacts sur les employés et les droits humains des employés et de la communauté), l’éthique (enjeux de corruption, pratiques anticoncurrentielles et gestion responsable de l’information) et les achats responsables (avec la prise en compte des problématiques sociales et environnementales qui ne résultent pas uniquement des liens avec les fournisseurs directs mais qui peuvent apparaître au travers des rangs 2 ou 3 de fournisseurs). Au final, la France obtient un score moyen de 51 sur 100 alors que la moyenne des pays de l’OCDE est de 46,5 et celle dans les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) de 37,3. Il faut noter que la loi Sapin 2 a accéléré la considération éthique des entreprises françaises. La majorité d’entre elles maîtrise désormais les enjeux éthiques avec un score de 45,5/100 contre 37,8 lors de la précédente édition de 2012 – 2014. Au total, 20 804 entreprises dont 3 000 entreprises françaises (comprenant plus de 80 % de PME) ont été évaluées entre 2016 et 2018. Ainsi, la tendance est aujourd’hui de diminuer les impacts négatifs de ses activités et raisonner de manière globale et responsable. De quoi faire la part belle aux acheteurs, dont le rôle déterminant pour sourcer les bons partenaires, les bons fournisseurs n’est plus à démontrer.
 
Ainsi, la start-up Courbet, première marque de joaillerie écologique de luxe installée place Vendôme à Paris fait figure d’exemple pour avoir intégré dans sa raison d’être ses préoccupations sociétales. La jeune pousse utilise du diamant de laboratoire et de l’or recyclé issus de produits électroniques (smartphones, ordinateurs…) collectés dans les mines urbaines pour confectionner ses bijoux. « Notre combat écologique est de refuser d’extraire 250 tonnes de minerais pour trouver un carat de diamant ce qui est dévastateur en termes de coût environnemental » déclare Manuel Mallen, son président fondateur. Aussi, la société fabrique du diamant qui lui coûte 2 à 3 fois plus cher mais qu’elle arrive au final à revendre à un prix inférieur de 40 %. L’idée est de limiter le nombre d’intermédiaires à 2 ou 3 entre le laboratoire et le client final contre une quinzaine dans la pratique courante. Pour son deuxième exercice comptable qui se clôture fin février 2020, l’entreprise prévoit un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros contre 450 K€ l’année précédente et vise le double en 2021.
 
Les entreprises européennes les plus responsables sont aussi les plus rentables
 
Selon Jonathan Peillex, professeur de finance au Pôle Léonard de Vinci (UGEI) et Mohammed Benlemlih, auditeur financier chez PwC et chercheur à l’université du Luxembourg, les entreprises européennes les plus socialement responsables sont aussi les plus rentables. « Il semble en effet que la satisfaction des attentes des porteurs d’enjeux de l’entreprise lui permette d’améliorer sa réputation, sa capacité à fidéliser ses employés, et à attirer les ressources humaines les plus précieuses et de maintenir une relation satisfaisante avec la communauté, ce qui se traduit favorablement en termes de performance économique. Les dirigeants des entreprises européennes auraient donc tout intérêt à engager des efforts en matière de RSE afin d’améliorer leurs bénéfices » annoncent-ils. 
 
Cette analyse renvoie ainsi donc aux calendes grecques la maxime de l’économiste Milton Friedman, père des Chicago Boys et du néolibéralisme selon laquelle « l’unique responsabilité de l’entreprise est de maximiser la richesse des actionnaires ». Elle fait écho, au changement de paradigme du patronat américain intervenu au cours de l’été dernier via la déclaration formulée le 19 août par la Business Roundtable, qui réunit 181 sur 188 PDG. Dans ce communiqué publié pour promouvoir « une économie au service de tous les Américains », les dirigeants déclarent : « Nous nous engageons à : apporter de la valeur à nos clients (…) ; investir dans nos salariés. Cela commence avec une rémunération équitable et des aides adaptées. Cela implique également de les soutenir par la formation et l’éducation qui contribuent à développer de nouvelles compétences (…) ; traiter de manière équitable et éthique nos fournisseurs (…) ; soutenir les communautés dans lesquelles nous travaillons. Nous respectons les gens de nos communautés et protégeons l’environnement en adoptant des pratiques durables ; générer de la valeur à long terme pour nos actionnaires, qui fournissent le capital qui permet aux entreprises d’investir, de croître et d’innover ». Exit Friedman ! Les patrons américains ne se préoccupent plus de satisfaire les seuls actionnaires mais placent désormais en tête de leurs priorités, les investissements, les salariés et le territoire. Il faut dire que certaines grandes entreprises qui ont, jusqu’à présent, fait fi de ces considérations sociales et environnementales commencent à voir leur image se ternir. C’est notamment le cas du géant de l’e-commerce Amazon pris à partie lors du black Friday du 29 novembre dernier par 3 ONG.
 
Ce n’est d’ailleurs pas non plus un hasard si son patron Jeff Bezos, classé en 2014 à la tête du classement des 100 meilleurs pdg de la planète par la Harvard Business Review a totalement disparu cette année de ce classement. Il en va de même pour Larry Page, le patron de Google et Mark Zuckerberg (Facebook) qui n’y figurent plus. 
 
Quand l’anthropocène et le réchauffement climatique accélèrent la prise de conscience des dirigeants
 
La situation planétaire se dégradant de plus en plus, nombreux sont aujourd’hui les chefs d’entreprises qui s’interrogent sur le rôle qu’ils ont à jouer. « Aujourd’hui, les preuves scientifiques s’accumulent pour prouver que la « maison brûle » toujours et qu’un tel modèle n’est plus soutenable. En tant qu’assureur, nous sommes bien placés pour voir à quel point les catastrophes climatiques sont chaque année plus nombreuses et plus intenses. Nous sommes en effet à un moment charnière et historique de l’humanité. Ce que les géologues appellent l’« anthropocène », soit le moment où l’évolution de notre environnement est devenue majoritairement conditionnée par l’activité de l’homme sur l’écosystème. Nous disposons aujourd’hui des ressources technologiques pour réussir la transition écologique et sociale ; c’est de volonté dont nous avons besoin » prévient Pascal Demurger, dirigeant de la MAIF. 
 
Le mutualiste s’est ainsi engagé dans une démarche RSE impliquant aussi bien ses employés que ses partenaires. Il a créé MAIF Transition, un fonds qui sera doté à terme de 400 millions d’euros, pour soutenir l’agriculture biologique et les projets d’énergies renouvelables. Il a également exclu de ses 20 milliards d’euros de placements, « toute entreprise qui développe de nouveaux projets de centrale à charbon ou qui tire plus de 20 % de ses revenus de la production d’énergie par le charbon ». La MAIF, en tant qu’assureur, favorise l’économie circulaire en privilégiant la réparation plutôt que le remplacement ainsi que l’utilisation de pièces d’occasion au détriment de pièces neuves dans la gestion des sinistres. « L’entreprise peut être un motif d’espoir et doit être un moteur de changement. Il est encore temps pour la planète. Il est encore temps pour nos entreprises » avertit le DG. 
 
Aussi, pour répondre à ces nouveaux défis, les acheteurs qui ont l’habitude de travailler de manière transversale avec les diverses équipes de l’entreprise et qui maîtrisent l’ensemble du sourcing auront un rôle crucial à jouer pour réussir cette transformation vers un modèle plus vertueux.
 

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