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Quotidien des Usines

Des robots humanoïdes franco-japonais

Aurélie Barbaux ,

Publié le

Le CNRS et son équivalent japonais financeront un laboratoire commun de recherche en robotique humanoïde.

Les Japonais ne sont plus les seuls à croire aux robots à forme humaine. Le 8 décembre dernier, Claudie Haigneré, ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies, a profité d'un voyage au Japon à l'occasion du Carnegie Meeting (le G8 de la recherche), pour annoncer la création d'un laboratoire franco-japonais dédié à la robotique humanoïde, le Joint Robotics Laboratory (JRL). C'est un robot japonais, le seul de taille humaine capable de s'allonger et de se relever seul, qui a remis à la ministre une copie de l'accord. « Les échanges entre chercheurs permettront de donner une intelligence artificielle à ces robots humanoïdes », a commenté Claudie Haigneré, qui a profité de l'occasion pour souligner l'importance de la coopération internationale en matière de recherche.

Un programme bipolaire de quatre ans

Pendant quatre ans, des scientifiques du CNRS et de l'AIST (Institut japonais de la science et des technologies industrielles avancées) travailleront donc ensemble sur la problématique des robots autonomes et communicants. Les recherches porteront sur cinq grands thèmes : la coopération homme-robot, la collaboration multi-robots, le contrôle/commande, la locomotion, la perception et la compréhension de l'environnement. Ce laboratoire sera hébergé au Japon, par l'Institut des systèmes intelligents (ISI) de Tsukuba, et par les équipes de robotique du CNRS de l'université de Versailles.

Philippe Coiffet, directeur de recherche au CNRS et membre de l'académie des technologies a mis deux ans à monter ce projet. Il s'est inspiré notamment de l'expérience acquise avec un premier laboratoire franco-japonais, le LIMMS (Laboratory for Integrated Micromechatronic Systems), créé en 1992, pour faire avancer la recherche en microtechnique et en nanotechnologie. « Il faut régler les problèmes d'organisation avant de définir précisément les programmes de recherche, estime Philippe Coiffet. Pour éviter que les scientifiques ne travaillent chacun de leur côté, j'ai mis en place une organisation basée sur des binômes franco-japonais. » Aujourd'hui, cinq chercheurs français sont déjà installés au Japon. Un sixième partira fin décembre, tandis qu'un chercheur japonais arrivera en France dans le courant de l'année prochaine. Par contre, seuls les grands thèmes et les moyens techniques du laboratoire franco-japonais sont aujourd'hui définis.

Les chercheurs utiliseront le robot des japonais, HRP-2, et sa plate-forme logicielle de simulation d'humanoïdes. Le CNRS apporte des moyens financiers et les compétences logicielles de ses chercheurs en matière d'action réflexe, d'apprentissage de tâches, de vision 3D et de retour de forces haptiques. « Pour travailler plus efficacement, nous avons même le budget pour acheter un prototype de HRP-2 pour le laboratoire de Versailles, » se félicite Philippe Coiffet. Soit un investissement de 400 000 euros pour ce robot humanoïde de 1,54 mètre et de 58 kilos. Une première, lorsque l'on connaît les réticences des Japonais à laisser sortir ce genre d'innovation en dehors de leur territoire.

Des expérimentations envisagées dans l'automobile

A terme, cette plate-forme expérimentale pourrait également servir de support à des applications plus industrielles, notamment dans le domaine de l'automobile. « Sans chercher à remplacer les conducteurs, ces nouveaux robots pourront aider à développer des systèmes de conduite plus sûrs » explique Denis Lecrux, président du comité d'orientation de la nouvelle filière de mécatronique de l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Un renouveau d'intérêt des industriels pour la robotique qu'appellent de tous leurs voeux les chercheurs.

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