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DES MÉDICAMENTS TIRÉS DU FOND DES MERSLa mer recèle des trésors pharmaceutiques que la société Pharmamar recueille depuis quatorze ans pour y découvrir un nouvel anticancéreux. La quête a donné ses premiers fruits : trois molécules sont en cours d'évaluation clinique.

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DES MÉDICAMENTS TIRÉS DU FOND DES MERS

La mer recèle des trésors pharmaceutiques que la société Pharmamar recueille depuis quatorze ans pour y découvrir un nouvel anticancéreux. La quête a donné ses premiers fruits : trois molécules sont en cours d'évaluation clinique.



Comme une grappe de raisin posée au fond de la mer, Ecteinascidia turbinata ondule au rythme des flots, indifférente à son importance pour les hommes. C'est pourtant de cette tuniquée vivant dans la mer Méditerranée et les Caraïbes que la firme espagnole Pharmamar a tiré le premier de ses anticancéreux, l'ET-743, encore en pleine évaluation. La société, qui comprend 120 salariés, est une sous-unité de Zeltia, groupe créé en 1939, auquel appartient également PharmaGen, spécialisée dans les tests ADN. " A sa création, en 1986, la philosophie de Pharmamar était vraiment novatrice : la Terre ayant livré la majorité de ses trésors, il fallait explorer les fonds marins pour y découvrir de nouveaux composés, " rappelle Inmaculata Abella, directrice du marketing.

Une collection de 20 000 échantillons

Le cancer étant l'une des maladies en plus forte expansion, et le manque de nouveaux anticancéreux se faisant déjà cruellement ressentir, Pharmamar se dirige naturellement dans cette direction. Après des années d'exploration au hasard, la compagnie possède désormais une banque de 20 000 échantillons, dont elle a déjà tiré 50 molécules potentiellement utilisables dans le traitement des cancers. " Après quatorze années d'efforts, les résultats s'accumulent. C'est assez rare d'obtenir un tel résultat à partir d'une initiative privée ", expose Inmaculata Abella. La première molécule issue de cette nouvelle approche, l'ET-743, a déjà été testée sur 750 patientes atteintes de cancer du sein. Les essais cliniques de phase II seront bientôt terminés. " Les signes d'activité que nous avons observés nous permettront sans doute d'accélérer le processus d'approbation pour les essais de phase III dans le traitement du cancer du sein chez des patientes résistantes aux thérapies classiques ", s'enthousiasme-t-elle. L'ET-743 possède un double mode d'action original : un effet cytotoxique par interaction avec l'ADN des cellules cancéreuses et une action inhibitrice sur la transcription d'un gène responsable de la résistance aux médicaments des cellules malignes. Directement derrière ce premier composé, l'Aplidine entrera bientôt en essai de phase II. Il est issu d'Aplidium albicans, une autre tuniquée méditerranéenne. Il bloque le cycle de division des cellules et inhibe la production du VEGF, un facteur de croissance impliqué dans la formation des vaisseaux sanguins, étape indispensable au développement d'une tumeur. Un mode d'action qui le rend très indiqué dans le cancer de la vessie ou les lymphomes. Dernier composé à entrer dans l'évaluation clinique : le Kahalalide F, isolé d'Elysia Rufescens, un mollusque d'Hawaï. " Sa capacité à briser la membrane des lysosomes, les réserves à enzymes de la cellule, le rend unique en son genre, précise Inmaculata Abella. Il a montré une activité spécifique des cancers de la prostate et de certains cancers du sein. Les essais de phase I permettront de confirmer l'intérêt de cette molécule. "

Le nombre de composés augmente

La liste des autres molécules entrées dans le circuit de l'évaluation est très longue et devrait encore s'allonger avec le temps. " Les méthodes de criblage et d'analyse, comme l'HPLC (high pressure liquid chromatography) ou la PCR (polymerase chain reaction), nous ont fait faire un bond en avant au cours des dernières années, et nous découvrons sans arrêt de nouveaux composés intéressants dans nos échantillons ", ajoute-t-elle. Ces résultats encourageants confirment la politique de Pharmamar : les nouveaux composés ne sont testés que pour une éventuelle activité anticancéreuse, en tout cas pour le moment. Il est possible en effet que la société étende son activité vers d'autres pathologies, une option qu'elle n'a envisagée que récemment. " Nous voulions vendre notre banque de données après nos tests, et plusieurs acheteurs s'étaient déjà présentés. Nous avons heureusement réalisé à temps qu'une telle collection d'échantillons était un véritable trésor et qu'il nous fallait le chérir ", se réjouit Inmaculata Abella. Loin d'abandonner ce patrimoine, la firme a ainsi décidé de l'agrandir et de le renouveler en créant récemment une nouvelle unité de prospection. Les plongeurs sont donc de nouveau partis sous les mers, à la recherche de la pharmacopée du XXIe siècle.

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