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L'Usine Santé

Des scientifiques mettent au point un pansement inspiré de la cicatrisation de l'embryon

Alice Vitard , , ,

Publié le

Dans une étude publiée le 24 juillet 2019 dans la revue Science Advances, une équipe de chercheurs américains a annoncé avoir mis au point un prototype de pansement bio-inspiré capable de booster la cicatrisation des plaies. De nombreux tests restent encore à effectuer mais, à l'avenir, un tel dispositif pourrait être vecteur d'espoir pour les personnes diabétiques qui développent des pathologies rendant la guérison des blessures plus compliquée.    

Des scientifiques mettent au point un pansement inspiré de la cicatrisation de l'embryon
L'objectif des scientifiques était de créer un pansement capable de booster la cicatrisation.

17 fois plus collant qu'un pansement classique. Voilà le tout nouveau dispositif créé par une équipe de chercheurs américains de l'université d'Harvard et de McGill dont les résultats ont été publiés, le 24 juillet 2019, dans la revue Science Advances. Leur objectif était de créer un pansement capable de booster la cicatrisation d'une plaie en s'inspirant de la cicatrisation embryonnaire. Pari réussi !

S'Inspirer de la cicatrisation des embryons

Le dispositif conçu utilise des matériaux sensibles à la température pour rassembler les tissus blessés. Il fait partie de la classe des pansements adhésifs actifs (PPA) ou active adhesive dressing (AAD). A la différence d'un pansement "classique" qui piège l'humidité grâce à des bandes collantes, ici le dispositif permet une cicatrisation active.

Ce pansement à l'aspect gélatineux est directement inspiré de la cicatrisation embryonnaire. Lorsqu'un embryon est blessé, il guérit exceptionnellement rapidement grâce à de minces filaments, dérivés de la protéine "actine", qui rapprochent les bords de la plaie. C'est le même fonctionnement pour cette sorte de gel : sous l'effet de la chaleur de la peau, les bords de la blessure se rapprochent et la plaie se renferme donc beaucoup facilement, et surtout rapidement.

Les algues et les crustacés, au cœur de la fabrication

L'équipe a commencé par travailler avec une substance provenant des algues : l'alginate. C'est grâce à cette matière que les bords de la plaie se lient. Ensuite, ils ont eu recours au chitosane, une fibre extrait de la carapace des crustacés tels que la crevette. Cela permet au pansement de ne pas se décoller.

Ces différents ingrédients rendent le dispositif 17 fois plus collant qu'un sparadrap traditionnel. Enfin, des nanoparticules d'argent ont été ajoutées au PPA pour offrir une protection contre les bactéries. Techniquement, les atomes à la surface de la particule vont rentrer en contact avec l'humidité extérieure, s'oxyder et libérer des ions. Ce sont ces ions qui attaquent les systèmes vitaux des bactéries. 

La phase des premiers tests sur animaux a été passée avec succès. Sur la souris, les chercheurs ont pu noter une résorption plus rapide des plaies de plus de 45%. Reste à tester ce pansement-gel sur de la peau humaine.

Un espoir pour les personnes diabétiques

Ce n'est pas la première fois que des chercheurs se penchent sur des dispositifs capables d'améliorer, voire d'accélérer, la cicatrisation des plaies pour les personnes atteintes de maladies bloquant cette guérison. Les groupes pharmaceutiques se sont également emparés de cette problématique, particulièrement pour les personnes diabétiques. 

En avril 2018, la revue The Lancet Diabetes & Endoctrinology a publié une étude présentant un nouveau pansement visant spécifiquement la guérison des ulcères du pied, maladie très fréquente chez les personnes diabétiques pouvant aller jusqu'à une amputation. Le pansement, baptisé Urgo Start, a été créé par le groupe français Urgo, inventeur du sparadrap. Il a été récompensé par le prix Galien 2018. Cette étude clinique a été menée dans cinq pays européens auprès de 240 patients ayant utilisé ce pansement. Résultat : 60 % de patients soignés en plus et le délai de cicatrisation est raccourci de 60 jours sur 200 jours en moyenne. Il s'agit aujourd'hui du seul pansement de ce genre. 

Crédit photos : Science Advances

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