Des signes de faiblesse pour l'économie française

Trois indicateurs semblent démontrer un ralentissement de l'économie française ce jeudi 8 septembre. S'ils n'évoquent pas clairement une crise, ils illustrent néanmoins bel et bien une conjoncture qui marque le pas.

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Des signes de faiblesse pour l'économie française

Selon la note de conjoncture de la Banque de France, le moral des industriels est morose sans être moribond. L’indicateur du climat des affaires dans l’industrie (ICAI) s’est établi à 98 points en août, comme en juillet, sous sa moyenne longue période.

Pour les chefs d’entreprise interrogés, l’activité industrielle a faiblement progressé en août. Malgré, les bourses qui dévissent et l’instabilité conjoncturelle, les carnets de commandes se sont maintenus à un niveau jugé supérieur à la normal. Mais les industriels soulignent déjà que les entrées de commandes ont tendance à ralentir.

Même analyse du côté de l’emploi. L’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) a annoncé des chiffres qui peuvent sembler encourageants de prime abord : la masse salariale augmente de 0,9% au premier trimestre. Soit une progression de 3,8% sur un an. Mais cette hausse cache en fait une faible création d’emplois.

La masse salariale est un agrégat des rémunérations brut des salariés. Comme le salaire moyen par tête, non corrigé de l’inflation, a progressé de 1,6% au premier trimestre et 2,5% sur un an, l’augmentation de la masse salariale ne correspond pas directement à des créations d’emploi.

La reprise de l’emploi entamée début 2010 se poursuit en fait à un rythme réduit au deuxième trimestre. Selon l’Acoss, le nombre de postes augmente de 0,3% au deuxième trimestre, contre 0,5% au premier. Dans l’industrie, les pertes d’emplois historiques enregistrées en 2009 et 2010 semblent interrompues. L’emploi est stable après la hausse (+ 0,3 %) observée au premier trimestre.

L’Insee nuance un peu plus son propos. Il y a bien eu 4 300 emplois créés au premier trimestre 2011 dans l'industrie. Une première depuis le premier trimestre 2001. Cependant, la reprise s’infléchit au second trimestre avec 2 900 destructions de postes. Au final, sur un an, l’industrie a perdu 18 500 emplois. Pôle emploi, quant à lui, parle d’une destruction de 22 800 postes.

Surtout, plus inquiétant, l’intérim recule de 0,6% selon l’Insee. L’emploi intérimaire étant une variable d’ajustement pour les entreprises, il n’est pas étonnant que la crise boursière ait infléchi le recours à ce genre de contrat. Néanmoins, c’est aussi un indicateur de ralentissement de l'activité.

Lenteur généralisée

Lent, semble être le mot clé de notre conjoncture française. Les Douanes françaises ont annoncé le jeudi 8 septembre que les exportations françaises ont progressé de manière "lente". Ce qui a creusé le déficit commercial à 6,46 milliards d’euros, portant à 67,21 milliards le déficit sur un an. Se profile alors une balance encore plus rapidement déficitaire que l’année dernière (51,7 milliards d'euros).

Autre indicateur qui marque le pas : les impayés de Coface. Le mardi 6 septembre, l'assureur-crédit français annonce une augmentation sensible des impayés. Leur nombre a augmenté de 12% sur le premier trimestre dans le monde, et 20% en France. Or les impayés sont un risque majeur pour les entreprises. Ainsi privées de trésorerie, elles ne sont pas armées face à un probable ralentissement d’activité.

Or la Banque de France vient, ce jeudi 8 septembre, de diviser par deux sa prévision de croissance. Le mois dernier, elle tablait sur une progression de 0,2%. Déjà faible, sa nouvelle estimation descend donc à 0,1%... si proche de la barre des 0%.

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