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Des dispositifs médicaux dynamiques

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Porté par une myriade de PME, le secteur constitue un nouvel axe de diversification pour l’économie toulousaine.

Des dispositifs médicaux dynamiques
L’implant intravertébral SpineJack devrait être lancé sur le marché américain en 2018.

Toulouse, ce n’est pas uniquement l’aéronautique et le spatial, c’est aussi la santé?», aime à rappeler Jean-Marie Courcier, le président de Biomed Alliance Toulouse, l’antenne locale du cluster régional Biomed Alliance, né en juin?2016 de la fusion entre BioMedical Alliance (Toulouse) et Biomeridies (Montpellier). «?Et la santé, ce n’est pas uniquement le médicament et les biotechnologies, ce sont aussi les dispositifs médicaux.?» Jean-Marie Courcier connaît bien son sujet. Il dirige le site de Cutting Edge à Labège, dans l’agglomération toulousaine, spécialisé dans les produits pour la chirurgie de l’œil, dont des implants intra-oculaires. Si le siège de la société est à Montpellier (Hérault), la R?&?D et la production sont localisées à Labège. Une illustration parmi d’autres du dynamisme de cette filière méconnue.

Quand on parle des dispositifs médicaux à Toulouse, les choses se complexifient très vite, tant les secteurs applicatifs sont nombreux. «?Il s’agit en fait d’une myriade de PME, qui représentent ensemble des milliers de références produits, des consommables à usage unique (seringues, tubulures, kits de soin…) aux équipements de diagnostics les plus sophistiqués, en passant par les implants et outillages les plus divers?», précise Jean-Marie Courcier. Selon un recensement effectué récemment par le Cercle stratégique des entreprises d’Occitanie, le secteur concernerait une centaine d’entreprises, pour un effectif global de 3?500 emplois, ce qui placerait l’Occitanie au quatrième rang national, derrière les régions Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Grand Est. Le gros des troupes est concentré dans l’agglomération toulousaine et affiche des compétences souvent reconnues à l’international.

Hemodia (245 salariés, 23?millions d’euros de chiffres d’affaires), spécialisé dans les sets de soin à usage unique et les produits de plasturgie médicale, engage une nouvelle tranche d’extension de ses locaux à Labège, pour 6,5?millions d’euros. La société se lance dans le développement de dispositifs médicaux électro-chirurgicaux, avec une pompe d’arthroscopie, sortie en 2016, qui fait appel à des compétences en mécanique de précision et en électronique embarquée. Sur la commune voisine d’Escalquens, les Laboratoires Innoset, qui ont inauguré en 2014 un site de production (4,5?millions d’euros), devraient investir 1?million d’euros au cours des prochains mois, avec l’installation d’une seconde unité de stérilisation. Innoset produit des kits de soins stériles adaptés aux soins ambulatoires. L’entreprise joue aussi la carte de l’innovation, avec un kit «?tracheocare?», destiné aux trachéotomisés, et la sortie prochaine d’un nouveau pansement destiné à la prise en charge de chimiothérapies à domicile. À L’Union, Teknimed (50 salariés, près de 10?millions d’euros de chiffre d’affaires), spécialisé dans les biomatériaux, polymères résorbables, ciments pour arthroplastie et rachis et substituts osseux, va aussi s’agrandir, avec l’acquisition d’un nouveau bâtiment de 2?000?m2, qui devrait être réaménagé d’ici à mi-2018.

La présence à Toulouse de l’un des premiers pôles de recherche français favorise l’accès à la recherche et à l’innovation. À la clé, le développement d’équipements médicaux et d’outils de diagnostic de plus en plus sophistiqués, intégrant de la mécanique, des matériaux de nouvelle génération et des systèmes embarqués. La santé est devenue l’un des axes stratégiques du Laas-CNRS (Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes). À son actif, la création à Toulouse en 2015 de deux laboratoires communs, l’un avec Essilor, le numéro un mondial de l’optique ophtalmique et des verres correcteurs, pour le développement de nouvelles générations de verres et lunettes à fonctions actives et connectées, le second, avec une PME régionale, Innopsys, implantée à Carbonne (Haute-Garonne) et spécialisée dans l’instrumentation de diagnostic médical. Le laboratoire devrait aussi valoriser ses travaux autour du séquençage de l’ADN, via un accord de licence avec Picometrics Technologies à Labège, pour le développement d’un nouvel outil de diagnostic.

Passerelles entre la recherche et l’industrie

Une nouvelle start-up, Smart Cash, est en cours de constitution pour développer un système de capture de cellules tumorales circulantes, également issu de travaux conduits au LAAS. De son côté, le toulousain Pixience vient d’améliorer les performances de son dermoscope (dispositif destiné aux dermatologues), grâce à des algorithmes élaborés à l’Institut de recherche en informatique de Toulouse (Irit).

L’ambition est d’accélérer ces passerelles entre la recherche et l’industrie. C’est l’objectif de la plate-forme Edit, créée en 2012 au sein du CHU de Toulouse, qui associe des médecins, des chercheurs et des industriels pour accompagner les projets, du concept jusqu’à la mise sur le marché. «?Une quarantaine de projets, à des stades très divers, sont déjà accompagnés et les premières concrétisations industrielles sont attendues pour 2018?», précise Béatrice Appiah, responsable des projets. Parmi elles, un dispositif d’aide à la marche prévu pour la rééducation et l’autonomisation des personnes âgées, en cours de mise au point au sein de la société toulousaine Safewalker. Une convention signée en 2016 entre les deux pôles de compétitivité Aerospace Valley et Cancer-Bio-Santé, va également dans ce sens. «?La santé offre un vrai potentiel de diversification pour les entreprises du pôle, notamment dans les systèmes embarqués. D’ici à trois ans, cela pourrait concerner des projets labellisés par le pôle?», témoigne Gérard Ladier, le directeur délégué d’Aerospace Valley, chargé des systèmes embarqués et de cette diversification. ??

Vexim impose ses implants


Créé à Balma, près de Toulouse, en février 2006, avec le soutien de Truffle Capital, Vexim est spécialisé dans le traitement mini-invasif des fractures vertébrales. Depuis la mise sur le marché en 2011 du SpineJack, un implant capable de réparer une vertèbre fracturée et de restaurer l’équilibre de la colonne vertébrale, tout est allé très vite. La société a fait son entrée sur le marché boursier Nyse Alternext, en avril 2012, pour accélérer sa croissance. Deux premières filiales sont créées dès 2012, en Allemagne et en Italie. Deux autres suivent en 2013, en Espagne et en Grande-Bretagne. Puis vient le grand export, avec l’Amérique latine, le Moyen-Orient et l’Asie. Vexim a réalisé 18,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016, en progression de 33 % par rapport à 2015. « La croissance devrait être du même ordre en 2017, avec de nouveaux marchés en Australie, en Afrique du Sud et au Brésil, où notre dossier réglementaire vient d’être enregistré », se félicite le directeur général, Vincent Gardès. Le lancement du produit sur le marché américain est prévu pour 2018. Vexim a déjà créé 66 emplois et son effectif devrait continuer à progresser. ??

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