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Des cas de coronavirus en France et en Allemagne mais pas dans certains pays européens plus exposés

Julien Cottineau , ,

Publié le

Quatre cas du coronavirus chinois ont été déclarés en France et un en Allemagne. Selon l’Inserm, d’autres pays en Europe seraient particulièrement exposés, comme le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Espagne, mais sans aucun cas signalé jusqu’à présent.

Des cas de coronavirus en France et en Allemagne mais pas dans certains pays européens plus exposés
Des pays comme le Royaume-Unie, pourtant plus exposés que la France, n'ont pas encore déclarés de cas de coronavirus.
© CDC/Unsplash

Le 2019 n-Cov ne cesse de se propager, essentiellement en Chine. En une semaine les chiffres ont été décuplés, avec plus de 4500 patients déclarés et plus de 100 décès. Une cinquantaine de cas ont été confirmés dans l’ensemble de l’Asie et de l’Océanie. Cinq l’ont été aux Etats-Unis et un au Canada. En Europe, seulement cinq cas ont été officiellement déclarés : quatre en France et un en Allemagne, lequel prouve d’ailleurs la transmission d’humain à humain car ce patient a été infecté en Allemagne et non après un déplacement à l’étranger. Pourtant, selon une équipe de recherche de l’Inserm, de nombreux autres pays européens devraient être concernés.

Cette équipe de l’Inserm travaille en flux tendu ces derniers jours avec des modélisations de cas selon les données officielles disponibles. Selon l’étude en cours, mise à jour presque quotidiennement, à partir d’un seul cas importé en Europe depuis l’Asie, et en considérant les flux aériens avec Wuhan et la Chine, l’Allemagne et la France feraient bien partie des pays les plus exposés, avec respectivement 16% et 13% de chances de déclarer des cas.

Royaume-Uni, pays le plus à risque

Toutefois, le Royaume-Uni serait le plus à risque, avec pas moins de 25% de probabilités, selon l’Inserm ! Viennent ensuite l’Italie (11%) et l’Espagne (10%). Trois pays qui n’ont, au 28 janvier, déclaré encore aucun cas. Pour le reste des pays européens, les proportions sont plus limitées, de 3% pour les Pays-Bas et la Suisse pour les plus exposés. Viennent ensuite la Belgique, la Suède, la Finlande ou encore le Danemark, à 2%.

En Europe, les liaisons directes depuis Wuhan, avant les mesures de mise en quarantaine de la ville, se limitaient à Paris Roissy, Londres, et Rome, ainsi que Moscou et Istanbul même si l’étude de l’Inserm ne couvre ni la Russie ni la Turquie. La modélisation prend toutefois en compte les connexions aéroportuaires intra-européennes. Ainsi les villes les plus exposées en termes de point d’entrée sont Londres, Paris, Francfort, Madrid et dans une moindre mesure Barcelone, ainsi que Milan devant Rome même en absence d’une connexion directe avec Wuhan.

La France efficace

Malgré ces probabilités, l’Inserm ne donne pas d’explication sur l’absence de cas déclarés ailleurs qu’en France et en Allemagne, notamment pour le Royaume-Uni. Vittoria Colizza, chercheuse de l’Inserm participant à l’étude estime qu’il "y a toujours un délai entre importation et détection de cas". Selon elle, plusieurs volets entrent en ligne de compte, comme l’efficacité des mesures de contrôle mises en place par pays, ce qui laisse sous-entendre que la France disposerait d’un système particulièrement efficace en Europe. Certaines personnes, en fonction de la mobilisation des pouvoirs publics sur le sujet de cette épidémie peuvent aussi "être plus alertées" et donc plus promptes à consulter. Or, avec la grippe, qui partage des symptômes avec ceux du coronavirus, "il peut aussi y avoir des personnes infectées qui ne consultent pas ou consultent en retard", ajoute Vittoria Colliza.

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