Des machines moins coûteuses et plus performantes

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L’arrivée de nouveaux acteurs tels que les startups parmi les fabricants et l’avènement de nouvelles machines automatisées et/ou hybrides ainsi que de nouveaux services devraient permettre aux PME et aux PMI d’implémenter au sein de leur chaîne de production l’Impression 3D en limitant les coûts tout en ayant un retour sur investissements rapide.  

Des machines moins coûteuses et plus performantes

« Il y a quelques années, la FA était réservée à un public de sachants, très orientés R&D. Sa mise en place était coûteuse et nécessitait beaucoup de compétences pour l’opérer et l’industrialiser. Les nouvelles solutions technologiques proposées sur le marché sont maintenant beaucoup plus intégrées et s’adressent donc à un public plus large. Il n’est plus besoin d’ultraspécialistes pour les mettre en œuvre et en obtenir des premiers bénéfices rapidement. On assiste à une prise de conscience plus aiguë du potentiel et à une vraie démocratisation des technologies additives. La FA devient accessible même à des petites structures. Son potentiel d’innovation est extraordinaire. Elle répond aux enjeux environnementaux de sobriété et produit une nouvelle valeur ajoutée tout en conservant des compétences sur nos territoires. Une vague est en train de monter sur le plan mondial. » annonce Elisabeth Rey, consultante en fabrication additive et ancienne collaboratrice de Cresilas, de Poly Shape et de Lisi Aerospace Additive Manufacturing.

 

Hybridation et nouvelles technologies

Il est vrai que le nombre de startupsproposant de nouvelles technologies est en pleine progression.

Ainsi, la société auvergnate Inetyx a mis au point l’AMW, une machine dont le procédé à fils plats est mono et multimatériaux. Parmi les points forts de cet équipement figure la sécurité. « La mise en œuvre est simplifiée car il n’y a pas de manipulation de poudres : l’exposition des utilisateurs et de l’environnement aux micros et nano-particules métalliques est limitée pendant la production » argumente Patrick Teulet, le fondateur d’Inetyx. De son côté, l’entreprise girondine Sotimeco a conçu un centre de fabrication additive DED baptisé Gicam 1 500. « La machine peut faire du dépôt avec de la poudre ou du fil sur des pièces allant jusqu’à 1,5 mètre de long. Dans une même cabine, il sera possible de choisir quelle tête sera installée » précise Thierry Cousin, le fondateur de la jeune pousse. L’idée de cette dernière est de démocratiser le procédé pour le commercialiser à destinationdes sous-traitants ou des PMI qui ont moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires avec une machine qui sera commercialisée à moins de 300 000 euros contre 1 million d’euros avec les équipements antérieurs.

 « Nous sommes positionnés sur le high Tech. Nous travaillons avec un client pour faire du bi-matériaux métal ce que les machines concurrentes n’arrivent pas encore à faire. Le système de buse que nous avons développé avec L’Onera en soufflerie nous permet d’obtenir plus de précision et une plus grande accessibilité grâce à l’installation des têtes sur un bras robotisé. » La robustesse du procédé est également mise en avant. La Gicam 1 500 permet de contrôler en permanence le débit de poudre. L’un des autres acteurs en phase ascendante est le bayonnais Lynxter. Le fabricant commercialise sa machine-outil de FA modulaire, la S600D qui permet de disposer de plusieurs têtes et de travailler plusieurs matériaux à la fois. 3 environnements sont d’ores et déjà proposés : le filament (thermoplastique), le liquide (silicone) et la pâte (céramique). Le budget moyen pour se doter d’une S600D est de 50 000 euros. La machine s’adresse à des industriels, des centres de recherches et des prestataires d’impression 3D. Airbus, Total, Renault, Matra, Polytechnique (qui a acquis un modèle pour son fablab) et Erpro figurent parmi ses clients. La pépite bayonnaise travaille également avec des partenaires industriels pour développer des solutions clefs en main innovantes. « Jusqu’à présent sur le marché, les machines étaient  mono technologie. Nous avons développé une solution modulaire et évolutive en complément des machines existantes sur le marché en y intégrant de l’hybridation. Nous avons des applications en cours de développement pour le militaire et le pharmaceutique » précise Thomas Batigne, l’un des 3 fondateurs de la startup.

 

Automatisation, autonomie et entrepôt numérique

Autre innovation majeure : cette fois dans le monde de la Stratoconception avec Strat’Auto, la nouvelle machine entièrement automatisée du CIRTES qui permettra de faire des pièces de grande dimension en totale autonomie (2 mètres).

Le prix de revient de Strat’Auto est de moins de 600 000 euros, soit à peu près l’équivalent de l’acquisition d’un centre d’usinage numérique 5 axes. Cela devrait permettre à la stratoconception de séduire un certain nombre d’entrepreneurs, notamment ceux présents dans les domaines des maquettes, de l’outillage de grandes dimensions pour la fonderie, le moulage contact, le thermoformage, le rotomoulage…

Enfin, parmi les nouveaux services proposés qui devraient contribuer à accélérer l’adoption de la FA dans les usines figure la nouvelle solution proposée par Beelse. L’innovation de la startup savoyarde réside sur un logiciel de cloud manufacturing baptisé « BCM (Beelse Cloud Manufacturing) » associé au parc mondial de machines de fabrication additive qui permettrait aux entreprises de disposer d’une grande puissance de production à partir d’un véritable entrepôt numérique. « Notre système repose sur 3 piliers. Il répond à une production immédiate, une fabrication maîtrisée et une production locale. Le tout s’inscrit dans une démarche qualité. La FA apporte de l’innovation dans les process. C’est une nouvelle façon de produire qui va devenir la norme dans les années à venir comme le téléphone portable. Avec notre solution, il sera possible de lancer une production n’importe où dans le monde, au plus près du client final, car notre logiciel connaîtra la disponibilité de toutes les imprimantes 3D installées sur le globe qui sont connectées à BCM. Notre système est une réponse à la nouvelle loi prévue en 2023 où les industriels ne pourront plus jeter leur stock ou encore de pouvoir élever l’indice de réparabilité des équipements distribués dans les magasins d’outillage en mettant à disposition des pièces détachées produites par un parc de machines 3D. » confirme Yannick Marion, CEO et cofondateur de Beelse. La startup vient de signer un partenariat avec la Boîte à Outils plus connue sous l’enseigne L’entrepôt du Bricolage (groupe Samse). Dans cette optique, l’enseigne utilise BCM pour produire des pièces détachées de façon immédiate et au plus près du besoin ainsi que pour commencer à intégrer les nouvelles exigences de la Loi anti-gaspillage qui entrera en vigueur d’ici 2 ans.

« Le nombre de fabricants et d’offreurs de solutions a augmenté partout sur la planète. Aujourd’hui, le frein à l’adoption de la FA est plus culturel que technologique. Il est difficile de libérer la créativité, susciter l’adhésion de ses collaborateurs, clients et partenaires pour innover et aller au-delà de son cœur de métier, sans introduire plus d’agilité dans les organisations et le management. Avec la FA, on vient bousculer la chaîne de valeur, revisiter la chaîne d’approvisionnement et donc le modèle économique pour anticiper ou répondre aux nouveaux usages. Elle permet d’optimiser les ressources pour offrir un maximum de fonctionnalités et de performances à la demande. Du jamais vu ! La FA a un rôle à jouer pour la relance économique, notamment au sein de nos PME créatrices de richesses et d’emplois sur nos territoires. Elle leur permet d’optimiser les processus actuels tout en préparant une offre d’avenir (temps accélérés de développement et mise au point d’un produit, stock réduit de matière première et de pièces détachées, fabrication personnalisée à la demande et au plus près du besoin). En synthèse : la FA est à considérer comme un outil pédagogique et productif mais pas seulement. Elle peut amener l’entrepreneur à disrupter son marché tout en relocalisant la valeur ajoutée. Elle s’inscrit « en positif » dans le plan de relance français » insiste Elisabeth Rey.

 

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