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L'Usine Auto

Derrière la montée de l'Etat au capital de Renault, l'ombre de l'Alliance

Pauline Ducamp , ,

Publié le

La montée en puissance de l’Alliance Renault-Nissan pose la question de l’équilibre entre les deux constructeurs.

Derrière la montée de l'Etat au capital de Renault, l'ombre de l'Alliance © D.R.

La volonté de l’Etat de posséder quelque 20% du capital de Renault et de pouvoir faire valoir des droits de vote double lui donnant une minorité de blocage renvoie à la montée en puissance de l’Alliance ces derniers mois. C'est en tout cas ce que croient certains chez le constructeur français. La mise en place des droits de vote double pose surtout la question de la place de Nissan dans l’actionnariat du français et de l’équilibre au sein de l’Alliance Renault-Nissan.

Un équilibre

C'est cet argument de l’équilibre qu'ont avancé le conseil d’administration de Renault et le Pdg Carlos Ghosn pour demander jeudi 16 avril, à l’issue d’un conseil d’administration extraordinaire, de "veiller à la pérennité et à l’équilibre de l’Alliance". "Le conseil d’administration demande également que l’équilibre entre les deux principaux actionnaires de Renault soit maintenu lors de la prochaine assemblée générale ou restauré après celle-ci", affirme le conseil d’administration de Renault dans un communiqué.

Objectif : troisième constructeur mondial

L’équilibre entre Renault et Nissan est la mission première de Carlos Ghosn depuis quinze ans. Formée en 1999, lors du rachat du japonais par le français, l'Alliance ne fut longtemps qu’une coquille vide, basée aux Pays-Bas. Les états-majors de Renault et Nissan collaboraient, mais les liens étaient surtout financiers. Renault possède 44% de Nissan, Nissan 15% de Renault. Depuis l’année dernière, Carlos Ghosn donne une dimension nouvelle à l’Alliance. Quatre directeurs communs gèrent, désormais, l’ingénierie, les ressources humaines, les usines et les achats, avec un pouvoir hiérarchique sur les équipes françaises et japonaises. De plus en plus de managers et d’ingénieurs ne sont plus attachés à l’un des deux constructeurs et relèvent de l’Alliance. "Je suis motivé pour faire de l’Alliance le troisième constructeur mondial, que l’Alliance soit une réussite de l’industrie automobile", a rappelé Carlos Ghosn le 19 janvier, devant l’American-European Pressclub à Paris.

Des synergies concrètes

Cette évolution répond à une accélération concrète des synergies sur le terrain. Après avoir appris à se connaître, les deux partenaires multiplient les codéveloppements, des moteurs communs aux plateformes modulaires, pour répondre aux coûts toujours plus importants des nouveaux programmes de véhicules. "Cette nouvelle structure assure aussi de ne pas avoir un retour en arrière, car tous les domaines seront fortement liés, souligne Georges Dieng, analyste senior chez Natixis Securities. Cela prépare aussi l’après-Ghosn." La question de la fusion pure et simple, sous-jacente, est posée par les investisseurs et les marchés financiers, soucieux de simplicité face à un attelage industriel original. Jusqu’ici, elle a été écartée pour préserver les identités de chaque partenaire.

Nissan, locomotive de l’Alliance

Si elle avait lieu maintenant, elle profiterait surtout à Nissan. En 2014, le constructeur japonais a vendu 5,3 millions de voitures contre 2,7 millions pour Renault. Nissan dégage plus de bénéfices, il est donc en position de force. "Depuis 2013, la performance financière de Renault s’est aussi améliorée, sa valorisation est redevenue positive, Renault dégage des marges et du free-cash-flow", tempère Georges Dieng. Pour l’analyste, les deux groupes convergent, mais la parité est encore loin.

Le rôle de Nissan

Vue de Paris, la montée en puissance de l’Alliance pose la question de l’avenir de Renault, vu la position dominante de Nissan. "On ne peut pas tout à fait donner tort aux inquiets, commente Georges Dieng. Lors de rapprochements récents entre industriels, le gagnant était rarement le groupe français." L’exercice de droits de vote double offre à l’Etat une minorité de blocage pour peser sur l'avenir du constructeur français. Paradoxalement, certains craignent qu’elle ne contrarie les Japonais. L’assemblée générale de Renault, le 30 avril, s’annonce animée…

Pauline Ducamp

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