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L'Usine Auto

Derrière le possible retrait de Tesla de la Bourse, la revanche d'Elon Musk contre les short sellers

Simon Chodorge , , , ,

Publié le , mis à jour le 08/08/2018 À 17H51

[ACTUALISÉ] Le 7 août, Elon Musk a annoncé envisager la possibilité d'un retrait de Tesla de la Bourse. Cette hypothèse a provoqué un séisme dans les cercles financiers. Les personnes qui ont le plus à perdre sont les short sellers, ces investisseurs qui ont parié sur la dépréciation du titre de Tesla.

Derrière le possible retrait de Tesla de la Bourse, la revanche d'Elon Musk contre les short sellers
Elon Musk, PDG de Tesla.

Actualisation du mercredi 8 août : En quelques tweets, Elon Musk a affolé un bon nombre d’investisseurs. Le 7 août, le PDG de Tesla a confirmé la possibilité d’un retrait de l’entreprise de la Bourse. Cette annonce intervient une semaine après la présentation des résultats trimestriels de la société. L’entrepreneur américain n’a pas encore pris de décision finale. Surtout, un éventuel retrait de la cote dépendra du vote des actionnaires. Il faut donc rester prudent sur le scénario même s'il est à prendre très au sérieux.

En effet, les déclarations d'Elon Musk n'ont rien de paroles en l'air. Six administrateurs de l'entreprise ont publié un communiqué le 8 août pour faire part de discussions entre le PDG et le conseil d'administration sur le sujet. "Cela incluait une discussion sur la manière dont un retrait de la cote pourrait mieux servir les intérêts sur le long terme de Tesla et également la question du financement pour y parvenir", disent-ils.

Les membres du conseil d'administration expliquent avoir rencontré plusieurs fois Elon Musk la semaine précédant l'annonce. Ils étudient maintenant les prochaines étapes.

Dans les cercles financiers, les déclarations d’Elon Musk suscitent une avalanche de commentaires. En attendant, plusieurs raisons peuvent expliquer la stratégie d’Elon Musk.

L’explication officielle

Sur le site de Tesla, dans un message adressé aux salariés, Elon Musk livre une première explication sur cette éventualité : “Être une société publique nous soumet au cycle des résultats trimestriels. Cela met une pression énorme sur Tesla pour prendre les décisions qui peuvent être justes pour un trimestre donné mais qui ne sont pas nécessairement bonnes pour le long terme.”

En tant que société cotée, Tesla doit en effet satisfaire des obligations légales en terme de transparence. Elles comportent notamment la publication des résultats trimestriels et de la rémunération des dirigeants.

La paranoïa contre les short sellers

Dans son texte adressé aux salariés, Elon Musk évoque aussi le spectre des “short sellers”, ces spéculateurs qui parient sur la baisse du cours en Bourse de Tesla et qui ont donc intérêt à voir la valeur du titre se déprécier. “Être public signifie qu’il y a un grand nombre de personnes incitées à attaquer l’entreprise”, écrit le PDG.

Retirer Tesla de la Bourse serait un moyen de se débarrasser de ces détracteurs pour ne garder que les Teslamaniaques. C’est-à-dire les personnes persuadées du succès de l’entreprise sur le long terme et prêtes à perdre un peu d’argent pour la cause du gourou Elon Musk.

Ce n’est pas la première fois que le PDG s’en prend aux short sellers. Sur Twitter, l’homme d’affaires dénonce régulièrement le comportement de ces investisseurs. Elon Musk a parfois répondu de façon sèche aux analystes. Et le milliardaire ne manque pas de s’en prendre aux médias ou aux commentateurs qui critiquent l’entreprise.

Il faut dire que Tesla est particulièrement scruté, dans ses joies comme dans ses peines. Le calendrier de production de la Model 3, les accidents supposément liés à la technologie Autopilot et la récente sortie d’un ex-salarié de l’entreprise ont alimenté les critiques sur l’entreprise. De quoi rendre en effet le PDG un peu paranoïaque.

L’annonce d’Elon Musk sonne en tout cas comme une belle revanche contre les short sellers puisque le titre de Tesla n’a cessé d’augmenter en Bourse depuis ces quelques tweets. Selon des données d’IHS Markit, la valeur des titres empruntés par les short sellers s’élèverait à 783 millions de dollars. Après la diplomatie suspendue aux tweets de Donald Trump, c'est la Bourse secouée par le compte d’Elon Musk.

Quel financement pour le rachat de Tesla ?

Une question demeure toutefois autour de ce plan privilégié par le PDG. Comment financera-t-il le rachat des parts de Tesla aux investisseurs ? Pour l’heure, il envisage de retirer Tesla de la Bourse à 420 dollars par action, ce qui valoriserait Tesla à 72 milliards de dollars. “Financement assuré", déclare simplement Elon Musk sur Twitter mais nous n’en savons pas davantage.

Cette opération représenterait le plus gros rachat d’entreprise par LBO (leverage buy out, acquisition financée par de la dette) dans l'histoire. Le dernier remonte à 2007 avec le rachat à 44 milliards de dollars du groupe énergétique américain TXU Corp par les fonds KKR, TPG et Goldman Sachs.

Certains banquiers d'investissements et certains analystes se montrent sceptiques. Selon Forbes, le patrimoine net de Tesla s'élève à 22 milliards de dollars. Trouver des partenaires et des financements bancaires est donc essentiel pour ce type d'opération. Comment l'entreprise va-t-elle attirer ces partenaires si elle perd de l'argent ?

Le constructeur de voitures électriques est endetté à hauteur de 10,9 milliards de dollars, perd de l'argent et ses obligations sont classées dans la catégorie spéculative par les agences de notation. Sans capacité à accroître son endettement, Elon Musk devra peut-être se tourner vers des sources de financement moins habituées à faire de la dette le moyen de rendements juteux, à l'exemple des sociétés de capital-investissement.

Des financements du côté de la Chine ?

Les fonds souverains étrangers pourraient être une possibilité, estiment des banquiers d'investissement. Une source a déclaré à Reuters que le fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF) avait pris une participation d'un peu moins de 5% dans Tesla.

Le Vision Fund du groupe japonais Softbank, qui compte parmi ses investisseurs les fonds souverains d'Arabie saoudite et d'Abu Dhabi, est aussi considéré comme un partenaire évident, à la vue de son intérêt pour la technologie. Selon une source de Reuters au fait des discussions, le fonds n'a néanmoins pas été contacté par Elon Musk. Par ailleurs, il ne semble pas intéressé, étant donné qu'il possède déjà une participation dans Cruise, la filiale de General Motors dédiée aux véhicules autonomes et concurrente de Tesla. SoftBank n'a pas souhaité s'exprimer à Reuters.

Le géant technologique chinois Tencent Holdings, qui a pris une participation de 5% dans Tesla l'an dernier, pourrait aussi faire l'affaire. Cependant, la Commission des investissements étrangers américaine (CFIUS), chargée d'étudier ces derniers au regard de la sécurité intérieure, examinera de très près toutes les sources de capitaux extérieurs. Toute proposition de financement de la part d'entreprises chinoises pourrait être confrontée à des contrôles encore plus rigoureux dans un contexte de tensions commerciales grandissantes entre les États-Unis et la Chine. Et ce ne serait pas la première fois qu'une opération chinoise serait bloquée au nom de la sécurité nationale.

Avec Reuters

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