Electronique

DES J.O. À L'OMBRE D'IBM

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IBM gère l'intégration de systèmes des J.O. d'Atlanta. Big Blue utilise pour cela l'expérience acquise au cours de multiples Jeux, mais en remettant les pendules à l'heure de l'architecture client-serveur.  

 


Aucun des grands sponsors des Jeux d'Atlanta n'est aussi omniprésent qu'IBM. Il a pris en charge la maîtrise d'oeuvre de tout l'édifice informatique des Jeux. La note est salée. Au bas mot, 45 millions de dollars. Le prix à payer pour exhiber son logo à peu près partout durant les J.O. Pour faire aussi la preuve que, quoi qu'on en dise, les " mainfra- mes " ne sont pas morts et que, pour une architecture informatique aussi complexe que celle d'une très grande entreprise, le " tout-IBM " a encore ses vertus. Au bout du compte, si la démonstration est convaincante, ce n'est pas si cher payé ! Paradoxalement, IBM se montrera relativement discret au niveau le plus apparent. La plupart des grosses applications greffées sur son édifice informatique porteront en effet les sigles de neuf entreprises, dont Kodak pour l'imagerie, Sensormatic pour la sécurité, Swatch pour la mesure du temps, ou encore Xerox pour la documentation. Mais que l'on ne s'y trompe pas : derrière ces vitrines, c'est Big Blue qui fait tourner les machines ! La documentation en temps réel, par exemple, sera réalisée sur cent vingt-quatre imprimantes couleur laser ultrarapides de Xerox. Mais toutes sont connectées sur l'architecture client-serveur d'IBM. Pour les Jeux olympiques, avec leurs cinq anneaux entrelacés, IBM ne pouvait pas faire moins que d'appliquer sa technologie favorite de réseau local : l'anneau à jeton (Token Ring). Il n'y en aura pas cinq, mais... trois cents ! C'est cela, le client-serveur. Du côté des machines, Big Blue se déplace à Atlanta avec la grosse artillerie. Quatre grands ordinateurs S/390, quatre-vingts mini-ordinateurs AS/400 et sept mille PC, dont quinze cents pour le seul Acog.

Et ce ne sont pas moins de trente-sept applications spécifiques, fondées sur l'expertise acquise depuis sa première participation olympique - en 1960 - qui tourneront sur ces systèmes. D'un point de vue pratique, IBM a divisé son travail en quatre grandes tâches, visant des utilisateurs différents. Pour la communauté électronique, un site a, bien sûr, été installé sur l'Internet. On y découvrira les résultats accompagnés de commentaires pratiquement en temps réel. Avec la montée en puissance fulgurante de l'Internet, IBM a d'ailleurs lancé, avec un certain succès, un commerce électronique (billetterie, merchandising) qui n'était pas au programme lors du lancement du projet Atlanta. Pour les spectateurs des Jeux présents sur le site, c'est un service d'information accessible par kiosque interactif qui a été développé. Il délivrera des informations sur la météo locale, les dernières actualités, le programme des Jeux ou encore des biographies d'athlètes. La presse, quant à elle, pourra se reposer sur un système d'information lui apportant tous les résultats et statistiques en temps réel. Enfin, la gestion des Jeux proprement dite repose sur un réseau d'AS/400.

La tâche d'IBM est colossale. Son expérience des Jeux olympiques lui permet toutefois de l'alléger quelque peu. Nombre d'applications développées pour Atlanta sont en fait issues d'applications plus anciennes. C'est ainsi de Barcelone que vient le système d'accréditation des participants. Il leur fournit dès leur arrivée une identification et gère, entre autres, l'autorisation de leur accès aux différents sites olympiques. Toutefois, le système d'accréditation de Barcelone tournait sur un mainframe traditionnel (un 3270). Remettre les pendules à l'heure du tout-réseau a imposé une migration de l'application pour qu'elle fonctionne sous une architecture client-serveur. C'est bien le moins que l'on puisse faire ! L'impératif client-serveur démontre en passant tout l'intérêt pour IBM de l'acquisition de Lotus.

Ce n'est en effet qu'en intégrant Lotus Notes à l'édifice d'ensemble qu'IBM a fini par trouver le moyen de répondre à une demande de l'Acog, à savoir la gestion et la coordination de tous les problèmes de sécurité rencontrés sur les sites olympiques. Du côté des applications, Atlanta ne représente ainsi guère plus qu'une évolution. En revanche, le passage massif à une logique de réseau, par opposition à plusieurs systèmes centrés sur des mainframes séparés, constitue bel et bien un changement radical. Là, Big Blue a été poussé dans ses retranchements. Pour des raisons de coût et de fiabilité, l'organisation d'Atlanta n'utilisera pas de réseau ATM, mais la technologie plus éprouvée du " frame relay " (relais de trames), le tout sur une infrastructure physique hybride mêlant des lignes à haut débit (T1, T3) et des lignes RNIS. L'ensemble ne risque pas d'être surdimensionné. En dix-sept jours, les Jeux récolteront quelque 3 téraoctets de données. Soit 3 000 milliards d'octets. Soit l'équivalent du con- tenu de trente mille années d'un quotidien !

USINE NOUVELLE N°2555
 

 

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