Technos et Innovations

Design rime avec redressement productif au 5.5 Designstudio

Aurélie Barbaux

Publié le

Pour leurs 10 ans, les 5.5. Designers, devenus 5.5 Designstudio, ouvrent leurs portes au public les 20 et 21 septembre. Fini l’activisme anti société de consommation. Leur exposition "5.6 la mise à jour" démontre comment le design peut aider l’industrie française à innover.

Design rime avec redressement productif au 5.5 Designstudio © Aurélie Barbaux - L'Usine Nouvelle

C’est presque un comble. Hyper médiatisés il y a dix ans pour leur premier projet Réamin de soins des meubles cassés, le collectif  5.5 Designers se fait aujourd’hui le défenseur de la production industrielle hexagonale. C’est que ce groupe de quatre designers activistes  anti-société de consommation, a été rattrapé par la réalité du marché. De collectifs, ils sont devenus agence de design et se sont rebaptisés 5.5. Designstudio. Ils se sont même installés dans l’ancien atelier du fabricant de balances Testu, 8 rue Popincourt, dans le 11e, à Paris. Un symbole ?

Et si les quatre se déclarent toujours designers engagés, c’est désormais plus au service d’une industrie française, que contre la lutte anti-gâchis. "On en avait surtout marre de ne pas voir nos projets se concrétiser, devenir des produits", finit par lâcher Jean-Sébastien Blanc, le directeur artistique et stratégique du groupe. Leur nouvelle philosophie, ils l’ont résumée en cinq mots affichés, en blanc sur blanc, sur leur mur : audacieux, engagé, accessible, éthique et évident.  Un positionnement qui séduit.

En 2008, Frédéric Beuvry, alors directeur du design de Seb, leur confit le design des produits Moulinex. "Là, on est en prise directe avec les contraintes d’une production française, comme les équipements disponibles, la santé des ouvriers, la charges des usines", explique Antony Lebossé, responsable de la cellule design industriel et public. Déjà 15 produits à leur actif, pour lesquels ils ne cachent pas leur fierté.

Mais c’est peut-être des projets menés avec des PME innovantes, dont ils sont les plus fiers. Comme d’avoir dessiné les premiers chargeurs de portables universels made in France, pour la société aixoise Mayamax. "Tout l’enjeu était de proposer un design tenant compte de la nécessaire automatisation de la production, donc des machines, tous en apportant de la valeur ajoutée", précise encore Antony Lebossé, qui raconte les aléas de mener une retro-ingénierie sur des produits… chinois !

Fiers aussi d’avoir travaillé sur toute l’identité de marque et le packaging de vernis à ongle made in France et vendus en distributeur automatique à 5 euros de Nailmatic. Sans parler des urinoires "petitpipi",  "grandpipi" ou "madame Pipi"  pour Cielo,  de leur design de trous esthétique mais aussi anti contrefaçon  pour les panneaux de bois murales d’Oberflex, ou des meubles de jardin à réservoir d’eau "Plic plac ploc", en plastique rotomoulé, pour la jeune marque "Qui est Paul ?". Plus classiques, les présentoirs pour parfum Cacharel, les meubles pour Ibis  ou les packagings à poignée pour VeuveClicquot, relèvent néanmoins du défi industriel. Le made in France n’est jamais loin. Et même si on cherche parfois l’engagement dans ces projets, ils démontrent mieux que de long discours ce que le design peut apporter à l’industrie. 

Aurélie Barbaux

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