[Démantèlement nucléaire] EDF confiant dans sa stratégie, l’ASN demande plus d’informations

Suite à un rapport parlementaire qui met en cause la stratégie de démantèlement nucléaire d’EDF, la commission du développement durable invite l’exploitant et le gendarme du nucléaire à prendre position.

 

Démantèlement nucléaire : EDF confiant, l’ASN en manque d’informations

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

[Démantèlement nucléaire] EDF confiant dans sa stratégie, l’ASN demande plus d’informations

Début février, la commission du développement durable de l’Assemblée nationale publiait un rapport très sévère sur la capacité d’EDF à mener à bien le démantèlement des 58 réacteurs du parc en exploitation et des neuf réacteurs arrêtés. La rapporteur, Barbara Romagnan (PS), députée du Doubs, n’hésitait pas à remettre en cause les estimations financières d’EDF et à juger les montants provisionnés insuffisants.

Pour faire suite à ce travail, la commission a auditionné, mercredi 22 février, le président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) Pierre-Franck Chevet et le directeur du parc nucléaire d’EDF Dominique Minière. Selon ce dernier, "la faisabilité technique pour le démantèlement des 58 réacteurs à eau pressurisée du parc est acquise". Le réacteur de Chooz de même technologie est quasiment déconstruit. "Le vrai enjeu n’est pas la faisabilité mais l’optimisation", ajoute-t-il.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Un effet de série indéniable

Pierre-Franck Chevet émet quelques réserves : "la faisabilité technique nous semble assurée mais la séquence d’ensemble est moins claire", indique-t-il. Il explique qu’EDF n'a pas fourni suffisamment d'informations sur la manière dont il envisage le démantèlement. "Entre les trois exploitants (EDF, Areva et CEA), celui sur lequel on a le moins d'éléments techniques pour porter un jugement sur la nature des opérations futures, sur leur faisabilité en terme de calendrier, est EDF".

Le rapport parlementaire mettait aussi en cause un réel effet de série lors du démantèlement qui justifie un coût moindre du démantèlement en France par rapport aux pays voisins. C’est un argument qu’EDF met en avant. Les 58 réacteurs sont homogènes et regroupés par 2, 4 ou 6 tranches sur des centrales. A l’inverse, les autres pays nucléaires ont des réacteurs de technologies hétérogènes et souvent sur des sites ne comptant qu’une seule unité.

40 % de gains ?

Sur ce sujet, les deux hommes sont plutôt allés dans le même sens. "L'évaluation des effets de mutualisation et de série a fait l'objet de deux contrôles indépendants par le ministère de l'énergie en 2015 et par les commissaires aux comptes d’EDF en 2016. Les auditeurs ont considéré les évaluations d'EDF comme appropriées voire prudentes", explique Dominique Minière.

Pierre-Franck Chevet assure être "totalement convaincu" que la standardisation du parc nucléaire facilitera le démantèlement. Il rappelle que lors de la construction du parc, cet effet a permis un gain de temps et de coût de 40 % entre les premiers et les derniers réacteurs. Il ignore cependant si une telle performance est possible pour la déconstruction.

EDF veut créer une filière du démantèlement pour conquérir le marché mondial

100 réacteurs sont arrêtés dans le monde et la moitié d’entre eux sont en cours démantèlement. 200 réacteurs supplémentaires seront arrêtés dans les 15 ans à venir. Cela représente un marché mondial de plusieurs centaines de milliards de dollars. EDF compte en prendre sa part. "C’est un marché en croissance. L’expérience acquise par EDF sera un avantage comparatif pour entrer favorablement sur ce nouveau marché en emmenant toute la filière nationale. La France doit être consciente de ses atouts et les porter avec discernement sur la scène internationale", juge Dominique Minière, directeur du parc nucléaire d’EDF.

Partager

NEWSLETTER Energie
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS