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Derrière l’interdiction des sacs plastiques jetables, un business à prendre

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Interdits ce 1 er  juillet aux caisses des magasins, les sacs plastiques jetables seront aussi remplacés, dans six mois, aux rayons fruits et légumes par des sacs biosourcés et compostables. Pour s’emparer de ce marché, les industriels français… et le géant allemand BASF rivalisent d’innovation.

Derrière l’interdiction des sacs plastiques jetables, un business à prendre © DR

L’interdiction des sacs plastiques jetables signe-t-elle la mort de la filière industrielle en France ? Pas si sûr. Annoncée en 2014, cette mesure phare de la loi de transition énergétique de Ségolène Royal est enfin mise en œuvre ce 1er juillet aux caisses des magasins. Prochaine étape, aux rayons fruits et légumes, poissons et viandes à partir 1er janvier 2017.

Les sacs à usage unique les plus fins - d’une épaisseur inférieure à 50 microns - pourront être remplacés dans ces étals par des sacs papiers, ou alors biosourcés (utilisant des matières premières naturelles) et compostables. Une opportunité, assure la ministre de l’Environnement. "Des entreprises françaises (SPhere, Barbier, Limagrain, Bagherra, Styl-Pack, La Française des Plastiques…) produisent déjà ce type de sacs. Le développement de ces nouveaux plastiques biosourcés permettra en tout de créer 3 000 emplois sur le territoire national."

Relocaliser le business des sacs fruits et légumes

Depuis la décision de Leclerc de supprimer les sacs de caisses en 1996, la consommation de ces sacs en polyéthylène s’était effondrée, et leur production délocalisée en Asie. Mais les sacs distribués dans les chaines de magasins et commerce de proximité, souvent personnalisés avec le logo de la marque, étaient, eux, toujours à 50% de production française.

Pour compenser le manque à gagner, certains industriels ont donc pris les devants. Misant sur leur expertise en matières premières et plasturgie pour s’emparer du business des sacs fruits et légumes, jusqu’ici fabriqués à l’étranger. Les tests avec des clients de la grande distribution se sont donc multipliés pour être prêts le jour J.

Développer de nouvelles matières premières

"Jusqu’à présent fabriqués à base pétrole et biosourcés à 40% avec de l’amidon, ces sacs devront voir leur taux de matière végétale augmenter chaque année pour respecter les décrets, explique Vincent Colard, chargé de mission environnement du syndicat Elipso, qui représente les fabricants d’emballages plastiques et d’emballages souples. En 2020, ce seront des matières qu’on ne connait pas aujourd’hui."

Comme celle développée par la start-up de chimie verte Carbios, qui planche depuis 2011 sur des enzymes capables de rendre les plastiques autodestructibles naturellement après usage, ou recyclables à l’infini. "Il suffit d’inclure notre poudre au moment de la fabrication des sacs plastiques, assure Jean-Claude Lumaret, le directeur général de Carbios. Notre ambition est de rendre dégradables tous les sacs plastiques, qu’ils soient biosourcés ou issus de matériaux fossiles." Au sein du consortium Thanaplast, il finalise la démonstration du procédé avec des partenaires publics et privés (CNRS, Limagrain, Barbier…) pour produire de l’acide polylactique (PLA) par voie biologique.

La concurrence du géant allemand BASF

Deux acteurs français ont aussi annoncé au printemps une joint-venture pour s’emparer de ce business. Sphère, géant européen des emballages ménagers, connu sous la marque Alfapac et « pionnier des bioplastiques », et Publi Embal & Artembal, numéro un hexagonal de la distribution de produits d’emballages professionnels (dont 3 milliards de sacs fruits et légumes) ont investi chacun près de 50 millions d’euros pour fonder Végéos.

Mais ils doivent faire face à un concurrent de taille : le numéro un mondial de la chimie BASF. Le géant allemand a mis au point Ecovio, sa gamme de plastiques composés d’un polymère compostable et biodégradable (qu’il vend aussi aux fabricants de plastique français !) et de PLA dérivé du maïs ou du manioc. Ils seraient plus résistants aux sollicitations mécaniques et à l’humidité que les simples bioplastiques à base d’amidon proposés actuellement par Sphère ou Limagrain. Et "se décomposent à 100% dans le compost, sans laisser de petites billes plastiques dans l’environnement", assure Olivier Ubrich, le patron de BASF France. Qui jure se battre pour qu’ils soient fabriqués à terme en France, si la demande est au rendez-vous…

Gaëlle Fleitour

 

Avec ces nouveaux matériaux, d’autres marchés à saisir

En développant de nouvelles matières premières biosourcées et compostables pour fabriquer des plastiques, ce n’est pas que le marché des sacs qui s’offre à vous. Le chimiste BASF l’a bien compris. Il décline déjà sa technologie Ecovio pour les sacs à double usage (pour les courses et le tri des déchets organiques, qui sera obligatoire chez tous les ménages à partir de 2025), les capsules à café, les gobelets, les pailles à boire, les barquettes de fraise, les films d’emballage industriel… Ou même des bâches de paillage agricole, qui mettront moins de deux ans à se dégrader dans la terre et apporteraient même un effet engrais, assure-t-il.  

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