L'Usine Auto

Des diplômes inter-industries pour permettre aux salariés de rebondir

Frédéric Parisot , ,

Publié le

Dans un secteur automobile en crise, nul ne sait de quoi demain sera fait. Spécialiste des pièces techniques en plastique, Faiveley a mis au point un programme de formation permettant aux salariés de monter en compétences, mais aussi de changer de secteur si jamais le besoin s’en fait sentir.

Des diplômes inter-industries pour permettre aux salariés de rebondir © D.R.

Après les machines, les hommes… Entre 2006 et 2008, l’entreprise Faiveley Plast Industry a investi pas moins de 6 millions d’euros dans son parc machines pour répondre aux exigences du marché automobile sur lequel elle souhaitait se positionner. Grâce à ses investissements, elle est parvenue à élever son niveau de qualité, passant de 450 à moins de 10 PPM en deux ans, et à gagner de nouveaux clients parmi lesquels Continental, Jtekt, Valéo ou encore Grupo Antolin.

Mais quand on souhaite produire des pièces à forte valeur ajoutée, les machines seules ne suffisent pas. "Voilà plusieurs années que nous éprouvons des difficultés à recruter des ingénieurs et des techniciens qualifiés", déclare Philippe Barbat, président de la société de plasturgie qui réalise un chiffre d’affaires de 60,8 millions d’euros et emploie 547 personnes. Deux facteurs entrent en ligne de compte : l’attractivité du secteur industriel en général, et l’attractivité du Jura. "Aussi belle que soit la région de Saint-Claude, nous peinons à convaincre les jeunes techniciens de s’y installer", regrette l’industriel.

Un diplôme qui favorise la "réemployabilité"

C’est dans ce contexte que le plasturgiste a décidé de lancer sur son site de Grand-Perret (à Saint-Claude) un cycle de formation diplômant pour les opérateurs. Contrairement aux programmes du même type, cette initiative baptisée Tremplin n’a pas pour seule vocation de rendre les opérateurs plus polyvalents. "Nous souhaitons également augmenter la "réemployabilité" de nos salariés, promet Philippe Barbat. Si un jour l’entreprise devait se trouver en difficulté, il faut que nos employés soient armés pour retrouver rapidement du travail".

Johanna Janody, la directrice des ressources humaines de l’entreprise, a été chargée de mettre au point ce programme de formation. Elle s’est orientée vers un double diplôme : un CQPM (Certificat de qualification paritaire de la métallurgie) associé à un CQPI (Certificat de qualification professionnelle inter-industries). "Ce dernier est valable dans 14 branches professionnelles dont 10 industrielles, assure la DRH. Ainsi, si les salariés veulent ou doivent un jour changer d’entreprise, leur diplôme intitulé "conducteur d’équipement industriel" pourra être valorisé dans d’autres secteurs comme l’agroalimentaire, la pharmacie, le textile, la cartonnerie, l’ameublement, etc.". Un bagage non négligeable pour ces opérateurs dont certains n’avaient jamais passé de diplômes.

Une meilleure compréhension du métier

S’ils ne pensent pas à changer d’entreprise dans l’immédiat, les nouveaux diplômés sont très satisfaits de cette formation qui leur a permis d’avoir une vision plus large sur leur métier. "Quand on travaille toute la journée sur une machine, il est parfois difficile de comprendre les métiers des autres, reconnaît Sylvie Richard, opératrice sur une machine d’injection. Aujourd’hui, grâce à la formation, nous savons par exemple à quoi sert un monteur-régleur et quels problèmes il a à résoudre." Faiveley Plast Industry y gagne des salariés mieux à même d’identifier les problèmes qualité et de les anticiper.

Venu assister à la remise des diplômes jeudi 22 novembre dernier, François Foucquart, directeur de l’unité territoriale du Jura à la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), a salué une initiative dont pourraient s’inspirer tous les industriels de la région. "Faiveley a pris conscience de l’importance d’investir dans les compétences, pas seulement dans les machines, a-t-il déclaré. Surtout, en lançant Tremplin avant même que les premiers effets de la crise ne se fassent ressentir, l’entreprise a fait preuve d’un comportement vraiment responsable vis-à-vis de ses employés".

Le programme Tremplin de Faiveley Plast Industry, c’est déjà 18 employés formés (14 opérateurs 4 techniciens), pour un budget de 90 k€ de budget et un taux de réussite de 93 %. A l’avenir, l’industriel compte étendre la démarche aux autres entités du groupe : d’abord chez Sepal (à Bourgoin Jallieu) dès février 2013, puis à plus long terme dans ses filiales en Chine et en Slovaquie.

Frédéric Parisot

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