Démission du président de la Banque nationale suisse

par Pascal Schmuck

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ZURICH (Reuters) - La Banque nationale suisse (BNS) a annoncé lundi la démission avec effet immédiat de son président, Philipp Hildebrand, victime de l'affaire des transactions de devises réalisées par son épouse.

Philipp Hildebrand fera une déclaration au sujet de sa décision à 15h15 à Berne et rendra publics un certain nombre de documents à cette occasion.

Sa démission représente le point d'orgue d'une affaire qui défraie l'actualité suisse depuis le mois dernier.

Elle trouve son origine dans une opération financière effectuée en août dernier par l'épouse de Philipp Hildebrand, Kashya, portant sur la conversion de 400.000 francs suisses en dollars trois semaines avant la fixation par la BNS d'une limite à la hausse du franc suisse. Elle avait alors réalisé un profit substantiel.

L'affaire a éclaté en décembre lorsqu'un employé de la banque Sarasin a transmis à une tierce personne des documents relatifs à cette opération financière, qui se sont retrouvés ensuite sur la place publique et ont éveillé des soupçons sur les informations dont elle aurait pu disposer.

La semaine dernière, Philipp Hildebrand a affirmé que ces transactions étaient du fait de son épouse uniquement et qu'il n'en avait été informé que le lendemain.

Se prévalant du soutien du gouvernement, il avait alors rejeté les appels à sa démission émanant de l'Union démocratique du centre (UDC, droite), la principale formation politique suisse.

"Si l'un de mes employés avait agi ainsi, il aurait été licencié. Si j'avais agi ainsi, je serais en prison (pour délit d'initié)", a notamment déclaré Christoph Blocher, vice-président et figure de l'UDC, lors d'une conférence de presse vendredi.

Philipp Hildebrand devait être initialement auditionné dans l'après-midi par une commission parlementaire.

"Comme nous le suggérions la semaine dernière, sa position était devenue presque intenable, et c'est ce qui s'est produit", a commenté Tony Nyman, d'Informa Global Markets, à l'annonce de sa démission.

Un rapport de PriceWaterhouseCooper commandité par la BNS sur les transactions réalisées par la famille Hildebrand a pourtant blanchi le président de la BNS, affirmant qu'il n'avait pas connaissance des actions de son épouse et les avait déclarées a posteriori aux instances de contrôle de la BNS qui les ont jugées "absolument conformes aux exigences réglementaires".

La BNS avait tenté samedi d'ériger un autre pare-feu en annonçant un réexamen de ses règles internes régissant les opérations financières effectuées par les membres de sa direction générale.

avec Emma Thomasson à Berne; Henri-Pierre André pour le service français

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