Des anomalies, voire des falsifications, dans l’usine Areva du Creusot

Un nouvel écueil pour Areva. Un audit sur l’outil de production révèle que la forge du Creusot présenterait plusieurs anomalies touchant la production de pièces pour les îlots nucléaires. D'après Ségolène Royal, les résultats de l'enquête montreraient que les premières pièces testées sont "conformes" mais que "ce sont les documents qui ont été mal faits." 

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Des anomalies, voire des falsifications, dans l’usine Areva du Creusot

Vendredi 29 avril, Areva dans un court communiqué rendait publique une information potentiellement dévastatrice pour la filière nucléaire tricolore. "L'audit qualité des sites de fabrication d’équipements d’Areva lancé fin 2015 se poursuit. Concernant l’usine du Creusot (Saône-et-Loire), il a permis à ce stade de mettre en évidence des anomalies, en cours de caractérisation, dans le suivi des fabrications", peut-on lire. Un coup dur pour cette usine pointée du doigt depuis la découverte de graves malfaçons sur le couvercle et le fond de la cuve de l’EPR en construction à Flamanville (Manche).

L’anomalie ne serait donc pas un cas isolé pour cette usine qui fabrique des équipements d’îlots nucléaires à partir de lingots d’acier. Selon Areva, "ces anomalies relèvent d’actions du passé. L’organisation et les modes de fonctionnement actuellement en vigueur au Creusot ne permettent plus aujourd’hui ce type d’anomalies". L’origine des problèmes proviendrait d’avant l’acquisition de la forge par Areva en 2006, assure-t-on en interne. Depuis 2010, la situation s’est améliorée, révèle l’audit. Auparavant, plusieurs pièces produites présenteraient des écarts en matière de résistance ou de contrôle.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Une usine bientôt chez EDF

Il est trop tôt pour parler de problème de sûreté, assure-t-on. Le résultat exhaustif de l’audit sera rendu le 31 mai prochain. Pour l’heure, le principal incident porte sur la cuve de l’EPR, qui présente des concentrations anormales de carbone interrogeant sur la résistance de la pièce qui abrite la réaction de fission. Mi-avril, EDF et Areva révélaient même que la malfaçon est plus grave qu’attendue. Les deux entreprises vont devoir en conséquence allonger leur programme de tests.

En visite dans l’Usine saône-et-loirienne ce lundi 2 mai, le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron – qui semble avoir pris en charge les dossiers nucléaires –, appelait une fois de plus à la refonte de la filière nucléaire française. L’usine du Creusot est concernée en première ligne car, fin 2016, elle passera dans le giron d’EDF qui acquiert la branche Areva NP en charge de la construction et de la maintenance des réacteurs nucléaires.

"Les premiers résultats sont bons"

Ce mercredi 4 mai sur RTL, Ségolène Royal a indiqué avoir demandé "des explications à Areva". La ministre de l'Ecologie est restée prudente sur les anomalies détectées : "On ne peut pas affoler avant de connaitre les résultats. Il s'agit de pièces très anciennes (...) N'anticipons pas et maîtrisons le processus. Il faut faire preuve de beaucoup de maîtrise et de sang-froid. L'Autorité de sûreté nucléaire a raison d'être très exigeante", a-t-elle assuré.

L'enquête devrait aboutir "dans 15 jours" et "je peux vous dire, sans anticiper, que les premiers résultats sont bons. Les pièces sont conformes et ce sont les documents qui ont été mal faits. Ce ne sont que les premiers résultats, donc je ne vous dis pas que tous les contrôles sont positifs, mais les premiers contrôles sont positifs".

Ludovic Dupin, avec Julien Bonnet

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Energie
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes... Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS