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L'Usine Santé

Des associations exigent des génériques pour soigner l’hépatite C en France

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Alors que tous les malades de l’hépatite C n’ont pas accès à la nouvelle génération de médicaments, des associations se mobilisent pour une " licence d’office"  autorisant la fabrication de génériques. Les laboratoires pharmaceutiques s’y opposent tandis que le ministère de la Santé fait la sourde oreille.

Des associations exigent des génériques pour soigner l’hépatite C en France
Des génériques de l'hépatite C vendus à l'étranger
© Gaëlle Fleitour

A une semaine de la journée nationale de lutte contre les hépatites, le 25 mai, des associations appellent le gouvernement français à autoriser des médicaments génériques pour offrir un traitement à tous les malades de l’hépatite C. Un sujet brûlant depuis deux ans. A l’époque, le laboratoire pharmaceutique Gilead innove en lançant le Sovaldi, un médicament capable de guérir près de 95% des patients, du jamais vu dans cette maladie jusqu’alors chronique. Le hic : son prix.

Après plusieurs mois de négociations houleuses, le ministère de la Santé arbitre en fixant le prix le plus bas d’Europe. Avec une contrainte : restreindre l’accès à ce produit aux patients les plus graves, atteints de fibrose du foie avancée, afin de ne pas plomber les comptes de la Sécurité Sociale. Les autres devront attendre que leur état s’aggrave pour bénéficier du Solvaldi ou de son concurrent, le Viekirax du laboratoire AbbVie.

Un mécanisme inédit en France, pas à l'étranger

"Cette restriction d’accès aux soins bafoue notre constitution et nos principes d’accès à la santé (…) et vient en totale contradiction avec les efforts déployés par ailleurs pour lutter contre l'épidémie de l'hépatite C", estiment plusieurs associations de patients (Médecins du Monde, AIDES, les collectifs TRT-5 et CHV…). Elles appellent le gouvernement à adopter une méthode jusqu’ici inédite en France, "la licence d’office", afin d’autoriser des fabricants de génériques à produire ces traitements à coûts très réduits. Un mécanisme "rendu possible dans le cadre des flexibilités de l’accord international sur les droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC)" utilisé par le passé dans d’autres pays – Brésil, Canada, Inde, Italie… - pour d’autres pathologies, selon Françoise Sivignon, la présidente de Médecins du Monde.

Des traitements 80 fois moins chers mais pas tous contrôlés

Ces associations donnent jusqu’au 25 mai au ministère de la Santé pour se décider, n’excluant pas d’intenter des actions en justice si elles n’étaient pas entendues. Car en attendant, un nombre croissant de malades n’hésitent plus à acheter eux-mêmes des génériques fabriqués à l’étranger, comme ceux de l’américain Mylan. Ils se les procurent sur Internet, voire se rendent dans les pays fabricants, tels l’Inde ou le Bangladesh. Sur ce marché parallèle, un traitement de 12 semaines contre l’hépatite C serait ainsi accessible dès 550 euros,  contre un prix facial des médicaments brevetés de 46 000 euros en France. Problème, "l’importation de médicaments à titre individuel est encadrée par la législation et pose des problématiques de contrefaçon potentielle et d’inégalité d’accès", insistent les associations.

le laboratoire Gilead se défend

"Il y a un très gros risque que ces médicaments qui se présentent comme génériques ne soient pas contrôlés, qu’on ne sache pas de quoi il s’agit, confirme Michel Joly, le patron de Gilead France. La seule bonne réponse c’est de donner l’accès à tous, la balle est dans le camp de la ministre aujourd’hui !" Mais à ses yeux, pas question évidemment d’importer légalement des génériques alors que ses propres produits sont brevetés et qu’ils permettent d’éviter de nombreux surcoûts en guérissant les malades.

Il propose d’étendre l’accès au Solvaldi, tout en respectant l’enveloppe de 700 millions d’euros annuels (voir encadré en bas de l'article) fixée par le gouvernement pour traiter cette maladie. "On peut le donner sans surcoût pour la collectivité, et s’il y a un risque de dépassement, nous sommes tout à fait ouverts pour dialoguer avec les autorités", affirme Michel Joly. A l’étranger, Gilead a donné ses brevets et ses méthodes de fabrication à huit génériqueurs indiens pour proposer le Solvadi à 300 dollars le flacon mensuel dans 91 pays à faibles revenus. Une stratégie qui lui permet aussi de contrôler ces pays, aux yeux des associations. L’entreprise s’est également engagée à proposer elle-même son produit à 300 dollars en Inde et en Egypte, les pays à la plus forte prévalence d’hépatite C.

Gaëlle Fleitour

 

Comment l’hépatite C est traitée en France

L’Hexagone comptait 350 000 malades de l’hépatite C en 2011. Depuis 2014, l’Etat met à disposition des patients les plus critiques la nouvelle génération de médicaments, tout en obligeant les laboratoires à reverser à la Sécurité sociale une partie de leur chiffre d’affaires au-delà d’un certain seuil de remboursements (450 millions d’euros en 2014 et 700 millions en 2015). 26 000 personnes répondant aux critères ont ainsi été traitées en deux ans, mais 50 000 malades moins sévères auraient besoin de ces traitements, selon Yann Mazens, directeur de SOS hépatites Fédération.

 

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