Depuis au moins dix ans, la Chine surveille ses voitures électriques et est même capable de les arrêter

Cela fait au moins dix ans que la Chine surveille les véhicules électriques commercialisés sur son territoire. Depuis 2017 et l'explosion de leurs ventes, le gouvernement a même ouvert un centre dédié, capable notamment de stopper les véhicules à distance. En plus des constructeurs chinois, plusieurs sociétés internationales comme Tesla, Nissan et Volkswagen seraient concernées, selon le média anglophone Quartz.

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Depuis au moins dix ans, la Chine surveille ses voitures électriques et est même capable de les arrêter
En plus des caméras, la Chine se sert des données des véhicules électriques pour les surveiller

Depuis au moins dix ans, les voitures électriques commercialisées en Chine transmettent tout un tas d’informations au gouvernement. Celui-ci a même ouvert un centre spécialement affecté à leur surveillance. Dans certains cas, il lui est même possible de les arrêter à distance.

Les véhicules envoient des données à leurs fabricants, qui doivent ensuite les relayer au centre ainsi qu’à un laboratoire géré par les autorités. En théorie, cela leur permet de repérer en quasi temps réel tout problème pouvant mettre en danger les utilisateurs. Mais très peu de Chinois sont réellement au courant de ces pratiques au caractère hautement intrusif, à en croire l’enquête récente du média anglophone Quartz.

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Tout remonte aux Jeux Olympiques de Pékin

Interviewé par un média chinois, Sun Fengchun, directeur du Laboratoire national d’ingénierie pour les véhicules électriques créé en 2009, explique que la surveillance a démarré lors des jeux olympiques de Pékin il y a dix ans. A l’époque, la Chine s’était servie de navette électrique pour limiter ses émissions de CO2. "Nous pouvons prédire trente minutes à l’avance tout incident, y compris des problèmes moteurs et de batterie, et nous pouvons arrêter la voiture". En 2017, le laboratoire ouvre le centre de surveillance des véhicules électriques. Depuis, le nombre de véhicules électriques et hybrides vendus dans le pays en 2018 a dépassé le million.

Actuellement, au moins 1,6 millions de voitures électriques enverraient des données à la plateforme selon Quartz. Cela comprend par exemple leur localisation, leur niveau de batterie, leurs temps et lieux de recharge. Et les complices ne sont pas que des fabricants chinois: des marques internationales comme Valkswagen, Nissan et Tesla seraient concernées.

Les données bientôt transmises instantanément

Pour justifier cette surveillance, les autorités chinoises ont invoqué la sécurité publique, selon l’agence de presse américaine Associated Press. Cela permettrait, par exemple, d’éviter les incendies de batterie. Cependant, au moins 40 incendies de ce type auraient été recensés en Chine en 2018. Selon Sun Fengchun, ils seraient survenus sur des véhicules vendus avant la mise en place de la plateforme de surveillance, et n’étaient pas "enregistrés" sur celle-ci.

Grâce aux prochaines améliorations du système, les données devraient être transmises instantanément, à la fois au constructeur, mais aussi à la plateforme. Lors de la création de celle-ci, Sun Fengchun aurait d’ailleurs proposé qu’elle puisse récupérer directement les données, sans passer par les constructeurs. Un idée qui n’avait pas été retenue.

Compte tenu du niveau d’intrusion que les autorités opèrent sur leurs citoyens, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières, les sociétés automobiles chinoises risquent d’avoir quelques soucis à vendre leurs véhicules à l’international. En effet, il leur faudra prouver qu’elles ne transmettent pas les données d’utilisateurs étrangers au gouvernement chinois.

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