Delpeyrat réorganise son outil industriel

Après une série de rachats entre 2011 et 2013, Delpeyrat, filiale du groupe Maïsadour, spécialise ses usines par type de production et de clients. Des changements qui occasionnent des transferts d’activité et des mouvements de personnel, dans les Deux-Sèvres et en Normandie.  

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Delpeyrat réorganise son outil industriel

Voici venu le temps de la digestion pour Delpeyrat. Après des rachats successifs entre 2011 et 2013, qui ont porté son outil industriel à 27 sites, la filiale du groupe coopératif landais Maïsadour réorganise ses activités.

"Nous avons d’abord intégré les services informatiques et centralisé les services administratifs. Nous travaillons aujourd’hui à spécialiser nos sites par type de fabrication et par clients", explique à L’Usine Nouvelle, Frédéric Oriol, le directeur général de Delpeyrat.

Pour lui, l’objectif est bien de "gagner en compétitivité", pour compenser une partie de "la hausse des coûts de production, tant en salaires qu’en matières premières", auquel le groupe est confronté.

Fermeture de l’usine crevettes en Normandie

Le site de Cany-Barville (Seine-Maritime), ex-Ledun Pêcheurs d’islande, racheté en 2013 à la barre du tribunal de commerce du Havre, est désormais le seul sur l’activité de saumons fumés tranchés à plat. Celui de Brioude (Haute-Loire), acquis en 2011 qui était justement dédié à ce process, ne réalise plus aujourd’hui que des spécialités de poissons (tartares, émincés...). Ses équipements de filetage de saumons ont tous été envoyés à Cany-Barville.

Le transfert s’est accompagné d’investissements, selon la direction, de 1,5 million d’euros pour moderniser le site normand, considéré comme vétuste. En revanche, l’usine normande de crevettes, installée aussi à Cany-Barville, a été fermée le 31 octobre. "Nous faisions face à une flambée des prix depuis deux ans et à une consommation décroissante sur le segment", explique Frédéric Oriol. "Pour l’instant, nous chiffrons le coût d’une remise en état du site", poursuit-t-il, évoquant la possibilité d’une relance de l’activité dans une démarche haut de gamme, IGP ou bio, sans toutefois garantir une réouverture du site.

Du côté de Delpeyrat Traiteur, l’heure est aussi à la spécialisation. Le site de plats cuisinés de Thouars (Deux-Sèvres) ne va plus travailler désormais que pour la restauration hors domicile, tandis que l’usine d’Estillac près d'Agen (Lot-et-Garonne) se tourne vers la grande distribution.

Déception des syndicats de salariés en Normandie

Ces réorganisations ne se font pas sans occasionner des mouvements de personnel. A Thouars, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a été lancé, visant à supprimer 58 postes. "Nous proposons des reclassements internes et des mesures d’accompagnement. 61 postes sont ouverts à Agen et 45 postes supplémentaires sont disponibles dans le reste du groupe", se défend Jean-Robert Lasheras, le directeur des ressources humaines de Delpeyrat.

A Cany-Barville, l’heure semble être à la déception selon les syndicats de salariés. "Delpeyrat avait promis des embauches de 30 à 50 salariés d’ici à deux ans. Au lieu de cela, le climat de travail est devenu très difficile. Il y a beaucoup de pression sur les lignes de production", regrette Christine Pitte, délégué syndicale CGT. Les 23 salariés de l’usine de crevettes ont rejoint leurs 180 collègues de l’usine de saumon, à côté, début novembre. Selon les syndicats FO et CGT, au moins cinq postes d’administratifs devraient être supprimés.

"L’annonce a été faite en juillet. Mais à ce jour, nous attendons toujours des propositions de reclassement", affirme Christine Pitte, qui craint des licenciements. "Aucune procédure de licenciement n’est engagée à ce jour", répond Jean-Robert Lasheras. La direction qui ne nie pas les problèmes, explique que les difficultés "ne concernent que quelques personnes". "L’affectation de quatre personnes du service administratif est amenée à évoluer", reconnaît le directeur des ressources humaines. "Les changements sont toujours difficiles, d’autant que le site a longtemps souffert d’un manque d’investissements et de gestion pas toujours très rigoureuse", estime pour sa part Frédéric Oriol, le directeur général. Pour lui, tout sera fait pour accompagner les salariés concernés le mieux possible, "dans le respect des valeurs coopératives du groupe".

MVVH, la société holding de Delpeyrat, qui comprend également La Comtesse du Barry et Delmas Poissons & Marée, a réalisé un chiffre d’affaires de 580 millions d’euros sur l’exercice clos au 30 juin 2014, contre 465 millions sur l’exercice précédent. Elle dispose de 27 sites de production en France dont deux pour La Comtesse du Barry et deux pour Delmas, ex-Viviers de France, rachetés en 2013, à Castets (Landes) et Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

Adrien Cahuzac

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