Des aptitudes à mieux valoriser

Les cadres puisent eux-mêmes les ressources qui ne sont pas assez reconnues. L'analyse de notre sondage fait apparaître que les cadres d'aujourd'hui se sentent peu accompagnés par leur entreprise. Si leur savoir-faire technique semble fortement reconnu, l

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Des capacités personnelles
très sollicitées, mais peu mesurables

Les qualités les plus valorisées par l'entreprise
Taux de réponse en %
Ensemble des cadres
1 Savoir prendre des initiatives
81%
2 Etre autonome
80%
3 Etre compétent techniquement dans son métier
80%
4 Savoir s'adapter aux situations nouvelles
79%
5 Avoir un esprit de synthèse
79%
6 Savoir organiser et gérer un projet
77%
7 Appliquer les procédures
76%
Qualités spécifiques à la catégorie "cadres encadrants"
1 Etre meneur d'hommes
78%
2 Savoir organiser le travail en équipe
77%
3 Savoir prendre des décisions rapidement
76%

Les qualités insuffisamment reconnues
Ecart en % entre les qualités valorisées par l'entreprise selon les cadres et celles qui sont les plus importantes à leurs propres yeux.
Ensemble des cadres
1 Savoir gérer son temps
27%
2 Etre pédagogue
25%
3 Rester calme dans les situations difficiles
22%
4 Savoir écouter, être ouvert aux idées des autres
21%
5 Savoir repérer les informations pertinentes
21%
6 Savoir déléguer
21%
7 Savoir accepter et prendre en compte la critique
19%
Qualités spécifiques à la catégorie "cadres encadrants"
1 Savoir apprécier le climat social dans son équipe
29%
2 Savoir motiver ses collaborateurs
25%
Parmi les qualités les moins reconnues et importantes aux yeux des cadres: gérer son temps, rester calme face aux difficultés, repérer des informations pertinentes : « Des qualités ?peu visibles? », souligne Jean Bismuth, directeur associé de Sociovision.

Témoignage


JEAN-PIERRE DARRICAU
Directeur général division hors foyer chez Nestlé France



Emprunter les recettes
de management des sportifs

«Je m'inspire beaucoup de l'esprit qui règne dans une équipe de football. Lors de la Coupe du monde, en 1998, la connivence des joueurs, bien pilotés par Aimé Jacquet, a été la force des Bleus. Que le joueur soit sur le terrain ou sur le banc de touche, il a la même foi.J'essaie d'insuffler la même vision des choses à mes collaborateurs. Cela passe notamment par l'écoute, le dialogue et la confiance. Toutes ces qualités améliorent les relations de travail et, par conséquent, les résultats de notre équipe. »

TROIS QUESTIONS A
Daniel NGUYEN NHON

Consultant en gestion de stress et en coaching à l'Institut français de l'anxiété et du stress (Ifas), co-auteur de « N'obéissez plus ! » (Editions d'Organisation)
En quoi la relation entre le manager et ses collaborateurs doit changer ?
« Il ne s'agit plus d'exécuter une instruction sans chercher à comprendre son sens et en quoi c'est cohérent avec la stratégie de l'entreprise. Cela suppose que celle-ci soit diffusée et devienne un bien commun. Dans les organisations matricielles, la stratégie devient la boussole qui permet de hiérarchiser les demandes. »

Quelles qualités devront être les plus valorisées ?
« Pour être ?non obéissant?, il faut être assertif - capable de s'affirmer sans agressivité -, disposer d'une forte autonomie psychique et faire preuve de souplesse. Les cadres sont en contact avec un nombre plus important d'interlocuteurs.
Plus question de compter sur l'interface protectrice du manager. Il faut se prendre en main, en s'affirmant, en s'adaptant, en arbitrant soi-même et en résistant aux pressions. Les managers devront faire évoluer les comportements, tels de véritables coachs. Qu'ils ne désespèrent pas ! Les compétences humaines que j'évoque s'apprennent toutes. »

Quels bénéfices pourront en tirer les entreprises ?
Développer les compétences humaines et la flexibilité comportementale, c'est de l'or pour toute entreprise. Quand un collaborateur cherche à bien saisir le sens d'une instruction, cela ne peut qu'améliorer l'efficacité. Il est plus aisé d'exécuter un ordre dont on comprend bien la logique : le sentiment de contrôle est renforcé. Du coup, on dépense moins d'énergie et on est moins stressé. »

Propos recueillis par S. l.

Témoignage

JEAN-LUC TESNIÈRE

Directeur central des ressources
humaines de DaimlerChrysler France


Evaluer avec des critères manageriaux
« Nous commençons à réfléchir à une évaluation des compétences manageriales de notre encadrement. Nous venons donc de mener un audit auprès d'une centaine de cadres afin d'avoir une vue globale de nos forces et de nos faiblesses. Jusqu'à aujourd'hui, nous avions une évaluation qui portait sur des critères professionnels et techniques. Pour la première fois, nous introduisons, en 2002, des critères qualitatifs. Avant d'aller plus loin, l'objectif est de faire entrer cette idée dans les têtes, car il y a toujours une crainte liée à la mesure d'éléments qualitatifs. »

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