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Quotidien des Usines

Des fissures perturbent le chantier d'Iter

Astrid Gouzik , ,

Publié le

Le quotidien La Provence révèle ce jeudi 7 juin l'existence de fissures microscopiques dans le béton des murs de soutènement. L'exploitant d'Iter, le projet de recherche sur la fusion nucléaire actuellement en cours de construction à Cadarache (Bouches-du-Rhône), doit maintenant répondre aux demandes de l'ASN.

Des fissures perturbent le chantier d'Iter © F4E

"Le mois d'avril a été un tournant pour le site de construction d'Iter, et en particulier pour le complexe du tokamak", explique Fusion For Energy - l’agence chargée de gérer la contribution européenne - sur son site. Vraisemblablement, le mois de juin va lui aussi marquer la progression du projet de réacteur nucléaire expérimental.

La Provence révèle ce jeudi 7 juin que des fissures microscopiques ont été détectées dans le béton qui protège la cavité. Les parois verticales de la fosse du tokamak – où sera installé le réacteur – sont touchées. "Des fissures verticales ont été relevées sur ces voiles cotés intrados et extrados", spécifie l'organisme dans une lettre de suite d'inspection. Ces fissures ne dépassent pas 0,5 mm.

Des actions correctives

C’est ce qui a conduit l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) à demander des explications à Iter Organization, comme l’explique La Provence. L’Autorité est d’autant plus pointilleuse qu’Iter est un projet expérimental d’envergure mondiale et que le sujet de la sûreté nucléaire est devenu particulièrement sensible depuis l’accident de Fukushima. Elle demande donc que des "actions correctives" soient menées. Le gendarme du nucléaire "conditionne le démarrage des travaux suivants (janvier 13) à la prise en compte de ses demandes".

L’ASN pointe également des dysfonctionnements. Le suivi de non-conformité aurait été défaillant. Interrogé par Damien Frossard, Pierre Perdiguier, chef de division de l’ASN à Marseille précise : " l ’ équipe d’inspection s’est interrogée sur le fait que ni GTM ni Engage (les deux sous-traitants opérant sur le chantier) n’ont décidé d’ouvrir de fiche de non-conformité (FNC) sur les fissures malgré la détection de ces anomalies." L’Autorité exhorte donc les deux industriels à fournir des explications car celles fournies par GTM et ENGAGE aux inspecteurs de l’ASN n’ont pas été jugées pertinentes, et "ont révélé une culture de sûreté insuffisante", juge l'ASN.

Selon le quotidien régional, l’ASN ne semble cenpendant pas affolée par les fissures. Elles sont microscopiques et les voiles de soutènement ne supportent pas la charge du tokomak. Seule  l’une des fissures sera rebouchée. Les deux autres seront surveillées afin de mesurer leur évolution. Condition sine qua non afin d’obtenir le feu vert de l’ASN qui veut "s'assurer que Iter aura bien tiré tous les enseignements, sur le plan technique et sur le plan organisationnel, des problèmes de fissuration constatés sur les voiles de soutènement avant d'engager les travaux sur le radier supérieur".

Le béton de Flamanville

Si les fissures ne sont pas comparables à celles repérées sur le béton de Flamanville, ce pourrait être un nouveau coup dur pour la filière nucléaire. En effet, le chantier de l’EPR cumule les déboires depuis le début de sa construction. Le 31 août dernier, "Le Canard enchaîné" publie une photo sur laquelle on distingue un trou béant traversé de ferraillages dans un mur de béton. La cause ? Un béton qui n'a pas été assez vibré et ne parvient pas à se répartir de manière homogène dans les coffrages. La matière doit se faufiler dans un enchevêtrement d'armatures métalliques d'une extrême densité. Une difficulté technique dont Bouygues n'avait pas prévu l'ampleur, expliquait alors L’Usine Nouvelle.

Mais pour le moment, à Cadarache, la poursuite des travaux n’est pas réellement remise en cause. L’exploitant a deux mois devant lui pour répondre au courrier de l’ASN daté du 25 mai. Mais Joëlle Elbez-Uzan, chef du bureau de sûrete nucléaire d’Iter Organization met en garde. "Nous avions déjà signalé un manque de rigueur", explique-t-elle insistant sur le fait que les sous-traitants sont épignlés, non Iter Organization.

L’incident induira-t-il de nouveaux retards dans la conduite du projet, qui accuse déjà un retard d’un an ? Cela viendra-t-il alourdir la facture qui est déjà passée de 5 à 15 milliards d’euros ? Des questions que les détracteurs du projet ne manqueront pas de soulever.


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2 commentaires

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09/06/2012 - 20h56 -

Bonjour, Qu'on critique ITER parce que c'est de la fusion, ça coûte cher etc. ok. Mais l'argument final "c'est juste de la recherche appliquée"... Pardon, mais alors, si c'est de la recherche appliquée, au contraire, il faut continuer ! Si on ne faisait pas de recherche appliquée, on n'aurait jamais pu développer des innovations qui s'appuient dessus et qui, elles (les innovations), bouleversent nos modes de vie. Mais sans recherches préalables, pas d'innovations. Argumentation à revoir.
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08/06/2012 - 11h16 -

Bonjour, Écoutez les conférences sur Dailymotion de la chaîne Enquête et Débat, qui a invité le physicien Jean-Pierre Petit et quelques autres. Les conclusions font froid dans le dos. ITER n'a pas d'assurances, de très nombreux obstacles vont le mener à sa perte. ITER n'est qu'une étape avant DEMO, qui lui même n'est pas prévu pour être électrogène, c'est juste de la recherche appliquée. Le réchauffement climatique et la fin du pétrole, c'est maintenant. Les Allemands l'ont compris avec DESERTEC et ANDASOL.
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