Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Des raisons de croire à cette timide reprise

, ,

Publié le

Le bout du tunnel est en vue. Après deux années de stagnation, l’activité devrait redémarrer dans la plupart des secteurs industriels. Mais à petite vitesse.

Des raisons de croire à cette timide reprise

C’est la dernière bonne nouvelle en date pour l’économie française. Interrogés par l’Insee, les chefs d’entreprises industrielles prévoient d’augmenter de 3% leurs investissements en 2014. Même si cette prévision est à prendre avec précaution – elle est régulièrement révisée au cours de l’année – la tendance est indéniable : en novembre, les industriels voulaient encore réduire de 2% le montant leurs projets. La panne sèche est terminée. Depuis le début de l’année, l’industrie montre des signes d’un léger rétablissement. Selon la banque LCL, qui table sur un "redémarrage en douceur", 17 secteurs industriels sur 32 devraient augmenter leur production cette année. Cinq autres la stabiliseraient. Les prévisions sont bien plus encourageantes que l’an passé. Les économistes de la banque n’avaient recensé péniblement que sept secteurs en croissance.

"Nous sentons un début d’amélioration dans nos secteurs clients. L’automobile, qui absorbe 12% des plastiques va un peu mieux, l’emballage aussi", confirme Catherine Herrero, l’économiste de l’Union des industries chimique (UIC), qui prévoit une hausse de 1,3% de la production du secteur.

Haulotte en est un autre exemple. En décembre comme en janvier, le fabricant de nacelles élévatrices a engrangé plus de commandes qu’un an auparavant. "Je suis devenu un peu plus optimiste, souligne Alexandre Saubot, le directeur général. Maintenant, il faut que cette amélioration dure."

Depuis deux mois, le climat des affaires dans l’industrie est remonté à son plus haut niveau depuis 2011 et les perspectives personnelles des chefs d’entreprise dépassent désormais leur niveau de longue période. Thierry Charles, le directeur général d’Allizé-Plasturgie, une association de PME du secteur, a lui aussi perçu le changement. "Lors des Assises de la sous-traitance, en janvier à Lyon, il y avait un petit regain d’optimisme dans les rangs qui était loin d’être la norme l’an dernier", sourit-il. 

L’embellie reste toutefois fragile. La hausse de la production industrielle ne devrait pas dépasser 1% d’ici à l’été, après – 2,8% en 2012 et + 0,5% en 2013. Et elle se fait sur des bases industrielles réduites. La production reste toujours inférieure de près de 17% aux volumes produits avant la crise, même si la chimie et la mécanique devraient avoir retrouvé leur niveau de 2007 d’ici à la fin de l’année. 

Les entreprises industrielles ont appris à s’adapter. "On a demandé aux commerciaux d’être plus agressifs. Nous proposons à nos clients de plus en plus de services et de prestations intégrées pour faire la différence", explique Jean-Claude Reverdell, le directeur commercial France de Sew-Usocome. 

Si l’activité est toujours aussi dynamique au deuxième trimestre, nous envisagerons d’augmenter nos investissements en r & D.

Alexandre Saubot, directeur général délégué de Haulotte

Tous les doutes ne sont pas levés. Les débouchés manquent encore. "En France, la consommation des ménages devrait rester atone", juge Ana Boata, l’économiste de l’assureur-crédit Euler Hermès. Résultat : ce sont surtout les entreprises les plus exportatrices qui perçoivent la reprise. D’autant que l’amélioration est générale dans la zone euro. L’Allemagne a affiché en novembre une hausse de 1,5% de sa production industrielle et l’Espagne devrait retrouver de la croissance, après avoir redressé sa productivité.

Selon Euler Hermès, les entreprises françaises pourraient capter 18 milliards d’euros de demande supplémentaire pour leurs produits dans le monde, surtout dans les pays développés. De quoi doper leurs exportations de 4% et faire tourner les lignes de production. "Par rapport à 2007, les entreprises françaises ont fortement augmenté leur taux d’exportation. Elles sont davantage en mesure de profiter de la croissance mondiale", renchérit Renaud Buronfosse, le chef économiste de la Fédération des industries de la mécanique (FIM). Un bon point, même si les risques n’ont pas disparu. Depuis plusieurs semaines, Philippe Frantz, le président du groupe Réel, spécialiste de la maintenance d’équipements, surveille de près les chutes des monnaies des pays émergents. "En Russie, au Brésil ou en Inde, le coup de frein se fait déjà sentir", se lamente le patron, qui souffre sur un marché français "proche de l’encéphalogramme plat".

 

Enclencher un cercle vertueux

L’économie française peut-elle passer la vitesse supérieure Il le faudrait. Pour enclencher un cercle vertueux, tout dépendra des investissements. En 2013, ils avaient reculé de 1,8%. Même si les taux d’utilisation des usines sont au plus bas, les entreprises doivent maintenir à niveau leurs machines vieillissantes. "Certains biens d’équipement achetés en 2007 ou 2008 doivent être renouvelés", décrypte Renaud Buronfosse.

Pour accélérer le redémarrage, François Hollande a dégainé le pacte de responsabilité, synonyme d’une nouvelle baisse de charges. Encore faut-il qu’il soit mis en œuvre rapidement. "Si l’activité est toujours aussi dynamique au deuxième trimestre, nous envisagerons d’augmenter nos investissements en R & D ou dans la prospection commerciale", résume Alexandre Saublot, le directeur général délégué de Haulotte. Selon l’Insee, il n’est pas le seul à le penser. 

Trois indicateurs d’une amorce de relance

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle