Des ingénieurs made in Shanghaï

27 ANS C'est, d'après le consulat, l'âge moyen de la population venue de l'Hexagone à Shanghaï. Les trois universités de technologie françaises ont signé un partenariat avec l'université de Shanghaï pour former ensemble de jeunes ingénieurs ayant une ouverture internationale. À l'heure des premières soutenances de stage, quel bilan tirer de cette expérience au coeur de l'ex-empire du Milieu ?
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De vastes pelouses, des bâtiments flambant neufs, un stade à faire pâlir le maire d'une ville moyenne, bienvenue sur le campus de Bao Shan, à Shanghaï. Sur place, 40 000 jeunes vivent et étudient, loin des bruits de la ville chinoise qui ne s'arrête jamais. En ce début juillet, le campus a des allures d'oasis de sérénité, car les cours ici aussi sont finis pour tout le monde... ou presque.

Dans un bâtiment climatisé, une petite vingtaine d'étudiants français soutiennent leur rapport de stage. C'est la première promotion de l'Utseus - l'université de technologie sino-européenne de l'université de Shanghaï - un projet commun développé par l'université de Shanghaï et les trois universités de technologie françaises (Compiègne, Troyes et Belfort-Montbéliard).

Un vrai cours de management interculturel en trois dimensions

Pour le président de l'université technologique de Compiègne (UTC), Ronan Stephan, cet échange est au coeur de ce que doit être l'ingénieur de demain : un spécialiste en sciences bien sûr, mais pas seulement. « Un bon scientifique doit savoir décider dans un environnement complexe. C'est aussi ce dont les entreprises ont besoin. » Pour atteindre cet objectif, le président insiste sur l'importance de la formation en sciences humaines, un des piliers des universités de technologie. Et l'année passée en Chine, à l'instar du tour d'Europe du savant de la Renaissance, participe de cette formation humaniste.

Imaginez le dépaysement. Sur la poignée de volontaires retenus, la plupart ne parlaient pas un mot de chinois à leur arrivée. Un an plus tard, à l'heure de la soutenance, ils sont devenus familiers de l'ex-empire du Milieu et de ses particularismes. L'un vous racontera à quel point il n'est pas simple d'obtenir des ouvriers l'engagement qu'il souhaitait. Un autre confie à mi-voix que le meilleur fournisseur n'est pas forcément retenu... corruption oblige. Ainsi, Florian, Marie, Bastien, Florence et les autres ont vécu une année loin de leurs repères habituels. Un vrai cours de management interculturel en trois dimensions.

C'est l'une des spécificités de l'Utseus. Si des étudiants français viennent en Chine, l'apprentissage des jeunes UTC ne se fait pas sur les bancs de l'université de Shanghaï. Les élèves ingénieurs qui sont partis sont plutôt de bons éléments. Tous avaient validé la totalité ou presque de leurs UV à la fin de leur quatrième année d'études. Il est difficile de partir à l'autre bout du monde quand on doit repasser des matières.

À Shanghaï, ils ont reçu durant un semestre des cours de langue chinoise et participé à des visites régulières d'entreprises. Le second semestre est consacré au fameux stage : un apprentissage sur le terrain conforme à la philosophie des universités de technologie. D'ailleurs, Zhou Zewei, le vice-président de l'université de Shanghaï, se montre très intéressé par le savoir-faire déployé dans les relations avec les entreprises. Ce dernier estime que « 400 des 500 plus importantes du monde selon le classement de Fortune sont présentes à Shanghaï ». Rien d'étonnant, dans ces conditions, si plusieurs des étudiants français venus pour une année, restent quelques mois de plus.

ET MAINTENANT LA RECHERCHE !

Les universités de technologie et l'université de Shanghaï vont créer un laboratoire de recherche commun sur le thème de la ville. L'objectif est de créer un pôle de recherche de référence mondiale. « La ville comme lieu où une meilleure vie est possible » est justement le thème de la prochaine exposition universelle de Shanghaï. cRonan Stephan, le président de l'UTC annonce qu'on y travaillera sur des thèmes allant de la gestion de l'eau au traitement des déchets, avec une approche pluridisciplinaire. Les deux universités prévoient de travailler avec des entreprises présentes sur place, notamment les géants français du secteur. Les deux partenaires souhaitent réunir un budget de 1 million d'euros par an dans un premier temps.

GUILLAUME ETCHETTO STAGIAIRE AU SEIN DE LA SNECMA DANS LA PROVINCE DU SICHUANUne immersion totale

« Très vite j'ai eu envie de partir étudier à l'étranger. Je ne serai jamais allé seul à Shanghaï. Savoir que nous étions 22 élèves de l'UTC m'a rassuré. Ici, c'est un véritable choc. On est plongé dans une ville qu'on ne comprend pas, on ne peut rien lire. J'ai malgré tout été faire un stage à 2 300 kilomètres de là, dans un joint-venture de Snecma et d'Air China. J'ai dû me débrouiller pour louer une chambre et travailler avec des équipes 100 % chinoises. À la fin de mon stage, la direction de l'entreprise m'a proposé de continuer la mission. J'ai accepté. Après ? Je pense revenir en France, même si j'ai apprécié la grande facilité des rapports humains ici. Mais s'il est aisé de nouer des contacts, le fossé culturel demeure et c'est souvent difficile. »

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