Economie

Des carrières qui ont tout pour plaire

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Dossier Parcours diversifiés et rémunérations attractives : pour séduire les ingénieurs, les entreprises de la finance déploient le tapis rouge.

Des carrières qui ont tout pour plaire

 

Même s'ils sont de plus en plus nombreux, les jeunes ingénieurs dotés d'une spécialisation en finance restent encore une denrée trop rare par rapport aux besoins du marché. Pour les attirer, banquiers, assureurs et autres fonds d'investissement n'hésitent pas à leur proposer des trajectoires privilégiées.

Des postes variés

Dans les banques, les ingénieurs sont surtout nombreux dans les salles de marchés. C'est là que leurs capacités à jongler avec les formules mathématiques et les statistiques sont les plus appréciées. Les jeunes diplômés sont embauchés comme « traders », « structureurs » ou « quants ». Leur mission ? Modéliser à l'infini en utilisant les mathématiques financières et l'informatique pour analyser et anticiper les comportements du marché et optimiser les portefeuilles. Tout se joue devant les écrans d'ordinateur où ils brassent des milliers de données pour réduire les risques de placements ou de variations de taux de change. Une bonne résistance au stress est indispensable pour ces postes sous constante pression où l'ampleur des sommes qui circulent en quelques minutes ont fait tourner plus d'une tête !

Une denrée rare

1,7 % des jeunes diplômés des écoles d'ingénieurs ont une spécialisation en finance, économie, gestion ou audit

Source : CNISF, enquête 2006

Les assureurs sont aussi friands de l'art des ingénieurs à évaluer les risques. Les jeunes diplômés y entrent comme actuaires, analystes financiers ou ingénieurs préventionnistes. Dans les sociétés d'audit, ils sont recherchés comme consultants juniors pour faire de l'audit ou de l'arbitrage, notamment dans le cadre de fusions/acquisitions. « Les ingénieurs savent faire le lien entre la dimension financière d'une opération et la logique industrielle d'un client », se réjouit Arnaud Franquinet, le DRH de Grant Thornton (900 salariés). Acteurs incontournables de l'industrie, les fonds d'investissement recrutent aussi des ingénieurs, même si les volumes sont moins importants en raison de la petite taille des équipes. Les juniors repèrent des affaires et réalisent les audits stratégiques, comptables et environnementaux indispensables pour permettre aux managers de décider d'une prise de participation ou d'une reprise.
Des trajectoires d'experts ou de managers

De la voie toute tracée au parcours en zigzag, les possibilités sont aussi nombreuses que dans l'industrie. Dans les sociétés d'audit, c'est le premier scénario qui prime. Un jeune diplômé est intégré comme consultant junior avant de devenir « confirmé » après deux ou trois ans. Si tout va bien, il devient manager et, au bout de quatre années environ, prend le titre de directeur. Les plus brillants peuvent devenir associés après une dizaine d'années. « La progression se mesure en fonction de la taille de l'équipe à diriger et de l'importance et de la technicité des missions confiées, explique Martin Huerre, le DRH de Mazars (2 000 salariés). Et plus l'ingénieur évolue, plus il se rapproche du client. »

Le glossaire des métiers

Auditeur financier
Externe à l'entreprise, son rôle consiste à examiner ses états financiers afin d'en vérifier l'exactitude, la sincérité et la pertinence. A l'issue de son étude, il certifie les comptes.

Conseiller en fusions/acquisitions
Intégré dans les départements de « corporate finance », il accompagne les clients dans la réalisation d'opérations d'achat, de vente ou de restructuration d'entreprises. Son rôle ? Evaluer les actifs incorporels, comme les marques, établir une analyse des risques financiers et un audit des process. Il travaille également à la valorisation des actifs.

Quant ou analyste quantitatif
C'est lui qui construit et développe des modèles mathématiques permettant aux gestionnaires de fonds de mieux évaluer la valeur des actifs financiers, et surtout des dérivés. Un moyen de gérer plus scientifiquement leurs opérations en tenant compte des risques et dans la perspective d'un certain seuil de rentabilité.

Actuaire
A l'aide d'études statistiques et de calcul de probabilités, il analyse l'impact financier des risques physiques, économiques et financiers. Il élabore également des modèles sur des événements futurs afin de calculer le montant des primes entrant dans l'élaboration ou la modification des contrats d'assurance. On trouve des actuaires dans différentes institutions financières et les compagnies assurances.

Trader
Travaillant en front-office, il prend des positions sur les marchés, qu'il doit ensuite gérer pour le compte de l'établissement ou d'un tiers. Il est très souvent spécialisé par nature de produit (taux, actions, dérivés) ou par devise. A lui de suivre - et éventuellement de commenter - l'analyse technique, les informations des marchés et la conjoncture économique.

Structureur
Il package l'offre des produits structurés (avec généralement une partie obligataire, destinée à protéger ou à garantir le capital, et une partie en actifs risqués) proposés aux clients. Du montage à la conception, il intervient en intégrant les objectifs financiers de son interlocuteur ainsi que les normes comptables et les contraintes légales, réglementaires et fiscales.


Si cette évolution hiérarchique est la voie royale, les bifurcations sont possibles, par exemple vers l'actuariat ou vers les services de transactions, en charge des fusions-acquisitions.Dans les fonds d'investissement, les ingénieurs recrutés comme chargés d'affaires peuvent accéder au rang de directeurs, puis éventuellement d'associés, avec un rôle de plus de plus prégnant dans les négociations lors des acquisitions. Ils suivent également les sociétés rachetées en vue de leurs cessions.

Dans les banques d'investissement et les sociétés d'assurances, la ligne droite est moins systématique, surtout dans les grandes structures. La mobilité est géographique autant que fonctionnelle. « On n'est pas cantonné dans la filière technique », insiste Gilles-Emmanuel Bernard, le DRH du groupe AGF, qui compte un tiers d'ingénieurs dans son comité exécutif. Un ingénieur peut devenir commercial, voire DRH. Ceux qui préfèrent rester sur les marchés (obligataire, actions...) en ont la possibilité. Chez Dexia, un quant passe trader ou structureur s'il le souhaite. Seule contrainte : garder son poste au moins deux à trois ans.

Des salaires généreux

Les salaires des rois de la finance font rêver plus d'un jeune ingénieur. En 2006, le trader le mieux payé au monde - un Américain de 33 ans - a perçu 1,5 milliard d'euros, selon la revue « Trader Monthly ». Un record bien sûr exceptionnel. En France, un jeune de moins de 30 ans touche de l'ordre de 35 000 euros brut par an dans la finance, contre 31 050 euros dans l'industrie (salaires médians), selon le Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France. Et l'écart se creuse au fil des années. Entre 35 et 39 ans, le financier reçoit plus de 55 000 euros, contre 47 000 euros pour l'industriel.

A 27 ans, il est à la tête d'une équipe de 20 personnes

Bruno Cappe de Baillon, diplômé de Polytechnique et de Télécom Paris. Responsable du service indemnisations corporelles médians aux AGF à Paris

A sa sortie de l'X en 2001, Bruno Cappe de Baillon enchaîne avec deux années à Télécom Paris. Sa motivation ? « Approfondir ma connaissance générale des systèmes d'information », explique ce jeune homme de 27 ans. Son diplôme en poche, il postule aux AGF et rejoint le programme « pépinière » de l'assureur. Celui-ci prévoit, sur un an, la réalisation de plusieurs missions dans différents métiers. Après ce parcours d'intégration, il opte pour la filière indemnisation. Et démarre comme chef de projet avant de devenir responsable d'une équipe de 20 personnes. Un poste où il se sent comme un poisson dans l'eau : « J'ai été formé à évoluer dans des environnements complexes, à manier les chiffres et à comprendre l'outil informatique. »


Certes, à l'entrée, le salaire dépend du profil et du diplôme : entre 32 000 et 43 000 euros annuels brut chez Mazars, avec 15 % de hausse les premières années. A la Française des placements, une société de gestion d'actifs, la fourchette est un peu plus serrée, entre 35 000 et 40 000 euros. Si tout va bien, les augmentations sont monnaie courante. Chaque changement de poste se traduit clairement sur la fiche de paie. Dans l'audit, l'ingénieur double son salaire entre les postes de junior et de manager. Sans compter les primes et bonus alléchants et l'actionnariat salarié, fréquent dans les grands groupes.

Céline Lacourcelle

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