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Dernière ligne droite pour l’accord de compétitivité chez PSA

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Une dernière réunion de négociation a lieu mercredi 22 juin. Elle sera suivie d’une réunion technique le 27 juin, au terme de laquelle les syndicats pourraient se positionner. L’accord pourrait être signé d’ici un mois.

Dernière ligne droite pour l’accord de compétitivité chez PSA © Peugeot

Négocié et signé en 2013, alors que la situation économique et industrielle du groupe PSA était plus que précaire, l’accord de compétitivité, baptisé "Nouveau Contrat Social" (NCS) s'achève à la fin de l'année. Les partenaires sociaux sont aujourd’hui en fin de négociation d’un nouvel accord de trois ans baptisé "Nouvel Elan pour la Croissance" (NEC). Du côté du groupe PSA, trois personnes conduisent les négociations : le nouveau DRH groupe Xavier Chéreau, qui a remplacé en juin 2015 Philippe Dorge, parti à la Poste ; Bruno Bertin, DRH France (un poste créé dans la foulée de l’accord de compétitivité précédent) et Franck Bernard, directeur des relations sociales chez PSA France.

Mais les négociations se déroulent dans une ambiance bien différente. "En 2013, il s’agissait de sauver l’entreprise, même si certains n’y ont pas cru. Aujourd’hui, ce n’est plus le même contexte", explique Franck Don, délégué syndical central CFTC, sixième centrale syndicale en termes de suffrages dans le groupe. Le groupe PSA, porté par le rebond du marché automobile européen, est dans une situation financière beaucoup plus confortable. "La direction est néanmoins arrivée avec une proposition très dure visant à obtenir 20 % de flexibilité dans les usines, analyse Christine Virassamy, déléguée syndicale centrale CFDT, quatrième centrale (le syndicat n’avait pas signé le NCS, de même que la CGT). Elle est depuis revenue en arrière sur plusieurs de ses propositions".

Flexibiliser les sites

La direction du groupe PSA veut améliorer la flexibilité des usines en contrepartie d’un engagement sur un niveau de 1 million de véhicules produit en France sur les trois prochaines années. "On ne sait pas si elle va s’engager de façon aussi formelle sur la non-fermeture de sites sur les trois ans qui viennent" fait valoir Jacques Mazzolini, délégué syndical central pour le compte de la CFE-CGC, deuxième syndicat en termes de voix. Le syndicat demande en outre, si le groupe devait procéder à de nouvelles externalisations (telle que celles de 2015), que cela se fasse dans le cadre d’un accord de méthode.

Le  principal point de blocage se situe aujourd’hui autour de la modulation. Cette mesure concerne la possibilité de soustraire des séances de travail (des jours non travaillés sans perte de salaire) ou d’en ajouter (sans que les salariés ne touchent les heures supplémentaires, uniquement les majorations) en fonction de l’activité des sites. Dans le cadre du premier accord de compétitivité, un dispositif de 5 jours à la hausse et à la baisse (-5/+5) avait été institué. "La direction est arrivée avec une proposition de -15/+15", explique Christine Virassamy. Sur le sujet, les positions des syndicats ne sont pas unanimes, certains syndicats pourraient se satisfaire d’un mécanisme -12/+8 proposé par la direction. "Le +8 nous gêne énormément", commente Christian Lafaye, le délégué syndical central Force Ouvrière, qui en fait un point de blocage qui pourrait l'amener à ne pas signer l'accord. "Il faut se rappeler que le NCS a été négocié il y a trois alors que le groupe perdait 7 millions d'euros par jours, et que le NEC est négocié alors qu'il gagne 4 millions par jour", explique le responsable syndical.

Des embauches !

Des négociations sont également en cours sur l’intéressement, le plan d’épargne collective, et les recrutements. Force Ouvrière, première centrale syndicale représentée au sein du constructeur automobile, s’est fendu hier d’un communiqué réclamant 1000 embauches en CDI en sur les trois prochaines années. "C'est un incontournable. Autrement dit, cela n'est pas négociable, explique le délégué syndical central Chistian Lafaye. C'est impossible que nous ne soyons pas entendus"

Force Ouvrière veut également négocier un intéressement à la hausse (le syndicat demande 2000 euros minimum si le résultat est supérieur à deux milliards, alors que la direction proposerait 1800 euros). "Nous demandons qu’un intéressement minimum de 2 000 euros en moyenne soit garanti, quel que soit le résultat, réclame de son côté Jacques Mazzolini (CFE-CGC) et qu’il y ait des répercussions pour les salariés en cas de bons résultats".

Expérimentation à Rennes

Côté CFDT, on insiste pour que la qualité de vie au travail (QVT) soit prise en compte. "Avec le NCS, les conditions de travail se sont dégradées", souligne Christine Virassamy. L’accord signé le lundi 20 juin à Rennes La Janais, qui est en en dehors de l’accord NEC, prévoit d’ailleurs une expérimentation à partir du mois de septembre sur le modèle de celles menées chez Renault à Flins ou chez Toyota"Il s’agit de donner aux salariés plus d’autonomie et de moyens d’expression dans la construction de leur poste de travail avec des standards moins rigides, et de repenser le management. La recherche de productivité s’est faite au détriment de l’ambiance de travail et de la convivialité", explique la DSC CFDT. Le syndicat pousse également pour que l’accord NEC intègre un accord sur la formation professionnelle.

Un accord avant les vacances ?

"Il n’y a pas de divergences insurmontables, juste des curseurs qu’il faut faire bouger", explique Franck Don, délégué syndical central CFTC, qui attend tout de même de voir un projet d’accord de la direction avec des propositions chiffrées, alors que le dernier relevé de conclusion des négociations n’en comporte aucun. La direction pourrait remettre une proposition d’accord aux syndicats dans les prochains jours, avant une dernière réunion technique prévue le 27 juin. Une ou deux séances de négociation pourraient être ajoutées, l’objectif de la direction étant de finaliser un accord d’ici les départs en vacances dans les usines, le 22 juillet. "Le rythme s’accélère, nous sommes dans un sprint !", commente Jacques Mazzolini (CFE-CGC). Résultat de la course dans quelques semaines.

Patrick Déniel

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