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L'Usine Aéro

Désendetté, l'équipementier aéronautique Latécoère s’ouvre à l’innovation et aux services

Olivier James , , , ,

Publié le

L’équipementier aéronautique Latécoère prévoit une activité en baisse en 2017. Tout juste arrivée à la tête du groupe, Yannick Assouad compte se tourner davantage vers l’innovation et les services.

Désendetté, Latécoère s’ouvre à l’innovation et aux services
Usine l’assemblage du Nose Fairing de l’A350 (partie de la pointe avant) sur le site de Gimont dans le Gers de Latécoère
© Rémy Gabalda_Latécoère

Aux manettes de Latécoère depuis novembre dernier, Yannick Assoaud doit déjà résoudre une équation à plusieurs inconnues. Comment permettre à l’équipementier aéronautique de faire croître sa profitabilité tout en prévoyant – au moins pour les trois prochaines années – une activité stable sinon décroissante ? "Latécoère revient de loin, mais il y a encore beaucoup à faire", a résumé Pierre Gadonneix, le président de l’équipementier lors de la présentation des résultats 2016 lundi 27 mars. Pour sa première apparition en tant que directeur général du groupe spécialisé dans les aérostructures et les interconnexions, Yannick Assouad a fait état d’une baisse anticipée de 6% du chiffre d’affaires en 2017. "Mais nous devons continuer à augmenter le résultat opérationnel courant", a ajouté Yannick Assouad.

Le redressement de Latécoère - assuré ces dernières années par deux augmentations de capital et le lancement en juin 2016 du plan de transformation industrielle Transformation 2020 - semble porter ses fruits. En 2016, le chiffre d’affaires de l’équipementier s’est établi à 655,2 millions d’euros, contre 622,1 millions d’euros en 2015. En parallèle, le résultat opérationnel courant a bondi à 47,8 millions d’euros (18,9 millions d’euros en 2015), de quoi tirer à la hausse un résultat net, passant de 2,4 millions d’euros en 2015 à 30,2 millions d’euros en 2016. Cerise sur le gâteau : la persistante dette du groupe – qui a atteint à son plus haut 300 millions d’euros – s’est transformé en trésorerie positive de 1,8 million d’euros grâce notamment à la vente de Latécoère Services.

Des programmes en perte de vitesse

Malgré ses voyants financiers au vert, l’horizon de Latécoère n’est pas totalement dégagé. Le secteur aéronautique connaît dans son ensemble une croissance soutenue, portée par la hausse du trafic aérien dans le monde. Mais tous les programmes ne connaissent pas le même dynamisme. Dans les années à venir Latécoère pourra compter sur les programmes en croissance que sont les Airbus A320, A330, A350 et l'E2. Mais ils ne compenseront pas les difficultés commerciales de l’A380, des Falcon 7X et 8X, ni la baisse de cadence de production de l’Embraer E-Jet E1. D’autant que l’implication dans le dernier-né d’Airbus, l’A350, reste modeste.

Comment dès lors envisager la possibilité d’augmenter la profitabilité du groupe ? Le plan Transformation 2020 a initié une refonte de l’empreinte industrielle et une modernisation des sites. "Nous allons nous renforcer dans les zones best cost et se concentrer en France sur la spécialisation des sites et l’automatisation des process", a précisé Yannick Assouad. Dans le détail, en France, Latécoère procède à la fermeture en mars de son site de Tarbes (Hautes-Pyrénées), à la contraction de son site historique vétuste de Périole (Haute-Garonne) – avec maintien du siège social – et à la construction d’une nouvelle usine moderne à Toulouse dont la mise en service est prévue fin 2017.

A l’international, Latécoère maintient la création d’un nouveau site en Bulgarie pour le petit assemblage. Il sera complémentaire de son site ne République tchèque. Outre le Maroc et la Tunisie, l’équipementier mise beaucoup sur son usine au Mexique pour desservir le marché nord-américain. Elle accueillera à terme l’ensemble de la production des portes pour le Boeing 787. Une stratégie d’internationalisation qui renforcera encore la part des effectifs hors France, qui devraient passer de 56% des effectifs globaux en 2016 à 67% d’ici 2020. Une bascule qui s’explique aussi par les quelque 200 suppressions de postes en France, sur environ 2000 salariés.

Latécoère lorgne l'internet à bord

Mais Yannick Assouad ne compte pas s'arrêter là. "On ne peut pas rester compétitif dans le secteur aéronautique sans innovation". Et la nouvelle dirigeante de citer notamment des travaux de R&T – dont le budget va être augmenté – sur la simplification des structures composites des portes, l’introduction de la fabrication additive pour les pièces en métaux durs ainsi que le développement de matériaux composites thermoplastiques ( par opposition aux thermodurcissables). "Cet effort supplémentaire dans la R&T, c’est elle", sourit Pierre Gadonneix

A plus long terme, Latécoère compte aussi aller chercher la croissance dans des marchés où il reste encore absent. Alors que le segment des interconnexions ne représente qu’un tiers de son chiffre d’affaires, il est bien plus prometteur que celui des aérostructures. La raison : avec le développement des systèmes de divertissement à bord et d’internet dans la cabine d’avions, Latécoère devrait peu à peu se positionner sur ce segment, certes réduit, mais en forte croissance.

Sans compter que les cycles de renouvellement d’équipements sont courts, les besoins de maintenance important tout comme la possibilité de développer de nouveaux services. L'activité cédée, Latécoères Services, avait peu à voir avec ce type de services lucratifs, étant axée sur l'ingénierie des lignes d'assemblage et le développement de nouveaux programmes. Latécoère est-il en train de négocier avec des industriels tels que Thales et Panasonic ou des opérateurs comme Gogo ? Et Yannick Assoaud de glisser malicieusement : "on parle avec tout le monde". Il faut dire qu'en la matière, l'ancienne patronne de la branche cabine de Zodiac en connaît un rayon.

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