L'Usine Maroc

"Delattre Levivier Maroc, c'est une nouvelle usine et aussi un carnet de commande très chargé ", selon son président

, , , ,

Publié le

Comptant parmi les leaders de la construction métallique et chaudronnerie lourde au Maroc, Delattre Levivier Maroc (DLM) vient de réaliser le 21 juin l'inauguration de son usine de Tit Mellil près de Casablanca en présence du ministre marocain de l'industrie et de l'ambassadeur de France. Pour L'Usine Nouvelle, Jean-Claude Bouveur, président du groupe explique les enjeux de cette opération et les projets de DLM.

Delattre Levivier Maroc, c'est une nouvelle usine et aussi un carnet de commande très chargé , selon son président
Jean-Claude Bouveur, Président de DLM
© DR

L'Usine Nouvelle : Qu'est-ce qui  motive le transfert de votre usine d'Ain Sebâa vers Tit Mellil entamé en 2009 et que vous venez de terminer ?

Jean-Claude Bouveur : Nous avons déménagé l'unité de production d'Ain Sebâa (photo ci dessous NDR) qui était complètement enclavée dans ce quartier de Casablanca. Réaliser des convois exceptionnels en pleine ville était devenu insupportable et source de nuisances. Comme nous avons besoin de grande surface, nous nous sommes un peu éloignés de Casablanca pour trouver des terrains à des prix plus abordables.

Nous nous sommes donc installés 15 km plus loin à Tit Mellil sur 10 hectares. Nous avons construit les bâtiments puis rajouté les machines et moyens de levage qui ont été déménagés pour couvrir un ensemble de 4 hectares couverts.

Cette opération triple presque la surface de l'usine d'Aïn Sebâa. Tout n'est pas encore en service à l'intérieur des ateliers. Nous sommes cependant en phase de finition et tout sera terminé dans un délai de trois mois sans les bureaux qui ne seront pas déménagés tout de suite.

Qu'est-ce qui justifie l'extension de vos capacités de production alors que votre chiffre d'affaires publié en 2012 a été divisé par deux ? 

Après avoir été fortement impacté par ce déménagement et la baisse du marché en 2012, nous avons à présent un carnet de commandes très chargé pour 2013. Nous travaillons même en 3 fois 8 au moins jusqu'à la fin de l'année, et sans doute au-delà. De plus, notre activité à l'export se développe vite et atteint 35% du chiffre d'afffaires.

Nous avons un plan stratégique de développement qui prévoit un chiffre d'affaires de l'ordre d'un milliard de dirhams (soit 90 millions d'euros NDLR)

Une activité en forte baisse l'an dernier En 2012, le chiffre d'affaires de DLM a plongé du fait de l'achèvement de gros contrats et d'une "comptabilisation différente" des contrats en cours. Le résultat net est à lui quasiment resté stable. Chiffre d'Affaires 2012 : 295 millions de dirhams (26 millions d'euros) contre 681 en 2011. Résultat net : 30 millions de dirhams (2,6 millions d'euros). Capitalisation (25/6/2013) : 246 millions de dirhams (22 millions d'euros). Au 1er janvier 2013, le carnet de commandes s’élevait à 1,327 milliard de dirhams (120 millions d’euros) contre 701 millions au 1er janvier 2012.
Que devient le site actuel d'Ain Sebâa ?

Nous gardons le siège social et les bureaux car nous y sommes très bien situés à quelques kilomètres de l'autoroute et près de la gare d'Aïn Sebâa. Le siège social y restera quelques années sans doute . Mais à terme, nous envisageons d'installer des bureaux à proximité de Tit-Mellil dès que les voies d'accès seront un peu plus praticables.

Nous sommes dans une zone qui doit devenir industrielle sur une surface de 800 ha mais le réseau routier et les infrastructures ont pris du retard. Nous restons à Aïn Sebâa tant que ces travaux ne seront pas finalisés.

Quels sont vos effectifs actuels ?

Nous sommes environ 120 personnes au siège à Ain Sebâa. En revanche, à Tit Mellil, DLM emploie actuellement 476 personnes mais nous allons monter rapidement à 500. L'effectif total du groupe est de 1 500 personnes. Nous arrivons à embaucher des cadres supérieurs au Maroc mais nous avons plus de difficultés à engager dans la maîtrise intermédiaire des personnes ayant de l'expérience. Nous les formons en définitive.

Quel type de production mécanique envisagez-vous à Tit Mellil ?

Nous avons un atelier dans lequel nous fabriquons des mâts d'éoliennes mais nous gardons ce que nous faisions dans la construction métallique lourde traditionnelle liée à la chaudronnerie. Nous travaillons pour des métiers variés : cimenterie, pétrochimie, stockage, industrie des engrais, mines, offshore, énergie, etc...

 

Quel est le montant de cet investissement et son montage financier ?

Le montant global est de 195 millions de dirhams réalisé à aujourd'hui et non 175 comme je l'ai vu parfois écrit. Une fois la construction des bureaux et l'aménagement réalisés, nous arriverons probablement à un montant de 210 à 220 millions de dirhams. La valeur cédée de notre terrain a permis de financer cet investissement à hauteur de 90 millions de dirhams. 

Nous avons contracté un crédit à long terme à hauteur de 60 millions de dirhams auprès de banques marocaines qui nous ont aidé à lever ces fonds sans difficulté, car elles ont confiance en nous. Le reste de l'investissement a été réalisé par autofinancement.

Vous avez des activités très diversifiées aujourd'hui, quels sont vos principaux clients ?

L'un de nos principaux est l'OCP (Office chérifien des phosphates) qui garde un gros potentiel de développement. C'est d'ailleurs une chance pour l'industrie locale d'avoir un acteur majeur qui investit autant au Maroc.

Au niveau de l'exportation, nous sommes présents sur le marché africain comme le Sénégal où nous avons une filiale, la Mauritanie ou la Côte d'Ivoire où nous sommes en pourparlers.

La part de chiffre d'affaires que nous réalisons est amenée à croître visiblement compte tenu de la position de tête de pont que représente la Maroc vers le marché africain.

Et pour les mâts d'éoliennes que votre nouveau site peut produire au rythme de près de 300 par an ? 

Pour les mâts d'éoliennes, un de nos principaux clients actuels est Siemens même si c'est Nareva qui est l'opérateur in fine.

Et vos fournisseurs ?

Ils sont variés. Nous avons des fournisseurs européens notamment pour les aciers spéciaux mais nous commençons aussi à nous approvisionner auprès des sidérurgistes marocains qui ont beaucoup investi ces dernières années.

Ceux-ci sont en difficulté parce que les investissements qu'ils ont réalisés l'ont été dans une période peu opportune. Mais il faut leur rendre hommage pour cet effort.

 

Propos recueillis par Nasser Djama 

 

Delattre Levivier Maroc en quelques mots Créé dans les années 50, Delattre Levivier Maroc est historiquement issu de plusieurs sociétés françaises comme Delattre, Levivier ou Schneider. Jean-Claude Bouveur a ensuite fortement développé le groupe. Il détient avec sa famille 53,71% du capital. DLM est coté à la bourse de Casablanca depuis 2008. Le groupe dispose de 3 sites permanents à Ain Sebaâ, (siège social depuis 1966), Tit Mellil (Grand Casablanca) et Jorf Lasfar (acquis en 2000). Le management opérationnel de DLM est assuré par Eric Cecconello, administrateur directeur général et actionnaire à hauteur de 6,8%. Il a intégré la société en 2002.

 

Vue par satellite de Tit Mellil près de Casablanca


Agrandir le plan

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte