Economie

Des salariés d'une société fantôme sans activité depuis avril

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Un imbroglio juridique entoure la situation des 59 salariés de l'ex-société Litwin, liquidée puis revendue en avril à une société de Dubaï.

Des salariés d'une société fantôme sans activité depuis avril © D.R.

Pas de société à proprement parler, donc pas de droits ni de salaires. Les 59 employés de Litwin, un bureau d'études de la région parisienne travaillant pour l'industrie pétrochimique, se sentaient démunis, le 7 août, lors de leur audience devant le conseil de prud'hommes de Nanterre.

Liquidé, Litwin a été racheté en avril par Informap Production, une société enregistrée à Dubaï. Le repreneur de Litwin a conservé 59 emplois et avait affirmer créer une nouvelle entité sous trois mois.

Pas d'activité mais l'obligation d'aller tous les jours au travail

Mais, depuis, "la nouvelle société n'est toujours pas créée, donc nous ne pouvons pas faire reconnaître nos droits et la situation commence à être intenable", a confié Fabian Piednoel, secrétaire adjoint CFTC au comité d'entreprise, à l'AFP. Les salariés sont "livrés à eux-mêmes" et n'ont pas perçu leurs salaires, se désole-t-il.

Sans recours en attendant la décision du conseil des prud'hommes, les salariés restent tout de même dans l'obligation de se présenter chaque jour sur leur lieu de travail, où il n'y a pas d'activité, pour ne pas abandonner leur poste.

 "On a vidé des bureaux, on entretient les locaux", raconte une salariée à l'AFP. "Quand on a été repris, on était soulagé de ne pas être au chômage, mais si on avait su ce qui nous arriverait...", ajoute la quinquagénaire.  "Le repreneur n'assume aucune fonction et c'est le comité d'entreprise qui supplée à ses manquements en versant notamment une aide aux personnels", a dénoncé à l'agence de presse le secrétaire CFDT du CE, Jean-Marc Fournier.

Le repreneur invoque des difficultés pour créer une société en France

Patrick Lerre, directeur des opérations chez Litwin, s'est confié à RMC sur la tournure qu’ont pris les évènements : "On nous avait promis plein de projets, en Iran, en Arabie Saoudite, en Russie, mais il s’est avéré qu’il n’y avait strictement rien derrière. On ne nous a jamais donné la possibilité de travailler et eux se disent : ‘comme vous n’avez pas de travail, vous n’avez pas de salaire’. On n’a aucun fond de roulement. Nous sommes une société fantôme. Nous ne pouvons pas acheter de papier toilette pour les bureaux. On n’a pas payé le loyer non plus, on pourrait très bien nous expulser".

En juillet, un mandataire a été nommé par le tribunal de commerce de Nanterre. Me Francisque Gay a alors constaté que le repreneur de Litwin avait apporté des fonds pour payer les salaires d'avril et mai. Selon lui, le repreneur dubaïote aurait depuis invoqué ses difficultés pour créer une société en France pour justifier l'absence d'activité et donc de rémunération pour les salariés restés.

Les 59 salariés ont saisi le conseil de prud'hommes afin d'obtenir le reste de leurs salaires. Il rendra sa décision le 21 août.

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