Des rejets d’eau bientôt autorisés à Fukushima

Face aux incommensurables volumes d’eau qui s’accumulent sur le site de Fukushima, Tepco pourrait être autorisé à effectuer des rejets dans l’océan.

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Des rejets d’eau bientôt autorisés à Fukushima

Suite aux incidents à répétition sur le site de Fukushima, l’autorité japonaise de régulation nucléaire réfléchit à autoriser des rejets d’eau dans l’océan aux abords de la centrale accidentée de Fukushima. "Nous pourrions envisager de rejeter de l’eau dans l’océan à condition que le niveau de contamination radioactive soit ramené sous la limite légale", explique Shunichi Tanaka, le président de l’autorité.

C’est une petite révolution. Aujourd’hui, l’électricien japonais Tepco, en charge de la gestion du site accidenté, a pour l’obligation de garder sur le site les eaux souillées bien sûr, mais aussi les eaux contaminées. Ainsi, 300 000 mètres cubes d’eau sont stockés dans des réservoirs, parfois défectueux. L’équivalent de 100 piscines olympiques. A l’horizon 2015, c’est un stockage de 700 000 mètres cubes qui est anticipé. "Tepco accumule de l’eau de manière infinie, c’est intenable à long terme", explique Thierry Charles, directeur de la sûreté à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Du tritium difficile à éliminer

Pour beaucoup d’experts, le rejet de l’eau dans l’océan est inévitable à terme, même si des questions de doses vont se poser. L’autorité assure que toutes les dispositions seront prises pour diminuer au maximum les contaminations. En revanche, il est quasiment impossible de les ramener à zéro. D’une part, Tepco peine toujours à mettre en route ses dernières unités de décontamination. D’autre part, si certains contaminants comme le césium sont simples à isoler, d’autres comme le tritium sont très difficiles à retirer des eaux polluées.

Fin août, Tepco, sous la pression du gouvernement, a fait appel à l’expertise étrangère pour gérer les stockages d’eau (voir L’Usine Nouvelle n°3343). L’autorité de sûreté a, en particulier, tapé du poing sur la table après qu’un silo de 1000 tonnes a laissé fuir 300 tonnes d’eau dans le sol, entraînant une pollution locale. Incident le plus grave depuis la catastrophe de mars 2011.

Ludovic Dupin

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