Des politiques au chevet de Gemalto qui poursuit son plan social

Après Jean-Luc Mélenchon, c’est au tour de Benoît Hamon de se rendre sur le site de Gemalto à La Ciotat pour apporter son soutien aux salariés menacés de perdre leurs emplois. Le plan social de la direction prévoit la suppression de 262 postes sur trois sites en France.

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Des politiques au chevet de Gemalto qui poursuit son plan social
Grève de salariés de Gemalto le 12 décembre 2017.

Après Jean-Luc Mélenchon, président de la France insoumise et député des Bouches-du-Rhône, c’est au tour de Benoît Hamon, patron du mouvement Generation-s, de se rendre le 6 février 2018 sur le site de Gemalto à la Ciotat. L’ancien député des Yvelines, candidat malheureux du PS aux présidentielles de 2017, veut apporter son soutien aux 126 salariés menacés de perdre leurs emplois.

Pas d'accord sur un plan de méthode

Victime d’un retournement surprise du marché dans ses deux activités historiques, les cartes bancaires et les cartes SIM, le leader mondial de la carte à puce est engagé dans un plan social visant la suppression de 288 emplois en France sur trois sites : La Ciotat, Gemenos et Meudon (siège social). "Compte tenu des départs anticipés et des mutations à l’étranger, le nombre total de postes à supprimer s’établit maintenant à 262, explique à L’Usine Nouvelle Anthony Vella, délégué CFE CGC et membre du comité d’entreprise : 126 à La Ciotat sur un effectif de 700 salariés, 66 à Gemenos sur un effectif de 950 personnes et 70 à Meudon sur un effectif de 650 personnes." Le plan doit être bouclé le 19 avril 2018.

Direction et représentants du personnel se sont retrouvés à trois reprises pour négocier un plan de méthode, c'est-à-dire les modalités de mise oeuvre du plan social. Sans succès. "Tout ce que nous avons réussi lors de la dernière réunion, les 25 et 26 janvier 2018, c'est d’obtenir que le plan soit dirigé le plus possible vers les séniors et qu’il évite autant que possible les départs contraints", confie Anthony Vella.

Changement de la donne par le projet de rachat de Gemalto par Thales

Une nouvelle réunion est programmée les 8 et 9 février 2018. Les syndicats en attendent beaucoup. "Nous voulons que le principe de départ volontaire soit ouvert à tout le monde, et non limité à certaines catégories de fonctions comme l’envisage la direction, détaille le délégué CFE CGC. Nous voulons aussi que les incitations financières soient revues à la hausse. Aujourd’hui, la direction propose 1000 euros par année d’ancienneté en plus des indemnités conventionnelles dans la limite de 15 000 euros. Ce n’est pas à la hauteur des moyens de Gemalto et c’est trop peu par rapport aux deux mois ou deux mois et demi de salaires par année d’ancienneté proposés ailleurs, comme dans le plan de SFR."

Pour les syndicats, le projet de rachat de Gemalto par Thales change la donne, modifie le périmètre de l’entreprise et rend les motifs économiques de suppression d’emploi obsolètes. Thales propose aux salariés, dont les postes risquent d’être touchés par le plan social, d’accéder à sa bourse d’emplois dans les mêmes conditions que ses propres employés. "Mais à ce jour, nous n’avons aucune précision sur les conditions d’accès à cette bourse d’emplois, se plaint Anthony Vella. Et quand nous demandons des informations sur la question, ni Gemalto ni Thales n’osent nous apporter des réponses. Juridiquement, le rapprochement entre les deux sociétés n’est encore qu’un projet. Aucun ne veut prendre le risque de s’engager alors que le rachat n’est pas finalisé."

Risques en termes de souveraineté

La visite de responsables politiques comme Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon est l’occasion pour les syndicats d’attirer l’attention sur les risques du plan social en termes de souveraineté. "Dans leur projet de rapprochement, Thales et Gemalto martèlent leur ambition de se renforcer dans l’Internet des objet et la cybersécurité, explique le délégué syndical. Or le plan prévoit la suppression de 50 postes dans l’Internet des objets essentiellement à La Ciotat et un peu à Meudon, et une dizaine de postes dans l’activité de boitiers de cryptage, présentée pourtant par la direction de Gemalto comme un axe de développement stratégique justifiant le rachat en 2014 de l’américain SafeNet."

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