Des négociations commerciales 2018-2019 décevantes pour les industriels

Les négociations commerciales 2018-2019 qui fixent les prix entre industriels, distributeurs et producteurs ont pris fin le 1er mars dernier. Malgré le climat post Etats généraux de l’alimentation, les industriels déplorent encore des discussions basées sur la baisse des prix. 

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Des négociations commerciales 2018-2019 décevantes pour les industriels
Les négociations commerciales annuelles ont pris fin le 1er mars

Elles étaient attendues avec impatience par tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire. Les premières négociations commerciales depuis l'adoption de la loi Alimentation se sont terminées le 1er mars dernier. Pour les industriels et les producteurs, malgré les espoirs générés par les Etats généraux de l'alimentation, le "compte n'y est pas".

Des négociations basées sur les prix

Les industriels et les producteurs dénoncent des négociations encore trop souvent basées sur les prix. "Les dernières remontées des box de négociations ne sont pas à la hauteur des espoirs soulevés" explique l'’Association Nationale des Industries Alimentaires, le principal syndicat du secteur qui réunit près de 18 000 entreprises. "Les derniers retours des entreprises font état d'alliances à l’achat des distributeurs et centrales internationales qui mettent en place des stratégies pour acheter des produits encore moins chers" ajoute la fédération d'industriels.

Même constat chez Coop de France. L'organisation, qui regroupe 2 500 entreprises-coopératives agricoles et agroalimentaires déplore que le point central des négociations soit resté le "prix". "Le prix reste l’unique levier de négociation au détriment des enjeux de création de la valeur : innovations, enjeux RSE, origine et qualité des produits... Pour ¾ des coopératives, l’entrée en négociation a ainsi porté directement sur une demande de déflation" explique Arnaud Degoulet, président de Coop de France agroalimentaire.

L'exception de la filière lait

Seule la filière lait semble avoir été épargnée par ces tensions déflationnistes. Au cours de ces dernières semaines, les distributeurs ont, en effet, tous signés des accords avec les producteurs pour garantir le prix du lait. "On peut saluer la signature d’accords avec des acteurs de la filière laitière, qui témoignent d’une prise de conscience et d’une volonté de mieux rémunérer tous les acteurs de la chaîne" explique Richard Girardot, Président de l'Ania.

Le dernier accord en date, annoncé en marge du Salon de l'Agriculture, entre le groupe Lactalis et le distributeur Lidl revalorise le prix du lait à 370 euros les 1 000 litres toutes primes confondues. "Ce qui se passe dans le secteur du lait est une bonne nouvelle et montre que la reconquête du prix par les producteurs est possible et pourrait être généralisée" observe Arnaud Degoulet.

Les autres filières à la traine

Reste à savoir quand les autres filières suivront le modèle. Pas en 2018 en tous cas. En effet, selon les remarques de l'Observatoire de la construction des marges et des prix, dans le secteur des céréales ou de la viande, il reste très difficile de répercuter les variations des prix des matières premières sur les prix. "Le coût des matières premières, les efforts et engagements des entreprises pour la montée en gamme et pour mieux rémunérer les agriculteurs, ne sont pas pris en compte" confirme l'Ania. Et Richard Girardot d'avertir "nous savons qu’il faut du temps pour changer les mentalités en profondeur sinon c’est toute la filière qui va droit dans le mur !"

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