Derrière le record de commandes, Airbus court après sa rentabilité

Airbus vient d’annoncer un record de commandes pour l’année 2013. Reste que l’avionneur européen s’emploiera dans les prochains mois à devenir plus compétitif.

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Derrière le record de commandes, Airbus court après sa rentabilité

L’anecdote est révélatrice. "Quand je suis arrivé chez Airbus, en 1984, le groupe produisait trois avions par mois", raconte en marge de la conférence annuelle de l’avionneur David Velupillai, directeur marketing. Aujourd’hui, c’est un chiffre d’une toute autre échelle dont il est question : Airbus a livré 626 appareils en 2013 (38 de plus qu’en 2012) et a enregistré 1619 commandes brutes (1503 nettes après annulations). Le match Airbus/Boeing reste très serré : si l’avionneur américain a livré plus d’appareils (648 au total), ses commandes sont légèrement inférieures (1355 commandes nettes). En commandes nettes, Airbus s’arroge ainsi 53% du marché, contre 47% pour son concurrent américain. Des résultats qui ont donné le sourire au PDG d’Airbus, Fabrice Brégier, qui faisait un point d’étape annuel ce lundi 13 janvier à Toulouse.

Des chiffres qui donnent le vertige

Airbus a livré durant l’année 2013 pas moins de 493 A320, 108 A330 et 25 A380. Ces chiffres prouvent la vitalité du secteur aéronautique mondial en 2013. Et l’avenir semble tout aussi radieux. Le carnet de commandes d’Airbus a de quoi faire rêver n’importe quel patron de l’industrie : avec 5559 appareils à produire, il dépasse les huit années de production et atteint une valeur de 809 milliards de dollars ! Les compagnies asiatiques représentent le tiers de ces commandes.

En 2012, le carnet de commandes n’était garni "que de" 4682 appareils. Dans le détail, Airbus doit honorer les commandes de 2610 A320neo, 1688 A320ceo, 267 A330, 812 A350 et enfin 182 A380. Même les ventes longtemps restées à la peine du super jumbo d’Airbus ont décollé fin 2013 avec la commande de 50 appareils par la compagnie Emirates.

 

Moins d’investissements, moins de recrutements

Malgré ces chiffres astronomiques, et alors que le patron d’Airbus Group Tom Enders fait de l’augmentation du niveau de marge une priorité, l’avionneur européen cherche plus que jamais à augmenter sa rentabilité. Les lancements de nouveaux programmes ne sont vraiment pas à l’ordre du jour. "Nous passons d’un cycle où nous lancions de grands programmes, comme avec l’A380 en 2000 et l’A350 en 2007, vers un cycle de développements d’améliorations continues de nos produits", précise Fabrice Brégier.

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Autrement dit, Airbus va procéder dans les prochaines années à des investissements de moindre ampleur sur ses appareils et cherchera à rendre plus compétitif chacun d’entre eux. A l’image de ce qui a été réalisé avec l’A320 neo, version modernisée de l’A320 ceo, qui devrait effectuer son premier vol à l’automne 2014. Le dirigeant d’Airbus parle ainsi "d’innovation incrémentale".

La priorité : La hausse des cadences de production

Alors que les chiffres annoncés aujourd’hui dépassent des records, le niveau des recrutements prévus pour 2014 semble faible, après plusieurs années d’embauches importantes. "Nous avons recruté 16 500 personnes ces cinq dernières années, précise Fabrice Brégier. Nous avons recruté 3 000 personnes en 2013 et nous en recruterons 1 500 cette année." Ce sont en particulier les bureaux d’études qui auront à souffrir de la fin du développement d’appareils tels que l’A380 et l’A350. Dans les prochaines années, Airbus va avancer en rangs serrés.

La rentabilité passera aussi par la capacité de l’avionneur à honorer ses commandes et donc à réussir la montée de ses cadences de production pour chacun de ses grands programmes. C’est surtout le cas pour l’A320, le best-seller d’Airbus. Avec un taux de 42 avions par mois, l’A320 a le taux de production le plus élevé du groupe. Et l’usine de Mobile aux Etats-Unis, qui livrera ses premiers appareils en 2016, devrait encore augmenter ce chiffre.

"Nous devrions annoncer en 2015 au plus tard un niveau de production de 46 appareils par mois", affirme une source interne. Airbus a également profité de l’événement pour annoncer une hausse moyenne du prix de ses appareils de 2,6%.

A Toulouse, Olivier James

Olivier James 

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