Denis Kessler critique les derniers accords signés par le Medef

Ancien numéro deux du Medef, Denis Kessler, critique les deux grands accords signés cette année par l'organisation patronale : la réforme du marché du travail et le sauvetage des régimes complémentaires de retraite, parce qu'ils vont augmenter de trois milliards d'euros les charges des entreprises. Soutien de Pierre Gattaz, il estime que le prochain président de l'organisation patronale doit venir "d'une PME-ETI, de l'industrie, car c'est elle qui souffre le plus aujourd'hui".

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Denis Kessler critique les derniers accords signés par le Medef

Dans une interview aux Echos de ce lundi 3 juin, Denis Kessler, PDG du réassureur Scor et ancien numéro deux du Medef, justifie son soutien à Pierre Gattaz pour la présidence du Medef et se défend de prôner une "ligne" dure hostile au paritarisme dans le dialogue social.

"Les deux accords signés par le Medef depuis le début de l'année sur l'emploi et les retraites complémentaires se traduisent par environ 3 milliards d'euros de charges supplémentaires sur les entreprises", déplore-t-il, pour ajouter :

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"Et malgré des cotisations très élevées, l'Unedic, l'Agirc et l'Arrco auront accumulé au moins 25 milliards d'euros de déficits de 2009 à 2013 ! Où est le plan d'action du Medef pour redresser ces organismes paritaires ?"

"Cessons d'être frappés de bipolarité : se plaindre des charges sociales et accepter de les augmenter, condamner les déficits publics mais laisser filer les déficits des organismes paritaires ! Si l'on ne parvient pas à les redresser, il faut confier leur gestion à d'autres", poursuit Denis Kessler.

S'agissant du prochain président du Medef, il estime qu'il doit venir "d'une PME-ETI, de l'industrie, car c'est elle qui souffre le plus aujourd'hui, d'une entreprise technologique, patrimoniale et exportatrice."

"Le principal problème actuel est la perte de compétitivité de notre pays. Un dirigeant exposé à cet enjeu majeur donnera une forte crédibilité au Medef. Pierre Gattaz est le candidat qui correspond le mieux à ces critères", souligne-t-il.

Interrogé sur ceux qui lui reprochent son hostilité au dialogue social, Denis Kessler répond qu'il a signé "plus de cent accords sociaux" dans le cadre de ses responsabilités, mais ajoute aussitôt : "Ceci dit, c'est dans l'entreprise que le dialogue social est le plus responsable et utile."

L'ancien président de la Fédération française des sociétés d'assurances réclame d'autre part que les assureurs soient davantage associés aux négociations en matière d'assurance vieillesse, d'assurance-chômage et d'assurance-maladie car ils "savent gérer ces risques sans générer des déficits insoutenables."

Avec Reuters

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