Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine de l'Energie

Derrière son appel à la grève dans l’énergie, la CGT repose la question non triviale du bien commun

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

Analyse Militant toujours pour une renationalisation du secteur de l’énergie sous couvert de service public, la CGT mines-énergie annonce un mouvement de grève national le 19 avril, et des actions jusqu’à fin juin. Pendant ce temps Total rachète Direct Energie.

Derrière son appel à la grève dans l’énergie, la CGT repose la question non triviale du bien commun
Julien Lambert, Sébastien Menesplier et Stéphane Tison lors de la conférence de presse de la CGT mines énergie le 18 avril au siège de la CGT à Montreuil.
© abarbaux

La CGT annonce à partir du 19 avril des actions de lutte pour la défense des travailleurs de l’énergie toutes les semaines et ce jusqu’à la fin du débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui doit s’achever le 28 juin. Au programme, des "coupures ciblées", des "actions de reprise en main de l’outil de travail", le "basculement d’heures pleines à heures creuses", des "interventions sur des concentrateurs Linky" et des "remise en énergie" pour des foyers qui en auraient été coupés, a détaillé Sébastien Menesplier, secrétaire général de la FNME-CGT, lors d’une conférence de presse le 18 avril  au siège de la CGT à Montreuil. 

Participer au débat sur la PPE

Ce mouvement ne s’inscrit pas juste dans une logique de lutte commune aux côtés des cheminots et des étudiants contre la politique du gouvernement. Il est l’occasion de présenter le projet de la CGT pour un retour à un service public de l’énergie, passant par une renationalisation du secteur et une suppression des marchés libre du gaz et de l’électricité. Hasard du calendrier, le matin même, Total annonçait le rachat du numéro 3 de la fourniture d’énergie en France, Direct Energie, symbole de la libéralisation du secteur engagée il y a vingt ans sous l’impulsion de l’Europe.

Dans le cadre de la défense d’un service public de l’énergie, la CGT a déposé sa contribution au débat de la PPE sous la forme d’un cahier d’acteur sur la nécessaire restructuration de la filière, dans lequel on détecte quelques incohérences. Pour n’en citer qu’une, la CGT appelle à la fois à privilégier les énergies renouvelables non électriques (qui ne concurrence donc pas le nucléaire) comme la biomasse ou le biogaz, mais regrette l’absence d’industriels français pour produire des panneaux photovoltaïques !  

Quel service public pour l'énergie ?

Interrogé sur sa vision de ce que doit être aujourd’hui un service public de l’énergie, Sébastien Menesplier répond par la création d’un pôle énergie national provisoire, en attendant la renationalisation des acteurs du secteur mais, sans préciser s’il serait étendu aux nouveaux producteurs d’énergies. Il évoque aussi une gestion plus démocratique de l'énergie pour un prix unique de l’énergie pour tous les Français où qu’ils habitent et une TVA à 5,5% sur la consommation et non uniquement sur la distribution et le transport, (mais sans expliquer comment il financerait le service public). Il prône également, sans surprise, un retour à un service de proximité et milite pour un nouveau statut dédié.

La justification du besoin de revenir à service public national de l’énergie, outre la défense de l’emploi dans la filière, est à chercher dans le fait que "l’énergie est un bien commun, indispensable à la vie", rappelle Sébastien Menesplier.  C’est le cas. Mais est-ce forcément à l’Etat d’en assurer le contrôle, de la production à la distribution, de manière centralisée ? La gestion de ce bien commun ne peut-elle être imaginée de manière plus décentralisée, au niveau des régions, des collectivités locales voire de communautés de gens s’étant choisis ? La possibilité de produire et de consommer individuellement oblige en tout cas à se poser la question.

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle