Désaccord sur un nouvel assouplissement monétaire aux Etats-Unis

par Mark Felsenthal et Ann Saphir

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ST. LOUIS/ALBUQUERQUE (Reuters) - Deux des principaux responsables de la Réserve fédérale américaine ont montré leur désaccord quant à la nécessité de nouvelles mesures de soutien à l'économie des Etats-Unis, alors que la plupart des observateurs s'attendent à un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Fed.

Le président de la Réserve fédérale de St. Louis James Bullard a ainsi dit jeudi soir qu'il soutiendrait des achats de titres du Trésor par la Fed par tranches de 100 milliards de dollars si la banque centrale estimait nécessaire un assouplissement monétaire.

"Si nous décidons d'aller de l'avant avec un assouplissement quantitatif (...) nous pourrions penser en unités de 100 milliards de dollars", a-t-il ajouté.

"Et alors, je pense que nous pourrions donner une indication pour la réunion suivante qui suggérerait la façon de penser du comité (de politique monétaire) à propos de ces achats", a-t-il ajouté.

Les commentaires de James Bullard, membre votant au comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), interviennent après ceux d'autres responsables de la banque centrale américaine, dont son président Ben Bernanke, favorables à de nouvelles injections de liquidités dans l'économie.

Le président de la Fed de Kansas City, Thomas Hoenig, l'un des responsables de la Réserve fédérale les plus méfiants à l'égard de l'inflation, a toutefois cherché à souligner les risques inhérents à une telle démarche.

UN RISQUE POUR LA CRÉDIBILITÉ DE LA FED

Il a ainsi réitéré sa mise en garde contre de telles injections de liquidités qui pourraient être sources de problèmes, comme la constitution de bulles encore invisibles pour l'heure.

Tout en s'attristant du taux de chômage de 9,6% dans le pays, il a déclaré "si l'on essaie de le faire baisser trop rapidement on risque de créer de nouveaux problèmes."

La Fed a ramené ses taux d'intérêt à un niveau proche de zéro en décembre 2008 pour s'engager ensuite dans des achats de titres à long terme pour un montant de 1.700 milliards de dollars pour sortir le pays de la récession.

Après la fin officielle de la récession en juin 2009, le niveau élevé du chômage et la croissance anémique ont incité la banque centrale à envisager de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire.

Les analystes estiment à environ 500 milliards de dollars, le montant du prochain programme de rachats d'emprunts d'Etat américains que devrait annoncer la Fed lors de la réunion du FOMC des 2 et 3 novembre prochains. Certains observateurs pensent que le montant de ce programme pourrait même dépasser 1.000 milliards de dollars.

Si James Bullard a fait référence dans ses commentaires à l'atonie de la croissance économique et à la faiblesse du redressement du marché de l'emploi, Thomas Hoenig a de son côté estimé que la reprise pourrait s'accélérer l'an prochain.

Le président de la Fed de Kansas City, qui a fait état lors de toutes les réunions de cette année de son désaccord avec les autres membres du FOMC, a également réitéré son appel à une normalisation des taux d'intérêt, qu'il souhaiterait voir remonter à 1%.

Et il a souligné que maintien de la situation actuelle pourrait non seulement ne pas stimuler la demande, mais en plus entraîner davantage d'inflation qu'espéré et affecter la crédibilité de la Fed.

L'opinion de Thomas Hoenig semble néanmoins n'être partagée que par une minorité de responsables au sein de la Fed.

James Bullard a par ailleurs déclaré que selon lui la Fed ne devrait pas mettre en place une cellule évaluant le montant de liquidités qui pourrait être injecté.

Danielle Rouquié et Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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