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Dell, EADS, Sony : quand les actionnaires défient les grands groupes

Elodie Vallerey , , , ,

Publié le

Qu’ils soient petits investisseurs ou actionnaires majoritaires, ils n’hésitent pas à remettre en cause la stratégie des grandes entreprises. Du tsunami Dell à la vaguelette EADS, retour sur ces actionnaires "rebelles" qui ébranlent les conseils d’administration des grands groupes.

Dell, EADS, Sony : quand les actionnaires défient les grands groupes © Reuters

Petits actionnaires avec grande influence cherchent multinationales à déstabiliser. Hedge funds, riches hommes d’affaires, ils investissent (plus ou moins largement) dans le capital des grandes entreprises et espèrent faire fléchir leur stratégie.

Dell : un bras de fer musclé entre Michael Dell et Carl Icahn

Exemple récent et flagrant de perte de contrôle d’une entreprise par son PDG avec le cas du groupe informatique américain Dell, qui vit depuis plusieurs mois une période mouvementée.

Point de départ des vicissitudes : l’entrée au capital du businessman Carl Icahn en mars. Avec 6 % des parts de Dell tombant dans son escarcelle, il devient actionnaire majoritaire et entend bien changer le cours de l’histoire de l’entreprise créée en 1984.

L’opération affaiblit Michael Dell, le PDG et fondateur, mais surtout son projet de sortir Dell de la cote après un rachat d’actions par effet de levier entre 13 et 14 dollars l’action mené conjointement avec Microsoft et le fonds Silver Lake. Carl Icahn, soutenu par le fonds Southeastern Asset Management, renchérit à 15-18 dollars l’action, ce qui incite le comité spécial créé pour mener à bien l’opération de reprise de Dell à considérer les deux offres sur un pied d’égalité.

Le 2 août, après des semaines de bras de fer, Carl Icahn parvient à pousser Michael Dell dans ses retranchements. Le PDG relève une nouvelle fois son offre, au prix de 13,75 dollars et un dividende spécial de 13 cents par action. Le comité spécial de Dell lâche du lest et consent à une modification des règles de prise en compte des voix des actionnaires, qui favoriseront l’offre de Michael Dell lors du futur vote.

Le 12 septembre prochain, lors de l’assemblée générale des actionnaires, le groupe Dell devrait en tout état de cause revenir au consortium mené par son fondateur et être retiré de la cote afin de se refaire une santé au sein d’un marché du PC dégradé. La tentative de putsch de Carl Icahn aura alors forcé Michael Dell à muscler son offre et justifier sa stratégie auprès des actionnaires de Dell pendant plus de six mois.

Sony : le leadership de Kazuo Hirai réaffirmé

De l’autre côté du Pacifique, au Japon, c’est l’homme d’affaires Daniel Loeb qui a ébranlé un géant de l’électronique Sony.  Pendant trois mois, le financier américain et son fonds spéculatif Third Point ont mené tambour battant une campagne d’influence afin de pousser la direction du groupe à scinder les activités en deux pôles, l’électronique grand public et le divertissement. Loeb préconise alors de vendre 20 % des parts de Sony dans cette nouvelle division "entertainment" (musique, cinéma…) afin d’investir dans le segment de l’électronique grand public, plus porteur selon lui, et de la doter d’un conseil d’administration indépendant.

La proposition reçoit un écho favorable des actionnaires de Sony, qui pousse le PDG Kazuo Hirai à prendre position. En juin, se sentant sous pression, il se retrouve forcé de botter en touche alors qu’il est interrogé sur le sujet devant les 10 000 actionnaires réunis en assemblée générale.

Le 6 août, Kazuo Hirai, longtemps reconnu comme l'homme le plus puissant et plus influent dans l'industrie du jeu vidéo, tire un trait définitif sur la proposition de Third Point. Dans une lettre directement adressée à Daniel Loeb, il réaffirme son leadership au sein de la multinationale japonaise. "Le conseil d'administration de Sony a conclu à l'unanimité que conserver 100 % de notre division loisirs était ce qu'il y avait de mieux à faire et s'intégrait totalement dans la stratégie de Sony", tranche finalement le PDG. 

EADS : la participation dans Dassault Aviation remise en question

Dans l’aéronautique aussi, les actionnaires pèsent pour beaucoup sur la stratégie des grands groupes. A peine débarrassé (officiellement du moins) de l’influence et du droit de veto des Etats parties prenantes de son capital (France, Allemagne, Espagne), le conglomérat industriel européen EADS s’est récemment vu secoué par un actionnaire minoritaire, mais pas n'importe lequel : The Children's Investment (TCI), un fonds activiste britannique.

Actionnaire d'EADS depuis 2012, TCI a récemment remis en cause les 46 % de parts détenues par le groupe dans le capital de l'entreprise Dassault Aviation afin de stimuler la valeur de son action. "Nous estimons que la participation dans Dassault Aviation ne constitue pas une bonne utilisation du capital d'EADS. Elle ne fournit pas de synergies et a une valeur stratégique limitée pour le groupe", a écrit TCI à Tom Enders, le président exécutif d'EADS.

Une position partagée par beaucoup d'observateurs s'attardant sur les perspectives de Dassault Aviation, mais pour le moment écartée par les dirigeants d'EADS. Malgré sa faible part (1 %) dans le capital d'EADS, et en pleine torpeur estivale, TCI a au moins réussi à remettre l'épineux sujet des participations d'EADS sur le tapis et à faire réagir le colosse de l'aéronautique-défense.

Elodie Vallerey

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