Démission surprise d'Ulrich Spiesshofer, directeur général d'ABB

ABB a annoncé le 17 avril la démission de son directeur général Ulrich Spiesshofer, en poste depuis cinq ans et demi, sans précisé les raisons de ce départ. Le président du conseil d'administration Peter Voser va prendre la direction générale du groupe le temps de trouver un successeur.

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Démission surprise d'Ulrich Spiesshofer, directeur général d'ABB
ABB a annoncé mercredi la démission de son directeur général Ulrich Spiesshofer, un départ surprise qui satisfait des actionnaires ayant perdu patience face au manque de résultats du virage stratégique entrepris par le conglomérat suisse vers la numérisation industrielle. /Photo prise le 28 février 2019/REUTERS/Arnd Wiegmann

Mercredi 17 avril, ABB a annoncé la démission de son directeur général Ulrich Spiesshofer, un départ surprise qui satisfait des actionnaires ayant perdu patience face au manque de résultats du virage stratégique entrepris par le conglomérat suisse vers la numérisation industrielle.

Le président du conseil d'administration Peter Voser va prendre la direction générale du groupe le temps de trouver un successeur à Ulrich Spiesshofer, en poste depuis cinq ans et demi. ABB n'a pas précisé les raisons de ce départ.

A la tête du groupe suisse, Ulrich Spiesshofer a tenté de mettre l'accent sur les activités les plus rentables comme l'automatisation industrielle et la robotique, avec notamment les acquisitions de l'autrichien Bernecker & Rainer et de la division de solutions industrielles de General Electric.

Chute de l'action depuis 2013

Ses différentes initiatives, y compris ses revirements stratégiques comme lorsqu'il s'est finalement résolu en décembre à céder la division électrique Power Grids au japonais Hitachi pour 11 milliards de dollars, n'ont toutefois pas produit les résultats escomptés et n'ont pas permis de faire grimper durablement le cours de l'action ABB, qu'il avait promis de porter à 35 francs.

Cette dernière a perdu 6,5% depuis son arrivée à la tête du groupe en septembre 2013 alors que celle de son concurrent allemand Siemens a gagné près de 19% sur la même période.

Le titre ABB prenait 5,42% à 21,20 francs vers 08h25 GMT en Bourse de Zurich, plus forte hausse de l'indice européen Stoxx 600 (-0,23%).

Satisfaction des actionnaires

Outre ces questions stratégiques, ABB a aussi été confronté à des problèmes de contrôle interne concernant ses publications financières, qui ont entraîné une réduction des primes versées à certains membres du comité exécutif du groupe.

Investor AB, premier actionnaire du conglomérat suisse, a jugé que l'heure du changement était venue à la tête d'ABB.

"Investor AB soutient pleinement la nouvelle direction stratégique du conseil d'administration et de la direction d'ABB avec une organisation simplifiée et décentralisée et une attention entière portée au développement de la valeur des clients et à leurs besoins en termes de numérisation, d'électrification, d'automatisation et de robotique", écrit une porte-parole d'Investor AB dans un courriel.

"Nous soutenons la décision du conseil d'administration selon laquelle le moment est venu de placer une nouvelle personne à la barre afin d'accélérer la mise en oeuvre de la nouvelle stratégie et d'atteindre les principaux objectifs financiers", ajoute-t-elle.

Cevian Capital, deuxième actionnaire d'ABB, a réagi de manière similaire en déclarant: "Nous soutenons la direction stratégique d'ABB et avons pleinement confiance en Peter Voser et dans l'équipe de direction pour continuer à mettre en oeuvre la transformation d'ABB."

Hausse de 4% du chiffre d'affaires

Le conglomérat suisse a annoncé une hausse de 4% de son chiffre d'affaires sur une base comparable au premier trimestre mais une contraction de 6% de son bénéfice net, sa rentabilité ayant été affectée par l'intégration des activités à faible marge de solutions industrielles de General Electric.

Peter Voser, directeur financier d'ABB de 2002 à 2004 et ancien directeur général de Royal Dutch Shell, a déclaré qu'il poursuivrait dans la voie d'une réorientation d'ABB vers l'automatisation industrielle.

"Afin d'atteindre nos principaux objectifs financiers, nous allons poursuivre la cession de l'activité Power Grids d'ABB comme prévu, simplifier l'organisation du groupe et réaliser des économies", a-t-il dit.

(Avec Reuter, par John Revill. Bertrand Boucey pour le service français, édité par Catherine Mallebay-Vacqueur)

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