Déficit commercial de 4 milliards d’euros pour la zone euro en août

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L’appréciation récente de l’euro par rapport au dollar ferait-elle déjà sentir ses effets sur le commerce extérieur des pays utilisateurs de la monnaie européenne? Tel semble être le cas, si on en croît les statistiques mensuelles du commerce extérieur fourni par l’office statistique des communautés européennes.

Fin juillet, le commerce extérieur affichait un excédent de 12,3 milliards d’euros. C’était le cinquième mois d’excédent. Une série interrompue fin août, où le déficit atteint 4 milliards d’euros. En cause ? La baisse de 5,8 % des exportations corrigées des variations saisonnières, quand les importations n’ont baissé que de 1,3 %.

L’appréciation de l’euro renchérit le prix des exportations des entreprises de la zone géographique, ce qui nuit à leur compétitivité et donc réduit les ventes. A l’inverse, les entreprises nord-américaines profitent de la baisse récente du dollar.
Simultanément, la hausse relative de l’euro réduit le coût de toutes les importations, à commencer par celles de pétrole, qui continue d’être facturé en dollar, même si une rumeur a couru ces derniers temps, selon laquelle les pays de l’Opep souhaiteraient changer de monnaie de facturation. Une rumeur qui a été infirmée.

Menace sur la croissance européenne

La récente reprise de la croissance économique a été alimentée pour une large part par la demande issue des pays émergents. Cette demande a été soutenue par les plans de relance locaux. Si l’appréciation de l’euro se poursuit, ce sont donc les débouchés extérieurs de la production des pays de la zone euro qui seront atteints, ce qui pourrait ralentir la croissance à venir. Cela serait d’autant plus inquiétant que la demande intérieure – investissement et consommation - restent atone.

Reste que tous les pays de la zone euro ne soufrent pas autant. Ainsi, l’Allemagne (+73.4 milliards d’euros d’excédent de janvier à juillet) reste le premier exportateur de l’Union européenne. Le plus fort déficit a été enregistré par le Royaume-Uni (-54,5 milliards d’euros), suivi de la France (-30,4 milliards d’euros), de l’Espagne (-26.9 milliards d’euros).

La politique extérieure de changes de l’Union européenne pourrait donc faire à nouveau l’objet de critiques. Ainsi, Jean-Claude JunCker a indiqué que "l'euro fort risquait de ralentir la reprise économique en Europe". Le journaliste Jean-Michel Quatrepoint, auteur de La dernière bulle (éditions mille et une nuit) intervenant dans une conférence organisée par Xerfi estime que « la faiblesse du dollar est une menace pour la reprise en Europe […] Le dumping monétaire est un moyen de relancer l’économie des Etats-Unis ». Il note le handicap de l’euro qui n’est pas soutenu par une entité politique intégrée, à la différence du dollar, qui est la monnaie des Etats-Unis, ou du yuan, qui est la monnaie de la Chine. Deux Etats qui ont une véritable politique de change conformes à leurs intérêts.

Christophe Bys

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