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L'Usine Agro

La démission de Nicolas Hulot fait des heureux dans l'industrie

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Si le départ de Nicolas Hulot est déjà regretté par les partisans des énergies renouvelables, d’autres industriels, comme les fabricants de pesticides, ne cachent pas leur soulagement. En attendant de connaître le profil de son ou sa remplaçant(e).

La démission de Nicolas Hulot fait des heureux dans l'industrie
Si les partisans des énergies renouvelables regrettent déjà Nicolas Hulot, d'autres industriels se réjouissent de sa démission.
© photo pascal Guittet

Les entreprises citées

"J'ai aimé travailler avec Nicolas Hulot, j'ai appris beaucoup de choses, nous avons réalisé beaucoup de choses." C’est par ces mots que le Premier ministre Edouard Philippe a abordé le sujet chaud de la journée à l’ouverture de l’Université d’été du Medef, mardi 28 août. Le matin même, son médiatique ministre de la Transition écologique annonçait à la radio, sur France Inter, sa démission.

Mais qu’en pense l’industrie, alors que Nicolas Hulot laisse un bilan mitigé, avec certains succès (l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la fin de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures…), mais aussi des échecs retentissants sur la baisse de la part du nucléaire ou encore l'abandon du glyphosate ?

Certains le regrettent déjà. Tel Arnaud Leroy, le directeur de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

 

"Il a vraiment planté des choses importantes pour les filières ENR"

Même constat au sein du Syndicat des énergies renouvelables (SER). La démission de Nicolas Hulot "n'est pas une bonne nouvelle pour nous, reconnaît Marion Lettry, déléguée générale adjointe du Syndicat, interrogée sur la filière de l'hydrolien marin. D’ailleurs on est un peu inquiets sur ce qui figurera dans la PPE", la loi de programmation pluriannuelle de l'énergie.

"On a vu que Nicolas Hulot avait identifié un certain nombre d’orientations et l’on espère qu’elles seront prises en compte par son successeur, complète la directrice de la communication du SER, Françoise Jouet. Il a vraiment planté des choses importantes pour les filières ENR, reste à faire pousser tout ça. Nous serons particulièrement vigilants à ce que l’effort de transition énergétique soit poursuivi, en particulier à travers une PPE qui resterait ambitieuse."

Soutien chez Laurence Parisot et à la CFDT

Laurence Parisot, l’ancienne patronne du Medef, exprime également ses regrets.


"Nicolas Hulot a bien expliqué son incapacité à faire bouger les lignes. Il ne s’agit plus de faire des modifications à la marge, mais de changer de paradigme, de modèle agricole, de modèle de développement, ne plus avoir une économie qui fonctionne sous les dicktats de la finance", confie à L'Usine Nouvelle Philippe Portier, secrétaire national de la CFDT, en charge du développement durable, de la politique industrielle et du dialogue social, et ancien secrétaire général de la CFDT Métallurgie.

Jamais de contact avec l'UIPP

Mais d’autres industriels ne peuvent que se féliciter de son départ. C’est ainsi le cas au sein de l’UIPP, l’Union des industriels de la protection des plantes. Leurs produits phares - les pesticides - étaient combattus par l’ex animateur d’Ushuaia Nature, dont les tensions avec le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert étaient connues de tous. "Nous n'avons jamais eu l'occasion de rencontrer le ministre, raconte Delphine Guey, la directrice communication et affaires publiques de l'UIPP et présidente du SYRPA, l'association des communicants du monde agricole. Nous espérons que le prochain titulaire du portefeuille de la Transition énergétique travaillera en collaboration avec le ministre de l'Agriculture et avec les acteurs de terrain, qu'il prendra le temps de rencontrer les différentes forces en présence dans le secteur - peu importe qu'il soit d'accord avec elles ou non -, et qu'il y aura, cette fois-ci, un échange."

Un exercice d'équilibriste pour son successeur

Quelle sera donc la personnalité amenée à le remplacer ? Les supputations vont bon train. Ségolène Royal, ancienne titulaire du portefeuille, a confié sur son compte twitter :

"Au-delà de la personne, le futur ministre de l’Ecologie devra être dans un dialogue constant avec toutes les parties", estime pour sa part Fabrice Le Saché, vice-président du Medef. "Nicolas Hulot passait des messages très utiles mais lui manquait l'expérience de la transformation économique", observe quant à lui Philippe Zaouati, le président de Finance for tomorrow, par ailleurs militant La République En Marche (lire nos entretiens exclusifs).

Restent à Emmanuel Macron et au gouvernement à tirer les leçons de ce départ, pour Matthieu Orphelin, député LREM de Maine-et-Loire et proche de Nicolas Hulot. A ses yeux, cette démission "doit sonner comme un électrochoc. Pour tout le monde. Il faut faire plus, beaucoup plus. Pour le climat, la biodiversité, l'environnement, la solidarité. Et changer de modèle et de priorités. Car pour l'instant, nous allons dans le mur malgré les avancées obtenues lors de cette première année de mandat. La décision de Nicolas Hulot est une décision mûrie, pleine de sincérité, de cohérence. Elle doit obliger chacun d'entre nous à faire son autocritique. Il a, comme toujours, tout mon soutien." "Il y aura un remaniement mais pas dans l'immédiat", indiquait ce 28 août l'Elysée.

Gaëlle Fleitour, avec Aurélie Barbaux, Anne-Sophie Bellaiche, Olivier Cognasse, Adeline Haverland, Arnaud Dumas et Cécile Maillard

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