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Des services au plus près de l’industrie

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Logistique, manutention, utilities. Trois secteurs qui traduisent un mouvement inexorable des prestataires de service vers les usines.

Des services au plus près de l’industrie
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© DR

A Sochaux (Doubs), PSA a fait entrer le loup dans la bergerie. Ou plutôt le prestataire dans l’usine. Avec le programme Back in the race, destiné à le remettre sur les rails, équipementiers et prestataires sont invités à intégrer les sites du constructeur. À partir d’avril 2016, Geodis assurera sur place les commandes de pièces aux fournisseurs, la réception, l’assemblage de sous-ensembles comme les tableaux de bord et la climatisation et la livraison synchrone en bord de ligne. D’autres appels d’offres analogues sont en cours à Mulhouse (Haut-Rhin) et à Vigo (Galice). « Ils copient un modèle déjà éprouvé en Asie. Soit une externalisation de certaines prestations d’assemblage ou de sous-assemblage pour rendre variable au maximum les coûts de production », explique Franck ­Fauveau, le directeur du marché automobile de Geodis. Plus généralement, Geodis « intervient à deux niveaux en pré et en postproduction », précise Laurent Parat, le directeur logistique contractuelle de la filiale de la SNCF. Celle-ci assure, par exemple, l’approvisionnement au plus près des chaînes de production d’Alstom avec des bacs suivis par RFID, mais aussi celui des technicentres de la SNCF où est assurée la maintenance des trains. En postproduction, le logisticien assemble des imprimantes et assure de la différenciation retardée. Par exemple, il configure les copieurs de Canon, installe le logiciel et gère leur seconde vie.

L’ancienne filiale de PSA, Gefco, détenue majoritairement par les chemins de fer russes (RZD), s’est quant à elle implantée très tôt dans les usines de sa maison mère, à commencer par celle de Vigo, en Espagne. Depuis, le prestataire a investi d’autres sites et joue un rôle de sous-traitant. Il assure ainsi le montage des batteries pour Mitsubishi au Havre. « Il faut évoluer vers une offre 4PL [quatrième partie logistique : le prestataire devenu intégrateur manage l’ensemble des acteurs tout au long de la supply chain, ndlr]. Nous le mettons en place pour les chemins de fer russes. Nous avons commencé au printemps à Saint-Pétersbourg », rappelle Antoine Redier, le directeur des solutions 4PL.

Un atelier de maintenance dans l’usine

Le prestataire bordelais GT Logistics s’est spécialisé dans l’externalisation logistique et intervient le plus souvent en s’implantant dans l’usine de l’industriel. « C’était notre volonté au départ, explique Éric Sarrat, son président. Nous voulions faire une autre logistique. Notre périmètre, c’est la clôture du site. » Parmi ses clients, on trouve des industriels comme Aluminium Dunkerque, Emin Leydier et l’Atelier industriel de l’aéronautique. Le cas de Ratier Figeac est exemplaire. Ce sous-traitant de l’aéronautique voulait réduire son temps de cycle. « À partir de l’ordre de fabrication, nous avons mis en place un outil pour préparer une “shadow box” qui rassemble les différentes pièces nécessaires que nous poussons ensuite à l’entrée de la chaîne », précise Éric Sarrat. À l’aide d’un outil de traçabilité, GT Logistics suit la pièce de l’usinage au montage. « Cela nous a permis de mettre en évidence les pertes de temps et de trouver des solutions pour les supprimer. Mais il faut bien sûr que l’industriel accepte cette démarche, dans laquelle la logistique pousse la production. »

Les fabricants de chariots de manutention sont parfois présents dans les usines pour gérer des gros parcs. Il n’est pas possible de retarder la production pour un chariot en panne. Pour les grands clients, Fenwick peut installer un atelier de maintenance dans l’usine et s’engage sur un niveau de disponibilité. Il gère les « mulets », les chariots de remplacement. Le plus souvent, les fabricants de chariots interviennent de l’extérieur avec des services 24?heures sur 24 et 7 jours sur 7. Grâce à la télémaintenance, ils n’ont pas besoin d’attendre l’appel du client. Jungheinrich envoie un technicien à tout moment, assure la gestion des alertes. « Le rôle de nos clients, ce n’est pas de s’occuper des chariots », explique Stéphane Boutron, le porte-parole de Still France. Le constructeur peut s’occuper de l’aspect législatif. Il tient à jour le carnet de maintenance sous forme électronique, pour qu’il puisse être facilement montré en cas de contrôle. Dans le cadre de son contrat Proactiv, les chariots envoient automatiquement des codes d’erreur en cas de problème, pour déclencher une intervention préventive.

Les utilities, enjeu de la performance industrielle

Les utilities ont également leur rôle à jouer. « Accroître notre présence dans les usines est l’un de nos grands axes stratégiques. C’est un enjeu d’augmentation de la performance industrielle, de lutte contre le changement climatique et de comportement citoyen des entreprises, assure Marie-Ange Debon, la directrice générale adjointe de Suez Environnement. L’idée est de passer de l’économie linéaire vers l’économie circulaire. Nous nous sommes fixé plusieurs segments industriels prioritaires : pétrole et gaz, chimie et pharmacie, papier, agroalimentaire, mines et énergie. »

Suez est complètement intégré dans le process industriel de l’usine Renault, près de Tanger (Maroc). La société française y assure la collecte et le tri des déchets, ainsi que la valorisation des métaux dans une démarche d’économie circulaire à travers sa filiale Metalimpex. Autre exemple, le 2?juillet, Suez a signé un accord avec Sanofi pour augmenter l’efficacité énergétique des sites de l’industriel en optimisant le fonctionnement des systèmes de traitement des eaux et des déchets et leur valorisation énergétique.

Son concurrent Veolia n’est pas en reste. Il va construire et opérer, pour l’américain Antero Resources, une usine de retraitement de l’eau polluée par l’exploitation du gaz de schiste. L’enjeu est de préserver la ressource en eau et d’abaisser le coût de production unitaire des puits. Autre contrat : la régénération des solvants avec Novartis. Veolia a mis en place une solution d’économie circulaire des solvants. « Nous ne sommes plus un coût. Nous apportons une compétence qui permettra de créer de la valeur à partager », se réjouit ­Laurent Auguste, le directeur innovation et marchés de Veolia.

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