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PME-ETI

"Des charges lourdes ne permettent pas de lancer aisément des projets innovants"

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Enquête Hugues-Arnaud Mayer est le président de la commission innovation du Medef. Il est engagé dans des créations d'entreprises innovantes. Selon lui, la clé d'un réveil de l'innovation en France passe par un meilleur partage de la connaissance entre public et privé, et d'une "grande impulsion". Entretien en marge de l'université d'été 2012 du Medef.

Des charges lourdes ne permettent pas de lancer aisément des projets innovants © D.R. - Medef

L'Usine Nouvelle - L'innovation en France, on en parle beaucoup mais elle ne brille pas sur la scène internationale. Comment l'expliquez-vous ?
Hugues-Arnaud Mayer - C'est vrai. Les chiffres ne sont pas en corrélation avec les efforts engagés par la France. L'environnement français est favorable à l'innovation, mais nous oublions souvent le paramètre temps. Pour passer de la recherche fondamentale à la recherche appliquée puis à la mise sur le marché d'un produit, il peut se passer plusieurs mois ou années. Et cela, les statistiques ne le mesurent pas. Cela dit, la France pourrait faire mieux. Toute prise de risque y est très encadrée et cela rallonge d'autant les délais de développement. Nous faisons souvent appel au principe de précaution. Il est clairement plus facile de lancer une innovation en Allemagne ou en Italie, qu'en France.

Seul l'environnement réglementaire est en cause ?
C'est un élément majeur, mais la taille des entreprises est aussi un problème. En France, les dirigeants des PME françaises n'ont pas les moyens d'avoir une vision à long terme. Les PME françaises ne sont pas assez rentables du fait de charges trop lourdes, pour se permettre de lancer aisément des projets innovants.

Vous demandez plus de subventions ?
Non. Pour innover, la France et ses PME n'ont pas besoin de plus d'argent. C'est assez facile de trouver de l'aide et des financements via Oséo, les pôles de compétitivité, les investissements d'avenir, les appels d'offres de l'ANR ou le crédit impôt recherche. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une grande impulsion, maintenant que l'écosystème a été construit.

Une grande impulsion, cela se concrétise comment ?
Il faudrait déjà avoir un État-client plus audacieux. Dans les marchés publics ou collectifs, il n'y a pas de place pour les innovations, puisque l'on demande toujours aux fournisseurs de passer des tests ou de rentrer dans des canons par définition pas adaptés au nouveau produit. Il faudrait aussi mieux organiser le partage de la connaissance entre le public et le privé. Cela peut passer par une plus grande ouverture des centres techniques vers le milieu académique, ce qui les rendrait plus transversaux.

Il faut aussi continuer à motiver les collaborations entre entreprises et recherche publique, mais plus uniquement au plan national, comme l'incitent les pôles souvent trop franco-français. Il faut penser à l'échelle européenne.

Et les entreprises, ont-elles un rôle à jouer ?
Le Medef a lancé, il y a un an, un programme intitulé, volontairement pompeusement, MIT pour Medef innovation territoire. Il vise à identifier des patrons innovateurs qui pourront créer autour d'eux, localement, un club innovation. Il en existe déjà un à Amiens et en Auvergne. En Vendée, il est en cours de constitution. Ces clubs doivent permettre d'insuffler la culture de l'innovation (pas seulement technologique) dans toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, par diffusion virale.

Au Medef, Nous réfléchissons aussi à solliciter les seniors de l'industrie à la retraite, comme le font les Italiens, pour chapeauter les projets de recherche collaboratifs. Ils joueraient le rôle de coordonnateur et apporteraient leur expertise et leur indépendance. Nous pensons aussi tisser des liens avec les commissaires au redressement productif, récemment nommés par Arnaud Montebourg.

Propos recueillis par Aurélie Barbaux et Thibaut de Jaegher

L'USINE NOUVELLE, PARTENAIRE DU MEDEF

C'est un peu le dernier séminaire avant le retour aux réalités de l'entreprise pour les patrons. Comme chaque année, l'université d'été du Medef [du 29 au 31 août] marque la rentrée de la communauté économique. Cette année encore, les conférences concoctées par Laurence Parisot et son équipe sauront surprendre les chefs d'entreprise en abordant des questions aussi diverses que la place des robots dans notre société, celle de l'autorité, de la sélection ou de l'argent. L'Usine Nouvelle, partenaire de l'espace business innovation dédié cette année au numérique, vous permettra de suivre les principaux débats de ces trois journées sur son site usinenouvelle.com.

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