« DES LEJABY, IL Y EN A DANS TOUTE LA FRANCE »

Envoyé au chevet de l'usine Lejaby, Arnaud Montebourg endosse désormais le costume de « Monsieur Usines » dans la campagne du candidat PS. Il revient sur sa vision de l'industrie.

Vous entamez un tour de France des usines au nom de François Hollande, quelle est votre mission exactement ?

D'abord aller là où ça va mal, et encourager là où ça va bien. Et surtout bâtir. Nous faisons des propositions fortes : c'est la première fois qu'un candidat socialiste s'intéresse à l'industrie. D'ici à la fin avril, nous avons programmé des déplacements dans une quinzaine de départements, où je visite plusieurs sites à chaque fois. Le tour des usines, c'est d'abord une façon d'être présent sur ce front difficile. Les forces sociales sont très patriotes dans la défense de leurs outils de travail et les forces économiques sont désemparées. Certains patrons de l'industrie ont le sentiment d'être abandonnés par les pouvoirs publics aujourd'hui.

Quel est votre objectif ?

C'est d'inscrire la ré-industrialisation comme grande cause nationale devant mobiliser l'ensemble les forces économiques, politiques, y compris la population. Pourquoi ? Parce qu'on est en zone rouge. Là où d'autres pays industriels comme l'Allemagne, avec 6 milliards d'euros investis, ont utilisé le chômage partiel massivement, nous avons jeté l'argent par les fenêtres dans des cadeaux fiscaux inconsidérés. La conséquence, c'est que nous avons perdu beaucoup plus d'outils de travail, de savoir-faire, de capacités techniques et de capacités de production !

Un repreneur a été trouvé pour Lejaby. Mais y a-t-il d'autres Lejaby en France ?

D'abord, chez Lejaby, il reste trois usines et 450 emplois à sauver. Ceci dit, des « Lejaby », il y en a dans toute la France. Je suis allé en Ardèche voir Chomarat. Un site de textile synthétique pour les voitures, très innovant technologiquement, avec un actionnariat familial et industriel, qui supprime 180 emplois. Dans mon département, nous n'avons fait que cela depuis quatre ans, et nous étions tout seuls, les préfets n'avaient aucune solution. Je passe ma vie dans les usines ! J'ai vu partir Kodak, j'ai vu Rexam supprimer une centaine d'emplois alors qu'il gagnait de l'argent... Cela n'a pas de sens ! Ce capitalisme-là est devenu prédateur, cupide et destructeur. Il faut l'humaniser. Pour cela, il va falloir prendre des mesures très restrictives contre la finance et favoriser l'industrie.

La semaine où la France vend peut-être pour la première fois le Rafale de Dassault à l'export, n'est-il pas délicat de tenir un discours sur la démondialisation ?

Est-ce que vous avez essayé de résonner à l'envers ? Les Indiens eux-mêmes sont protectionnistes, beaucoup plus que nous. Il y a une intoxication générale à cause d'années de dogmatisme. Concernant le contrat, j'ai juste noté que nous allions construire 18 avions, et que tous les autres, ce serait du transfert de technologie pour que le Rafale soit la propriété technologique des Indiens. C'est la démonstration qu'il faut réindustrialiser notre pays au lieu de continuer à donner nos technologies à des pays, non pas émergents mais émergés, et leur permettre ainsi d'économiser soixante-dix ans de recherche scientifique. Il y a une guerre économique mondiale et il faut se réarmer !

Mais dans des secteurs comme le textile, même si les Européens innovent, c'est difficile d'être compétitifs...

Le protectionnisme est inéluctable. L'Europe est la première puissance économique au monde, avec un demi-milliard d'habitants, et nous acceptons les lois fabriquées par d'autres ? C'est nous qui devrions faire la loi du monde ! Réveillez-vous les Européens, vous êtes colonisés par vos adversaires économiques ! Le transfert de technologie ne peut être fait qu'à titre temporaire et exceptionnel.

Pensez-vous que le rapport de la Cour des comptes conforte la filière électronucléaire comme un élément essentiel d

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